La Secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts, Marine Tondelier, a déclaré dans une interview au Figaro jeudi (14 décembre) que de nombreux électeurs de gauche, y compris au sein de son parti, sont favorables à un candidat unique à gauche pour les élections présidentielles de 2027, même si les partis de gauche font campagne séparément pour les élections européennes de juin 2024.
La coalition de gauche, la NUPES, formée quelques semaines avant les élections législatives de 2022 — en réaction à l’élection d’Emmanuel Macron aux élections présidentielles le mois auparavant pour un second mandat — est en perte de vitesse, les partis étant en désaccord sur des questions politiques fondamentales.
Jean-Luc Mélenchon, dont le parti de gauche radicale La France Insoumise (LFI) a remporté une victoire historique au parlement en 2022, a depuis exprimé sa méfiance à l’égard de son partenariat politique avec Europe Écologie Les Verts (EELV), les socialistes et les communistes, affirmant que la NUPES n’était « plus » viable.
La campagne pour les élections européennes de 2024, qui a vu EELV annoncer en premier fois qu’ils se présenteraient seuls, ignorant l’appel de LFI en faveur d’une liste commune, illustre les divisions fondamentales au sein de la coalition sur les questions européennes.
Néanmoins, « beaucoup de choses se préparent, dont un projet et une candidature commune pour la présidentielle de 2027. Nous sommes immensément nombreux à gauche et chez les Écologistes à vouloir cela », a déclaré Mme Tondelier au Figaro.
« Quoi qu’il arrive aux européennes, rendez-vous à la rentrée 2024 », a-t-elle ajouté.
Ce n’est pas la première fois que EELV tente de faire une distinction claire entre les élections européennes et les élections nationales, suggérant notamment que la nature des débats y est radicalement différente et que les élections ne peuvent pas être comparées.
Pourtant, Mme Tondelier a également reconnu que les Verts devaient mener une bataille difficile pour les élections de juin 2024.
« En 2019, l’ambiance de fond, c’était les marches pour le climat. Cinq ans plus tard, il y a une obsession politico-médiatique pour les sujets d’extrême droite, avec la complicité du gouvernement, notamment sur l’immigration », a-t-elle déclaré au Figaro.
Les dernières projections d’Euractiv pour les élections européennes de 2024, en partenariat avec Europe Elects, suggèrent que le Groupe des Verts/ALE devrait perdre de nombreux sièges et passer de 72 à 52 eurodéputés au Parlement européen.
Les écologistes sont également mal notés en France, une série de sondages indiquant que le parti passerait d’une moyenne de 11 % d’intentions de vote en mai 2023 à 8 % en novembre.
« Nous sommes les alliés de beaucoup plus de monde qu’on ne le pense », a déclaré Mme Tondelier.
« Ce que je répète, en particulier aux agriculteurs, c’est que vous pouvez supprimer tous les écologistes de France et même du monde, vous aurez toujours un problème pour accéder à l’eau ou cultiver du maïs au même endroit qu’avant sur une planète à +4 degrés. », a-t-elle ajouté.
[Édité par Théophane Hartmann.]


