Début de négociations difficiles pour un gouvernement probablement indépendantiste en Catalogne

Salvador Illa, l'ancien ministre espagnol de la santé très populaire, a remporté 23 % des voix, plaçant son parti, le PSC, en tête des votes. [Toni Albir/epa]

Après l’étroite victoire du candidat du parti socialiste Salvador Illa aux élections régionales de Catalogne dimanche (14 février), le premier tour de négociations a commencé lundi pour construire un nouveau gouvernement – probablement pro-indépendance – dans la région la plus prospère d’Espagne, rapporte EuroEFE, partenaire d’EURACTIV.

Illa, l’ancien ministre espagnol de la santé très populaire, a remporté 23 % des voix, plaçant son parti, le PSC, en tête des votes. Les votes en faveur de son parti lui ont donné 33 sièges, contre les 17 obtenus par le PSC il y a quatre ans.

« Celui qui gagne les élections devrait faire le premier pas » pour essayer de construire un nouveau gouvernement, a déclaré Illa à la radio publique espagnole Radio Nacional de España (RNE) dans une interview lundi.

L’issue des résultats n’est pas atypique dans une région où le mouvement indépendantiste s’est renforcé ces dix dernières années. Cependant, le nouveau parlement catalan sera le plus fragmenté de l’histoire, avec huit partis.

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« Une nouvelle page » dans l’histoire de la Catalogne ?

Comme l’ont souligné les analystes politiques lundi, « l’effet Illa » – avec son ton modéré en faveur de la réconciliation de tous les Catalans (environ 7,5 millions) et contre l’indépendance de la région – a eu un impact évident sur les électeurs.

En voyant les résultats, Illa a déclaré qu’en tant que président régional, il rendrait le « changement » effectif en Catalogne. Il a déclaré que le nombre élevé de votes reçus montre qu’il y a un nombre important de Catalans qui veulent « écrire une nouvelle page » dans l’histoire de la Catalogne, basée sur le dialogue et la réunion, a rapporté EFE.

Cependant, l' »effet Illa » pourrait être insuffisant pour renverser les partis séparatistes au sein du gouvernement régional (la « Generalitat ») et l’objectif de Illa de construire une alternative politique solide au bloc indépendantiste – un objectif fixé par le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez – pourrait bien rester un rêve, du moins pour le moment.

Le chemin d’Illa vers la présidence de la « Generalitat » est extrêmement difficile, car les partis indépendantistes avaient convenu avant les élections d’opposer leur veto à tout pacte avec le CPS. Le CPS d’Illa a gagné en termes de votes et a même été à égalité avec les nationalistes d’Esquerra Republicana de Catalunya (Gauche républicaine de Catalogne, ERC). Illa et le candidat de l’ERC, Pere Aragonès, qui est également président par intérim de la « Generalitat », ont obtenu 33 sièges chacun.

L’autre grande force indépendantiste, les Junts per Catalunya (JxCat), a obtenu 32 sièges, 68 sièges sur un total de 135 étant la majorité. L’extrême gauche et la Candidatura de Unidad Popular (CUP), favorable à l’indépendance, a obtenu neuf sièges.

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Une nouvelle coalition pro-indépendance avec l’ERC comme élément clé

Selon les médias espagnols, il est fort probable que l’ERC, JxCat et la CUP forment un bloc et disposent de 75 sièges, ce qui est plus que suffisant pour construire un futur exécutif stable, au plus tard fin mai.

Toutefois, les deux scénarios suivants sont encore possibles : un exécutif régional avec un geste pro-indépendance ou une coalition de gauche. Ces deux options ont l’ERC comme dénominateur commun, ce qui signifie que l’ERC devra être le parti qui choisira ses alliés. L’ERC, dont le leader Oriol Junqueras est l’un des hommes politiques emprisonnés qui purgent une peine pour sécession, pourrait négocier avec JxCat, le parti créé par l’ancien président catalan qui s’est évadé en Belgique, Carles Puigdemont (32 sièges), et le CUP.

Parmi les questions clés – et non négociables (par exemple avec le CUP) – figurent le droit à l’autodétermination pour la Catalogne et l’amnistie pour 12 politiciens séparatistes catalans qui ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 13 ans de prison pour leur rôle dans un référendum illégal sur l’indépendance en 2017. Parmi les soi-disant « prisonniers politiques » figure Junqueras, qui a été accusé de sédition.

Cependant, malgré le fait qu’ils partagent un objectif commun, les relations entre les parties ne sont pas au mieux de leur forme et il ne sera pas facile de parvenir à un accord, a rapporté EFE.

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La Catalogne a une forte influence sur l’arène politique espagnole

Le résultat final des négociations déterminera la stabilité politique de l’Espagne, compte tenu du fait que la coalition formée par les socialistes et la gauche Unidas-Podemos dirige un gouvernement minoritaire, qui a compté sur le soutien de l’ERC.

En attendant, les choses vont très vite dans le camp nationaliste. « Nous devrions pouvoir avancer dans les conversations. La date limite pour un premier vote au Parlement est approximativement le 12 mars, mais j’espère (qu’un accord) sera conclu bien avant », a déclaré Pere Aragonès, qui a été cité par les médias espagnols lundi.

Le parti d’extrême droite VOX, qui était inexistant sur la scène parlementaire et politique catalane, a fait irruption à la quatrième place, et a fait la « sorpasso » du Partido Popular (PP) de centre-droit et des Ciudadanos (Citoyens) de centre-libéral, avec six sièges, soit 30 sièges de moins que lors des élections régionales de 2017, lorsque le parti était la première force politique de Catalogne.

Plus de 5 millions de Catalans ont été appelés à participer à des élections atypiques en raison de la pandémie COVID-19, qui a laissé des scénarios sans précédent en raison des mesures de sécurité qui ont dû être adoptées, et a également eu un impact sur la participation, qui, à 53,53 %, a été la plus faible des élections en Catalogne depuis le retour de la démocratie en Espagne, a rapporté l’EFE.

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(Édité par Magdalena Pistorius)

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