Élections espagnoles : Paris se réjouit de la défaite de Vox

epa10749180 Vox party leader Santiago Abascal participates in an election rally along with the party's labor union, 'Solidaridad', in Leganes town, near Madrid, central Spain, 16 July 2023. [EPA-EFE/VICTOR LERENA]

La gauche et des membres du gouvernement français se sont réjouis lundi (24 juillet) du résultat des élections en Espagne, qui ont sanctionné le parti d’extrême droite Vox.

Les élections qui se sont déroulées dimanche en Espagne ont placé le Parti populaire (PPE), de centre droit, en tête, avec plus de 33 % des suffrages, devant les socialistes du Premier ministre sortant Pedro Sánchez (31,7 %).

L’issue des tractations qui viennent de débuter pour choisir le futur Premier ministre et la majorité qui le soutiendra n’est pas encore claire. Le gouvernement français s’est donc abstenu de féliciter l’un ou l’autre des prétendants au poste de chef de gouvernement, Pedro Sánchez et Alberto Núñez Feijóo.

Pour autant, « l’Espagne s’illustre de nouveau comme un grand pays démocratique et européen », a indiqué sur Twitter le ministre des Transports Clément Beaune, anciennement chargé de l’Europe.

Le pays a voté « massivement », s’est-il félicité, « et l’extrême droite a perdu 19 députés et plus de 600 000 voix ». En effet, le parti Vox de Santiago Abascal, affilié au groupe CRE au Parlement européen, a récolté 12,4 % des voix, contre 15,1 % en 2019.

Une « bonne nouvelle pour l’Europe », a commenté à son tour la secrétaire d’État chargée de l’Europe Laurence Boone, car « le parti eurosceptique Vox recule ».

« Deux partis pro-européens [PP, PSOE] sont en tête des élections », a-t-elle ajouté. « Ceux qui crient le plus fort n’ont pas toujours raison : l’Europe demeure chère aux citoyens. »

Pour les deux ministres, cela montrerait qu’il est possible de battre l’extrême droite : « aucune fatalité, un combat à ne jamais abandonner », selon les mots de M. Beaune.

Le camp centriste du président Emmanuel Macron, qui appartient à Renew Europe, n’avait cependant pas la possibilité de se réjouir du résultat de ses propres alliés, dès lors que Ciudadanos a renoncé à se présenter aux élections législatives anticipées, après des résultats catastrophiques aux élections régionales.

Les forces politiques de gauche ont aussi salué le recul de la formation d’extrême droite Vox.
La droite est, pour l’heure, restée silencieuse, à l’image de Marine Le Pen et de son parti, le Rassemblement national (RN).

Affilié au groupe Identité & Démocratie (ID), le RN n’est donc pas officiellement un allié de Vox, qui appartient à la famille des Conservateurs réformistes et européens (CRE). Cela n’avait pourtant pas empêché Marine Le Pen, en mai dernier, de saluer « la percée spectaculaire » du parti de Santiago Abascal aux élections municipales et régionales, ce qui traduisait, d’après elle, « l’implantation et la consolidation du courant patriote » en Europe.

Dans le parti Reconquête ! d’Éric Zemmour, qui n’est pour l’heure affilié à aucun parti européen, mais proche de la mouvance de Giorgia Meloni et de Santiago Abascal, l’eurodéputé (non inscrit) Nicolas Bay a salué « la très belle campagne [de Vox] dans un contexte difficile de bipolarisation ». Selon l’élu, « Vox représente la droite civilisationnelle en Espagne, s’installe durablement et pèsera lourd lors des élections européennes de 2024 ».

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