Des candidats s’interrogent sur l’impartialité de France 2

Benoit Hamon devant France Télévisions

La polémique enfle sur le débat télévisé du 22 mai sur France 2. Plusieurs invités souhaitent boycotter une émission jugée partiale.

Rien de tel qu’un ennemi commun pour créer une unité. Pour Benoît Hamon (Générations), Jean-Christophe Lagarde (UDI) et Nicolas Dupont-Aignan (DLF),  la chaîne France 2, qui  organise un deuxième débat pour les élections européennes le 22 mai a joué ce rôle.

Les trois têtes de liste aux programmes radicalement opposés ont fait cause commune contre France Télévisions, en se réunissant devant le siège du groupe public pour protester contre leur programmation en deuxième partie d’un débat, diffusé très tardivement dans la soirée du 22 mai, après une « première partie » consacrée aux grands partis.

Un « scandale démocratique » , selon les trois candidats. Autre tête de liste reléguée en fin de soirée, le candidat communiste Ian Brossat a de son côté saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

France 2 et France Inter organisent le 22 mai un débat entre 15 têtes de listes aux élections européennes ou chefs de parti. Un choix très inclusif qui visait à éviter une nouvelle fronde des candidats, comme cela avait été le cas lors du premier débat organisé en avril.

Un débat théorique et masculin pour débuter le combat des européennes

Pour la première fois, un débat télévisé a opposé une douzaine de candidats aux élections européennes. Mais avec 84 % d’hommes et des sujets loin des préoccupations des Français, l’effort du service public pour parler d’Europe est-il efficace ?

La question du nombre d’invités avait alors déjà été un véritable casse-tête pour la chaîne publique. Plusieurs candidats avaient été écartés du casting initial pour des raisons logistiques. Certains d’entre eux avaient fait appel à la justice pour réclamer un droit de présence, à l’image de Benoit Hamon, François Asselineau, Ian Brossat et Jean-Philippe Lagarde.

La chaîne publique avait finalement décidé d’inviter les candidats de partis minoritaires, même si le Conseil d’État lui avait donné raison en estimant que la chaîne était libre de choisir ses invités.

Mais le nombre de candidats avait rendu l’exercice ardu. En effet, avec 12 invités sur le plateau, le débat télévisé avait tourné à la cacophonie. Et chaque candidat n’avait eu que 8 minutes de temps de parole pour exposer son programme politique. Un temps excessivement court pour un débat électivement long qui aura duré  3 heures. Et recueilli une audience modeste de 2 millions de téléspectateurs.

Sous-groupes

Pour éviter ces deux écueils, la chaîne a décidé d’inviter tout le monde, soit au total 15 têtes de listes aux élections européennes ou chefs de parti. Mais de diviser le débat en deux temps. La première partie de soirée étant ainsi réservée à Marine Le Pen (RN), Stanislas Guérini (LREM), Laurent Wauquiez (LR), Raphaël Glucksmann (PS/PP), Yannick Jadot (EELV) et Manon Aubry (LFI).

En seconde partie de soirée, la place serait ensuite laissée à Nicolas Dupont-Aignan, Ian Brossat (PCF), Jean-Christophe Lagarde, François Asselineau (UPR), Francis Lalanne (Gilets jaunes), Dominique Bourg (écolo), Florian Philippot (Patriotes), Nathalie Arthaud (LO) et Benoît Hamon.

Le choix de la chaîne publique repose sur les sondages d’intention de vote. Ainsi, tous les partis invités dans le casting de la première partie de soirée sont donnés au-dessus du seuil d’éligibilité de 5%.

Le casting de la seconde partie de soirée représente les partis dont les intentions de vote n’atteignent pas le

Mais pour le groupe de la seconde partie de soirée, le choix de la chaîne publique est inacceptable. « Si nous sommes tous les trois ici, alors que nous avons des opinions divergentes, pour dire que c’est inacceptable, c’est que c’est vraiment un scandale démocratique », a déclaré à la presse Nicolas Dupont-Aignan, en compagnie de Benoît Hamon et Jean-Christophe Lagarde, selon l’AFP.

Les candidats ont notamment évoqué plusieurs possibilités, telles qu’un tirage au sort entre es participants pour départager les équipes. Autre récrimination, la présence dans le débats de chefs de parti, en lieu et place des tête de liste aux élections chez RN, LREM et LR.

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