Élections chypriotes : les conservateurs en tête avant le second tour

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Cet article fait partie de l'édition spéciale European Business Summit.

Le dirigeant conservateur Nicos Anastasiades a remporté aisément le premier tour des élections présidentielles à Chypre, mais n'est pas parvenu à éviter un second tour, ce qui reflète les divergences profondes entre les Chypriotes quant au renflouement visant à sauver la nation insulaire de la banqueroute.

 

Un krach financier à Chypre pourrait relancer la crise de la dette de la zone euro et des investisseurs aimeraient que Nicos Anastasiades, le défenseur le plus ardent d'un plan de sauvetage international, remporte les élections et garantisse un renflouement, qui comprend également quelques inconvénients.

 

Selon des analystes, l'avocat de 66 ans remportera probablement le second tour le 24 février. Ils estiment toutefois que la force cumulée de ses deux rivaux principaux, qui mènent campagne contre l'austérité, révèle l'ampleur de l'opposition au renflouement dans le pays.

 

« C'est une victoire pour les forces qui veulent que nous tournions la page », a déclaré M. Anastasiades à l'annonce des résultats.

 

Avocat à la tête du Parti du Rassemblement démocrate depuis 1997, il a remporté 45,4 % des voix, loin devant le candidat de gauche Stavros Malas, qui en a obtenu 26,9 %. George Lillikas, un indépendant, a récolté 24,9 % des voix.

 

« Ces résultats montrent que les Chypriotes ne sont pas encore complètement convaincus qu'Anastasiades est l'homme qui pourra les sortir de la crise. Le second tour sera serré », a déclaré Fiona Mullen, une économiste du cabinet-conseil Sapienta.

 

« M. Anastasiades aura un peu plus de difficultés à persuader les dirigeants de l'UE que Chypre est sur la bonne voie et qu'elle fera ce qu'il faut pour obtenir un renflouement. »

 

S'il remporte le deuxième tour, Nicos Anastasiades sera confronté à plusieurs défis en vue de convaincre l'Union européenne et le Fonds monétaire international, des prêteurs internationaux, d'accorder un plan de sauvetage avant juin, quand le petit État devra rembourser une dette d'1,4 milliard d'euros.

 

M. Anastasiades devra dissiper les craintes selon lesquelles Chypre ne sera jamais en mesure de rembourser sa dette et selon lesquelles l'île est un paradis pour le blanchiment d'argent en provenance de Russie, d'après l'Europe du Nord.

 

Les négociations sur un plan de sauvetage, qui traînent depuis huit mois, se sont avérées épineuses, car presque toutes les solutions à la crise, de la restructuration de la dette à l'imposition de pertes aux banques, constitueraient un précédent pour d'autres États en difficulté et nuiraient au lent retour de la confiance dans la zone euro.

 

Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne, espère qu'un renflouement sera conclu avec le nouveau gouvernement chypriote d'ici la fin du mois de mars, après les élections. Il a indiqué que la BCE faisait preuve de neutralité quant au résultat de ces élections. M. Asmussent n’était peut-être pas au courant qu'il y aurait un deuxième tour lors de cette déclaration.

  • 24 févr. : second tour entre Nicos Anastasiades et Stavros Malas

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