Fillon soupçonné d’emploi fictif, comme le FN

La campagne Fillon a pris un coup dans l'aile. [Frederic Legrand/ Shutterstock]

L’implication de François Fillon dans un scandale lié à des emplois fictifs énerve ses électeurs, alors que Marine Le Pen, mise en cause pour des faits similaires, continue de séduire. Un article de notre partenaire en Allemagne, Der Tagesspiegel.

La campagne du candidat Fillon continue de faire des vagues après les révélations selon lesquelles il a payé son épouse, Penelope Fillon, environ un demi-million d’euros pour un travail qu’elle n’aurait apparemment jamais fait. Le républicain aurait en outre rémunéré ses enfants, Charles et Marie, pour des services d’avocat entre 2005 et 2007, quand il était sénateur, alors que ceux-ci n’étaient pas encore en mesure de pratiquer le droit.

La loi française autorise de confier des travaux à des membres de sa famille, et les révélations concernant ses enfants devraient être plus facile à rejeter pour François Fillon. Il n’en reste pas moins que les accusations d’emploi fictif pourraient faire dérailler la campagne d’un candidat récemment donné favori. Une enquête préliminaire a déjà été lancée.

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François Fillon n’abandonnera cependant pas tant que des poursuites pénales ne sont pas engagées contre lui. Lors d’un rassemblement le 29 janvier à Paris, qui a rassemblé 15 000 personnes, le candidat de la droite a tenté de redynamiser sa campagne et a appelé ses concurrents à « laisse[r] sa femme tranquille ».

Le doute a toutefois déjà fragilisé sa candidature et l’ancien premier ministre ne bénéficie plus que de 38% des intentions de vote, au second tour, selon les derniers sondages. Ces dernières semaines, il avait pourtant atteint les 50%. La Dépêche du Midi cite ainsi un de ses partisans qui craint une « catastrophe » pour laquelle il n’y a « pas de plan B ».

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Alain Juppé, autre ancien Premier ministre, vaincu lors des primaires par le Sarthois, a d’ores et déjà déclaré qu’il ne se relancerait pas dans la course si le candidat Les Républicains devait abandonner ses vues sur l’Élysée. Nicolas Sarkozy aurait quant à lui téléphoné à François Fillon pour l’assurer de son soutien, selon RTL.

Jusqu’au « Penelopegate », François Fillon était considéré comme l’alternative à la montée en popularité de la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen. Si celle-ci n’a pas résisté à l’envie de twitter sur les déboires de son rival, elle reste mesurée. De fait, son parti a lui-même été condamné à rendre 340 000 euros de financement au Parlement européen après avoir alloué ces fonds pour salarier non pas des assistants parlementaires, mais des militants au niveau national, et n’ayant rien à voir avec l’Europe.

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