Durand: «En Europe, la cause de l’environnement se gagne à coups de compromis»

Pascal Durand [Parlement européen]

Candidat à la députation européenne sur la liste macronienne Renaissance, l’ancien secrétaire national d’Europe Écologie Les Verts explique ses choix tactiques et stratégiques. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Toujours sur la corde raide. Pascal Durand en a presque fait une marque de fabrique. Situé en 18eposition de la liste Renaissance, soutenue par La République en marche, l’ex eurodéputé d’Europe Écologie Les Verts (EELV) n’est pas certain de retrouver son bureau au Parlement européen. Il s’en ficherait presque. Venu sans attaché de presse à une rencontre avec les membres de l’Association des journalistes de l’environnement, Pascal Durand n’est pas là pour gagner des voix, mais pour convaincre.

Dans la lignée d’Europe Écologie

Convaincre que lui, proche de Nicolas Hulot, n’a pas trahi les siens en se laissant embrigader par Daniel Cohn-Bendit dans l’écurie présidentielle. «Renaissance est une liste de rassemblement qui va de l’écologie politique au centre droit. En cela, elle se situe dans la lignée de ce que nous avions tenté de faire en lançant Europe Écologie, en 2010», explique-t-il.

Convaincre que seule cette alliance «humaniste» est capable d’enrayer la droitisation du futur Parlement européen. «Ne nous leurrons pas, si une partie de la droite fait alliance avec l’extrême-droite, l’Europe telle que nous la connaissons sera en danger, martèle le vice-président du groupe Verts / Alliance libre européenne. Si nous ne consolidons pas cet édifice, ce ne sera plus la peine d’espérer ensuite travailler à la protection de l’environnement.»

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Compromis

Réélu, Pascal Durand se fait fort de nouer des alliances de circonstances pour faire avancer la cause dans chacune des commissions du Parlement de Strasbourg. «Il n’y a pas de majorité au Parlement européen. On ne progresse qu’en trouvant des compromis avec des élus d’autres bords.»

Et de la diplomatie, il en faudra aux élus Renaissance pour avancer leurs pions verts. Le plus important est sans nul doute celui du financement de la transition écologique. «Nous sommes tous à peu près d’accord sur le fait qu’il faut investir environ 1 000 milliards d’euros sur ce sujet.»D’où viendra l’argent? «Larrouturou veut créer de la monnaie, les verts allemands et néerlandais ne veulent pas entendre parler d’un dépassement des critères de Maastricht. La solution réside sûrement dans l’émission d’obligations.»

Ce qui restera insuffisant. «Nous devrons aussi déterminer ce qu’est un investissement vert. Pour la France, cela peut être le nucléaire; en Pologne on évoquera des technologies de décarbonation du charbon; en Allemagne, ce qui permettra de s’exonérer du gaz russe.»

Bien-être animal

Les discussions s’annoncent animées. Ce qui n’est pas pour déplaire à l’ancien avocat. Lequel a plus d’une cause dans son sac. Avec Christophe Marie, le porte-parole de la fondation Brigitte Bardot, Pascal Durand vient de publier L’Europe des animaux, un ouvrage-réquisitoire sur la maltraitance animale. Ce voisinage avec BB ne lui vaudra pas que des amis, notamment dans la galaxie verte. «Peu importe», tonne-t-il. « Ce qui compte c’est d’amender le droit européen qui régule l’élevage et le transport des animaux, qui encadre le vivant, notamment via la politique agricole commune.» Sur la corde raide, toujours.

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