Élections bulgares : « Continuons le changement », un vainqueur surprise

Les résultats de ces élections sont surprenants puisque les sondages d’opinion préélectoraux donnaient une forte avance au GERB et plaçaient « Continuons le changement » en troisième position, après le BSP. [Dnevnik/Lili Toushek]

Dimanche 14 novembre, « Continuons le changement », une nouvelle force politique anticorruption, est arrivée en tête des élections législatives et présidentielles bulgares. C’est une véritable surprise, alors que le président du pays, Rumen Radev, est en bonne voie pour être réélu en ayant obtenu 48,5 % des voix au premier tour.

Selon le décompte préliminaire effectué dans la matinée de lundi, « Continuons le changement » a obtenu 25,85 % des voix. Le parti est suivi par le GERB de Boyko Borissov, qui a obtenu 20,38 % des voix et le Mouvement des droits et libertés (DPS), majoritairement composé de Turcs de souche, qui a récolté 15,66 % des voix. On retrouve ensuite « Il y a un tel peuple » du showman Slavi Trifonov avec 10,54 %, le Parti socialiste bulgare BSP avec 9,07 %, la Bulgarie démocratique de Hristo Ivanov avec 5,9 % et enfin une force prorusse et antivax, Vazrazhdane (Renaissance) avec 5,4 %.

Les résultats de ces élections sont surprenants puisque les sondages d’opinion préélectoraux donnaient une forte avance au GERB et plaçaient « Continuons le changement » en troisième position, après le BSP.

Le parti « Continuons le changement », qui s’articule autour de Kiril Petkov et Assen Vassilev, deux hommes d’affaires formés à Harvard, a acquis une certaine notoriété grâce aux performances de ces derniers en tant que ministres dans le gouvernement intérimaire de Stefan Yanev (de mai à septembre 2021), où ils ont tous deux dénoncé la corruption présente dans divers domaines. Tous deux sont proches du président Rumen Radev.

Le vote a eu lieu après que deux élections législatives, en avril et en juillet, n’aient pas permis la formation d’un gouvernement, principalement en raison des querelles politiques entre les partis dits « protestataires », à savoir « Il y a un tel peuple », « Bulgarie démocratique » et « Debout  ! Mafia dehors  ! »

Les résultats de dimanche ont également confirmé le fort soutien dont bénéficie Rumen Radev, sévère critique de Borissov. Il a obtenu 48,5 % des voix au premier tour contre 21 % pour Anastas Gerdzhikov, un professeur d’université soutenu par le GERB. Rumen Radev a donc le vent en poupe avant le second tour du 21 novembre.

S’exprimant tard dans la journée de dimanche, après que les résultats des sondages à la sortie des bureaux de vote aient donné son parti comme étant en tête des suffrages, M. Petkov a déclaré que « Continuons le changement » allait entamer des discussions en vue de la formation d’une coalition avec la Bulgarie démocratique, le BSP et « Il y a un tel peuple ». Il a exclu toute collaboration avec le GERB et le DPS.

M. Petkov a également confirmé qu’il était le candidat de son parti au poste de Premier ministre, ajoutant qu’il ne s’agissait pas d’une « ligne rouge » et que les partenaires de la coalition détermineraient les membres du cabinet.

Il a confirmé que la lutte contre la corruption était la priorité de « Continuons le changement ». Interrogé sur la manière dont il gérerait la pression occidentale sur la Bulgarie pour qu’elle lève son veto sur le début des négociations d’adhésion à l’UE de sa voisine, la Macédoine du Nord, il a répété ce qu’il avait dit dans sa récente interview à EURACTIV Bulgarie, à savoir que pour résoudre les problèmes, les historiens ne suffisent pas et que des hommes d’affaires de premier plan doivent également être entendus.

Slavi Trifonov, considéré comme le grand perdant des élections, a fait une déclaration sur sa chaîne de télévision, affirmant qu’il ne regrettait pas d’avoir échoué à former un gouvernement alors que son parti était le parti principal.

Les journalistes ont demandé à Kornelia Ninova, leader du BSP, si elle envisageait de démissionner, compte tenu du score lamentable de son parti aux élections. Elle a répondu en s’attribuant le mérite du bon score obtenu par M. Radev, que le BSP soutient, et en rejetant la faute sur le faible taux de participation et la pandémie. La Bulgarie est actuellement aux prises avec sa plus importante vague de Covid-19, principalement en raison d’un faible taux de vaccination.

Le taux de participation aux élections a été d’un peu moins de 40 %, un niveau historiquement bas en Bulgarie.

Ces élections marqueront l’entrée au Parlement du parti « Vazrazhdane » (Renaissance) de Kostadin Kostadinov, une force prorusse avec des tendances d’extrême droite, qui a basé sa campagne principalement sur des messages contre la vaccination et les mesures sanitaires.

« Vazrazhdane » semble avoir attiré l’électorat de formations d’extrême droite similaires, telles que Ataka de Volen Siderov, le Front national pour le salut de la Bulgarie (NFSB) de Valeri Simeonov ou le VMRO — Mouvement national bulgare de Krassimir Karakachanov, qui ont quant à eux obtenu des scores inférieurs à 1 %.

Ces partis, qui se revendiquent « patriotiques », étaient encore récemment des partenaires mineurs du GERB de Boyko Borissov.

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