Emmanuel Macron débauche une dizaine de députés de droite

Le président de la République réélu le 24 avril lors d'une commémoration à Paris le 10 mai dernier. [EPA-EFE/CHRISTIAN HARTMANN / POOL MAXPPP OUT]

Emmanuel Macron poursuit son OPA sur la droite française, déjà mal en point après l’échec à l’élection présidentielle, et a choisi, pour les élections législatives des 12 et 19 juin, de soutenir plusieurs personnalités issues du parti Les Républicains.

Certes, les dernières semaines de la campagne électorale ont plutôt montré une tentative d’inflexion à gauche dans le discours présidentiel, pour rassurer l’électorat de gauche face à Marine Le Pen d’une part, et pour élargir le spectre de la majorité présidentielle d’autre part.

Et d’autant plus depuis que l’on évoque la possible nomination d’une personnalité de gauche à Matignon.

Mais le président n’oublie pas le camp qui a largement contribué à son succès : la droite modérée. À quelques heures de la finalisation des investitures pour les élections législatives, des indices intéressants apparaissent quant à la recomposition future du paysage politique français.

Des personnalités de droite ralliées à Emmanuel Macron

C’est ainsi qu’avec une certaine surprise, des Républicains ont découvert qu’une petite dizaine de députés sortants seront investis par la majorité présidentielle pour les élections législatives de juin prochain.

Parmi eux, Constance Le Grip, Marine Brenier et Robin Reda, qui jusqu’à il y a peu faisaient campagne pour la droite et s’opposaient à Emmanuel Macron. Éric Woerth, également investi par La République en marche, avait soutenu le président-candidat, et cela plusieurs mois avant l’élection présidentielle.

Emmanuel Macron fait aussi son marché à l’UDI, parti de centre droit allié des LR. Il a investi trois députés sortants.

La même logique s’applique à des personnalités locales fortes de la droite, débauchées par M. Macron : Chanez Herbanne, vice-présidente de Xavier Bertrand à la région Hauts-de-France ou encore Emmanuelle Haziza, candidate en 2017 sous l’étiquette Les Républicains, contre la majorité présidentielle.

Emmanuel Macron temporise sur le choix du futur chef du gouvernement

Emmanuel Macron ne devrait pas nommer le futur Premier ministre ni le gouvernement avant la fin de la semaine prochaine, alors qu’il sera officiellement investi pour un second mandat dès samedi (7 mai).

Pas (encore?) investis… mais sans adversaires

En épluchant la liste des investitures de la majorité présidentielle, l’on remarque que dans certaines circonscriptions elle ne présente ni ne soutient aucun candidat.

Parmi celles-ci, huit sont aujourd’hui détenues par des députés de l’alliance LR-UDI, dont celle de Damien Abad, président du groupe LR et pressenti pour rejoindre – tôt ou tard – la majorité présidentielle, et celle d’Éric Diard, député de Marseille.

La septième circonscription de la Loire-Atlantique est aussi laissée vacante. Franck Louvrier, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et maire LR de La Baule, pourrait s’y présenter sous les couleurs de la majorité – comme en 2017, lorsqu’il avait été battu par une candidate macroniste, qui n’a pas été investie à nouveau.

Il est également proche de la présidente des Pays de la Loire, Christelle Morançais, un temps envisagée pour être Première ministre.

Sans pour autant « rallier » Emmanuel Macron, Mme Morançais a précisé qu’elle le « soutiendrait sur l’essentiel », tout en se montrant très critique envers sa famille politique, qui après la défaite « fait comme si de rien n’était » et la traite de « vendue ».

C’est un exercice qui n’est pas nouveau pour Emmanuel Macron, qui en 2017 avait déjà tenté l’expérience en choisissant de ne pas présenter d’adversaires face à plusieurs personnalités de la droite modérée, dont Bruno Le Maire ou Laure de La Raudière.

Une entreprise qui a connu un certain succès, ces deux derniers rejoignant la majorité dès leur élection avec d’autres élus. Le premier sera d’ailleurs nommé ministre de l’Économie et la seconde à la tête d’une agence de l’État, l’ARCEP.

En plus des choix politiques qu’il a opérés, ces ralliements ont aussi contribué à renforcer la jambe droite du président, qui n’aurait sans doute pas encaissé d’aussi bons résultats à l’élection présidentielle sans l’électorat modéré de droite.

Pour rappel, les candidatures aux élections législatives doivent être déposées entre le 16 et le 20 mai. Les listes diffusées par les partis à ce stade sont donc quasiment définitives et ne devraient connaître que quelques modifications à la marge.

Mais que fait la droite française ?

Lors du Conseil stratégique de mardi (26 avril), le parti de droite Les Républicains a décidé qu’ « aucune alliance ne serait scellée avec Emmanuel Macron avant les élections législatives ». Depuis, les apparitions des cadres du parti sont très rares.

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