Élections européennes : les libéraux se préparent à faire campagne contre Usrula von der Leyen

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. [EPA/RONALD WITTEK]

Lorsqu’ils se réuniront mercredi (20 mars) pour lancer leur plateforme de campagne commune « Renew Europe Now », les libéraux européens prépareront la bataille électorale contre la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, alors que les sondages ne prévoient pas de bons résultats pour le groupe aux élections de juin.

Le groupe libéral Renew Europe au Parlement européen pourrait en effet perdre environ 15 sièges par rapport à la législature actuelle, entrant dans une course au coude à coude avec le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) et le groupe d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) pour la quatrième ou cinquième place.

Avec de telles perspectives, après avoir été les faiseurs de roi lors de la dernière législature en s’alliant aussi bien avec la gauche que la droite de l’hémicycle, l’influence des libéraux est menacée par la progression des forces de droite.

Et à l’approche des élections européennes de juin, ils se rallient contre un ennemi commun : la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, qui brigue un second mandat à la tête de l’exécutif européen.

« Moins de von der Leyen, plus de liberté. Tel doit être le message dans les mois à venir », a déclaré Marie-Agnès Strack-Zimmermann, tête de liste du plus grand parti libéral européen, l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ADLE), lors d’un congrès national à la fin du mois de janvier.

Les libéraux seront toutefois essentiels pour former une majorité centriste aux côtés du Parti populaire européen (PPE) et du groupe des Socialistes et Démocrates européens (S&D), d’autant plus que leurs votes sont nécessaires pour faire réélire par le Parlement l’actuelle présidente de la Commission.

En effet, pour effectuer un second mandat, elle devra élue par une majorité d’eurodéputés au Parlement européen. En 2019, elle avait été choisie à une courte majoritée.

Même si les priorités des partis nationaux divergent et qu’il est donc difficile pour Mme von der Leyen de satisfaire tout le monde, les deux principales demandes qui devraient être observées durant la prochaine législature seront de mettre en pause la législation environnementale afin de stimuler la compétitivité de l’industrie européenne et de tenir l’extrême droite à l’écart.

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Le programme électoral commun des différentes factions libérales de Renew, consulté par Euractiv, promet une pause règlementaire de la politique environnementale afin de se concentrer sur la mise en œuvre des lois existantes.

Cette pause est nécessaire, « sinon, nos entreprises et nos citoyens ne seront pas en mesure de suivre le rythme », peut-on lire dans le projet.

Bien que cet objectif corresponde à ce que Mme von der Leyen et son parti, le PPE, proposent également, certaines factions libérales se méfient de l’orientiation qu’elle pourrait durant un éventuel prochain mandat, rappelant son travail à la tête de la Commission au cours des cinq dernières années.

Le Parti libéral-démocrate allemand (FDP), par exemple, fera de la lutte contre Mme von der Leyen l’un des principaux axes de sa campagne électorale et visera notamment sa « folie bureaucratique ».

Ils tentent également de discréditer le positionnement politique de Mme von der Leyen, affirmant qu’elle est en réalité une écologiste déguisée, a déclaré le secrétaire général du FDP, Bijan Djir-Sarai, lors du dernier congrès du parti.

Tout comme le FDP, le parti libéral tchèque ANO remet les politiques de Mme von der Leyen en question, lui demandant de faire marche arrière sur des dossiers clés du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) afin de « restaurer la compétitivité de l’Europe », a confié Ondřej Knotek, eurodéputé tchèque du parti ANO, à Euractiv.

Par ailleurs, ANO, membre de l’ADLE, pourrait également jouer un rôle clé dans la réélection de Mme von der Leyen puisqu’ils devraient disposer de 12 sièges au Parlement européen.

M. Knotek a ajouté que le prochain ou la prochaine président ou présidente de la Commission « doit s’engager à faire changer toute une série de mesures absurdes […] en particulier l’interdiction du moteur à combustion interne ».

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Cette demande est en contradiction avec celles d’autres libéraux, comme la présidente de Renew, Valérie Hayer, qui a déclaré à Euractiv qu’elle s’opposait à la révision des dossiers environnementaux de l’UE.

Le parti libéral Italia Viva et son leader Matteo Renzi ont également annoncé qu’ils feraient campagne contre l’actuelle cheffe de la Commission.

« Si je suis élu au Parlement européen, je proposerai de voter contre elle et de désigner un leader et non un suiveur d’idéologie », a déclaré M. Renzi lors d’un rassemblement à Florence au début du mois.

Il a affirmé qu’elle n’était pas fiable parce qu’elle était d’abord allée trop loin en ce qui concerne la règlementation environnementale, avant d’effectuer un rétropédalage à la suite des protestations des agriculteurs et des réactions négatives de l’industrie.

Le parti libéral roumain Union sauvez la Roumanie (USR), qui devrait obtenir quatre sièges au Parlement européen, a également confirmé qu’il ne soutiendrait pas l’Allemande, arguant que la Commission von der Leyen a négligé le recul démocratique en Roumanie en raison de la pression politique exercée par les socialistes et le centre droit.

Le projet de manifeste de l’ADLE critique fortement les résultats de la Commission sous la direction du PPE pour avoir négligé l’harmonisation du marché unique, affaiblissant ainsi la compétitivité de l’Union.

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Un jeu dangereux avec l’extrême droite

Le récent rapprochement d’Ursula von der Leyen avec les forces d’extrême droite et conservatrices est un autre élément qui a contribué à la grogne des libéraux.

En effet, la présidente de la Commission a récemment exprimé sa volonté de collaborer avec les forces politiques du groupe CRE au Parlement européen.

On s’attend toutefois à ce que Mme Hayer s’oppose à tout type de collaboration avec le groupe des Conservateurs et Réformistes européens.

De même, Sandro Gozi, leader du Parti démocrate européen (PDE) et l’une des trois têtes de liste des libéraux, a critiqué les déclarations de Mme von der Leyen à ce sujet.

« Ursula von der Leyen a été ambiguë à propos de l’extrême droite, nous, les eurodémocrates, ne faisons pas d’alliances politiques avec le groupe CRE. Elle semble courir après [la Première ministre italienne Giorgia] Meloni […] nous n’irons pas dans cette direction », a-t-il confié à Euractiv.


Oliver Noyan a contribué à la rédaction de cet article.

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[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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