Bruxelles appelle les plateformes à agir face aux faux comptes

Pour respecter pleinement le code de conduite de la Commission, les plateformes vont devoir endiguer la propagation des faux comptes tout en donnant plus d’accès aux vérificateurs de faits.

Le code de conduite, lancé en 2018, est un cadre volontaire visant à éradiquer la diffusion des infox en ligne. Parmi les signataires se trouvent Facebook, Google, et Twitter. Les premières publications des rapports de conformité, publiées en début d’année, critiquent lourdement le manque d’efforts réalisés par les plateformes. Le commissaire à la sécurité, Julian King, avait à ce moment-là qualifié les rapports des plateformes de « incomplets et opaques ».

Bruxelles tâcle les plateformes en ligne sur la désinformation

À l’approche des élections européennes, l’agence européenne de cybersécurité appelle à des lois nationales contre les fake news, alors que la lutte des plateformes contre la désinformation demeure lacunaire.

 

Le 20 mars, dans une déclaration commune, les commissaires Julian King, Věra Jourová, Andrus Ansip et Mariya Gabriel ont reconnu les progrès réalisés dans certains domaines, comme l’amélioration de la transparence autour des publicités politiques et les initiatives de protection de l’intégrité des élections.

Robots et faux comptes

Ce n’est pas pour autant encore un long fleuve tranquille : « des informations plus systématiques sont nécessaires pour que la Commission évalue les efforts déployés par les plateformes en ligne pour surveiller le placement publicitaire et mieux comprendre l’efficacité des actions prises contre les robots et les faux comptes », indiquent-ils.

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Face aux journalistes le 20 mars, Julian King est resté prudent : « les faux comptes n’ont pas de droits, donc ils ne sont pas couverts par le RGPD », a-t-il déclaré. « Facebook compte encore 116 millions de faux comptes. […] Nous allons dans la bonne direction mais nous devons aller beaucoup plus vite et plus loin – l’horloge tourne et les élections ne sont plus qu’une question de semaines. »

« Nous appelons les plateformes à redoubler d’efforts pour améliorer le contrôle indépendant – en donnant un meilleur accès aux chercheurs et vérificateurs de faits et à la société civile aux données dont ils ont besoin », a-t-il ajouté.

La commissaire au numérique, Mariya Gabriel, a ajouté que le code de conduite devait être élargi à plus de signataires et que les mesures énoncées dans le code devaient « être mises en pratique dans tous les États membres de l’Union européenne ». Selon elle, certaines nations européennes ne luttent pas de tout leur poids contre les infox.

En réaction aux commentaires de la Commission, le 20 mars, Facebook a défendu son engagement au code de pratique mais n’a pas dissipé les inquiétudes de l’exécutif concernant les faux comptes. « Nous continuerons à adhérer au code de pratique de l’UE sur la désinformation », a souligné un porte-parole de Facebook. « Nous continuerons à faire des progrès dans la lutte contre la désinformation et les fake news sur notre plateforme, ainsi que dans le processus d’autorisation des publicités politiques. »

Pour Cristina Tardáguila, directrice associée du réseau international de fact-cheking de l’Institut Poynter, l’Europe va dans la bonne direction. « Lundi dernier, 19 membres vérifiés du réseau sur le continent ont lancé un projet magnifique en collaboration : FactCheckEU », raconte-t-elle. « Ce projet est actif depuis trois jours dans 13 pays en Europe et dans 11 langues. Et nous sommes encore à deux mois des élections. »

Système d’alerte rapide

Dans d’autres domaines liés au code de pratique de l’UE contre la désinformation, la Commission a lancé son « système d’alerte rapide » le 18 mars. La plateforme numérique « vise à renforcer la coordination, l’analyse et les réponses communes à la désinformation », à travers l’UE.

La désinformation fera aussi partie des sujets abordés lors du Conseil européen de cette semaine. Dans les conclusions préliminaires, les États membres reconnaissent la mise en place du système d’alerte rapide comme une étape importante, mais affirment que du chemin reste à parcourir pour protéger les citoyens dans le contexte des élections européennes.

Les États membres appellent à des efforts « continus et coordonnés pour sauvegarder les systèmes démocratiques de l’Union et combattre les menaces immédiates et à long terme posées par la désinformation ».

La présidence roumaine de l’UE devrait produire un rapport sur les « leçons apprises » dans le domaine de la désinformation. Celui-ci sera discuté à la fin du mandat de la présidence en juin.

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