Dijsselbloem: «revenir en politique ? Dans une autre vie !»

[Council]

L’ancien président de l’Eurogroupe et ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem, exclut pour l’instant de revenir en politique. Mais il soutient le mouvement de la plateforme progressiste autour d’Emmanuel Macron.

En marge de la conférence de la Fédération bancaire européenne le 27 septembre, Jeroen Dijsselbloem a raconté comment le président français lui avait parlé de son projet de lancer En Marche ! en 2016.

« Je lui avais demandé : est-ce que les non-Français peuvent aussi rejoindre le mouvement ? Et il m’avait répondu : “bien sûr, allez sur le site Internet” »

Jeroen Dijsselbloem a confirmé qu’il était un sympathisant d’En Marche. Mais quand Emmanuel Macron a transformé le mouvement en parti politique, l’ancien chef de l’Eurogroupe n’a pas voulu devenir membre.

À l’approche des élections européennes, le président français cherche des pro-européens et des progressistes ayant les mêmes idées que lui pour rejoindre sa plateforme.

En juin dernier, EM et Ciudadanos, le parti libéral espagnol dirigé par Albert Rivera, ont joint leurs forces et mis en place une plateforme pour attirer des mouvements politiques similaires en vue des élections européennes de mai 2019.

Les macronistes deviennent « progressistes » pour les élections européennes

Emmanuel Macron veut bouleverser l’écosystème politique européen. Il espère forger une nouvelle alliance progressiste à la fin de l’année pour les élections européennes de 2019.

Jeroen Dijsselbloem n’a pas pour projet de relancer sa carrière politique avec un nouveau mouvement, suite aux pires résultats enregistrés par son propre parti travailliste (PvDA) durant les élections néerlandaises en mai 2017.

Il a confirmé qu’il n’avait aucunement l’intention de revenir en politique. « Peut-être dans une autre vie », a-t-il souligné.

Jeroen Dijsselbloem fait actuellement la promotion de ses mémoires à la tête de l’Eurogroupe durant les années de crise.

Son franc-parler et ses idées sont encore estimés par certains. Lors de la conférence, il a déclaré aux banquiers que « les banques sont trop grosses », avec trop de groupes et trop d’agences de régulation différentes en Europe.

Il a également critiqué la manière dont les gouvernements protègent de manière excessive les banques en difficulté. Jeroen Dijsselbloem défend des idées controversées, à l’instar d’un mécanisme pour restructurer la dette souveraine.

Le Néerlandais reste toutefois une personnalité qui divise en Europe. Lorsqu’il était président de l’Eurogroupe, il avait déclaré que les pays du sud avaient dépensé tout leur argent « en boissons et en femmes » durant la crise, et avaient ensuite appelé à l’aide.

Les pays du sud réclament la démission de Dijsselbloem

Jeroen Dijsselbloem, le président néerlandais de l’Eurogroupe, est au centre d’une controverse déclenchée par des propos jugés racistes et machistes et dont il refuse de s’excuser.

Des sources proches de la plateforme d’Emmanuel Macron doutent du fait que le Néerlandais puisse apporter une valeur ajoutée à l’initiative, étant donné les mauvais résultats de son parti.

Elles ont par ailleurs expliqué qu’il n’y avait pas eu de prise de contact et qu’elles ne comptaient pas profiter de la sympathie de Jeroen Dijsselbloem pour le mouvement.

Des membres de la plateforme affirment qu’ils discutent encore du format de l’organisation politique, mais n’ont pas précisé quels partis étaient intéressés ou si un congrès de lancement allait être organisé dans les prochains mois.

Les nouveaux partis libéraux émergeants en Europe centrale et orientale sont des alliés potentiels.

Par ailleurs, le chef de file du groupe libéral au Parlement européen, le Belge Guy Verhofstadt, a exprimé sa volonté de s’unir avec Macron.

Le 27 septembre, le bras droit d’Emmanuel Macron, Christophe Castaner, a publié un éditorial dans plusieurs journaux européens, aux côtés de l’ancien Premier ministre italien Matteo Renzi, du Premier ministre maltais, Joseph Muscat, d’Albert Rivera et de Guy Verhofstadt, entre autres.

Ils invitent les responsables politiques progressistes à joindre leurs forces et à combattre la résurgence du nationalisme avant les élections européennes.

Subscribe to our newsletters

Subscribe