Élections européennes : la moitié des citoyens tchèques seulement se dit prête à voter

Interrogés sur la probabilité qu’ils aillent voter si le scrutin avait lieu la semaine prochaine, 50 % des citoyens tchèques interrogés seulement ont répondu que cela était « assez probable ». [Shutterstock/andriano.cz]

En République tchèque, l’intérêt des citoyens pour les prochaines élections européennes est le plus faible de tous les États membres de l’UE, puisque seule la moitié des personnes interrogées dans le cadre d’un sondage Eurobaromètre se disent prêtes à aller voter.

Interrogés sur la probabilité qu’ils aillent voter si le scrutin avait lieu la semaine prochaine, 50 % des citoyens tchèques interrogés seulement ont répondu que cela était « assez probable ». Le pays se retrouve ex aequo avec Chypre, qui enregistre également 50 %.

Selon les répondants tchèques, la principale raison pour laquelle les citoyens votent aux élections européennes est leur volonté de soutenir un parti politique ou le candidat qu’ils ont choisi. Parmi les raisons pour lesquelles ils ne voteraient pas aux élections européennes l’année prochaine, les Tchèques ont principalement mentionné qu’ils ne s’intéressaient pas à la politique en général.

En Pologne en revanche, les citoyens ont l’intention de participer activement au scrutin, motivés notamment par les élections nationales qui se sont tenues au mois d’octobre.

La Pologne a connu une augmentation rapide du pourcentage de personnes se déclarant prêtes à voter aux élections européennes, trois Polonais sur quatre ayant l’intention de le faire. Ce regain d’intérêt pour la politique intervient après un taux de participation record de 74 % aux élections d’octobre dans le pays.

Environ 76 % des Polonais interrogés dans le cadre du sondage ont déclaré qu’ils voteraient aux élections européennes, ce qui est considérablement plus élevé que le résultat moyen de l’ensemble des États membres (68 %). Seuls le Danemark (numéro un avec 86%), les Pays-Bas (82 %) et la Suède (80 %) ont obtenu des résultats plus élevés.

À titre de comparaison, en France, seuls 60 % des répondants ont répondu par la positive lorsqu’ils ont été interrogés sur leur

Par rapport aux résultats de 2018, la Pologne a noté une augmentation de 23 points de pourcentage de la probabilité de voter aux élections européennes, la hausse la plus importante dans l’UE.

Les citoyens veulent que le Parlement européen s’attaque à la pauvreté et à l’exclusion sociale, selon un sondage

Les citoyens européens souhaitent que la lutte contre la pauvreté et la question de l’exclusion sociale figurent en tête des priorités du Parlement européen, selon un sondage Eurobaromètre mené en amont des élections européennes de juin prochain.

Appartenance à l’UE

Alors qu’une coalition pro-UE dirigée par l’ancien président du Conseil européen Donald Tusk (Parti populaire européen) devrait prendre le pouvoir dès la semaine prochaine et remplacer le gouvernement nationaliste Droit et Justice (PiS, Conservateurs et Réformistes européens), la société polonaise se montre plutôt enthousiaste quant à son appartenance à l’UE.

Selon le sondage, 53 % des Polonais ont une vision positive de l’Europe, contre 45 % pour l’ensemble des citoyens de l’UE. En outre, 82 % des Polonais estiment que la Pologne a bénéficié de son adhésion à l’UE, un résultat supérieur de dix points de pourcentage à la moyenne de européenne.

Contrairement à l’enthousiasme de Varsovie pour l’UE, le même sondage a révélé que la République tchèque reste l’une des nations les plus eurosceptiques de l’UE, puisque 44 % des citoyens seulement considèrent l’adhésion à l’UE comme « une bonne chose ».

Lors des dernières élections du Parlement européen, en 2019, le taux de participation en République tchèque a été l’un des plus faibles de l’UE, avec 29 %.

Les Tchèques se concentrent sur l’élargissement, les Polonais sur l’État de droit

Les citoyens ont également été interrogés sur l’élargissement de l’UE dans le cadre du sondage, alors que Bruxelles envisage d’ouvrir des négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie et d’élargir l’Union aux pays des Balkans occidentaux.

Le gouvernement tchèque considère l’élargissement de l’UE comme sa priorité et fait pression pour une adhésion rapide de l’Ukraine.

Cependant, le public tchèque voit cet élargissement d’un autre oeil. Lorsqu’on leur demande s’ils sont d’accord avec le fait que, compte tenu de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’UE devrait accroître ses efforts pour permettre à de nouveaux pays d’adhérer à l’UE, seuls 37 % des Tchèques répondent qu’ils sont d’accord, et 57 % sont contre.

À Varsovie, la plupart des Polonais interrogés ont évoqué la démocratie, la libre circulation, l’État de droit et la liberté d’expression et de pensée comme des domaines importants.

Au cours de ses huit années au pouvoir, le PiS s’est régulièrement trouvé en désaccord avec la Commission européenne au sujet de ses réformes qui, selon Bruxelles, portaient atteinte à l’indépendance de la justice, à la liberté des médias et aux droits fondamentaux.

La Pologne a rejoint l’UE en 2004, à l’occasion du plus grand élargissement de l’Union à ce jour. Elle n’a pas encore adopté l’euro ni adhéré au mécanisme de change européen MCE II.

En rétablissant l’État de droit, l’opposition polonaise débloquerait les fonds de relance de l’UE

Si l’opposition polonaise parvient à former un gouvernement, les relations de la Pologne et de l’UE pourraient bien s’améliorer par rapport à ces dernières années, au cours desquelles le parti conservateur au pouvoir a enclenché un bras de fer de longue haleine avec Bruxelles.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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