Emmanuel Macron reçoit une dernière fois la chancelière allemande Angela Merkel

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel font une déclaration de presse à Berlin, en Allemagne, le 18 juin 2021. [AXEL SCHMIDT/EPA]

Emmanuel Macron reçoit jeudi soir (16 septembre) à dîner Angela Merkel, l’une des dernières occasions pour les deux dirigeants de mettre en scène la proximité politique franco-allemande, alors que la chancelière s’apprête à faire ses adieux au pouvoir.

Le président et la chancelière feront une déclaration à 19 h, avant un entretien suivi d’un dîner de travail, a indiqué l’Élysée mercredi.

Au menu, un ensemble studieux de sujets internationaux, « en tout premier lieu l’Afghanistan », avait annoncé Steffen Seibert, le porte-parole de Mme Merkel. L’Élysée a évoqué en sus mercredi « l’Iran, la Libye, l’Ukraine, la Biélorussie » mais aussi « les grands défis européens en matière de défense, d’asile et migration, et de transition climatique et numérique ».

Les deux dirigeants veulent aussi préparer ensemble le sommet entre l’Union européenne et les Balkans occidentaux, à Ljubljana, le 6 octobre prochain — une date à laquelle il est probable que le successeur d’Angela Merkel ne sera pas nommé —, et la future présidence française de l’Union européenne, au premier semestre de 2022.

Ce dernier rendez-vous est d’autant plus crucial pour Emmanuel Macron qu’il coïncidera — et se mêlera nécessairement pour lui — avec la campagne électorale en France et l’élection présidentielle des 10 et 24 avril, à laquelle il sera candidat, sauf énorme surprise.

Le dossier taliban

Dans l’immédiat, les conséquences de la victoire des talibans à Kaboul restent l’un des dossiers les plus pressants pour les Européens, et donc pour la relation franco-allemande.

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a notamment annoncé mercredi (15 septembre) qu’un sommet sur la défense serait organisé par Paris pendant sa présidence de l’UE, alors que le retrait d’Afghanistan a relancé la réflexion sur l’autonomie des Européens.

La création d’une force européenne de réaction rapide de 5 000 militaires est en discussion depuis plusieurs mois et le retrait américain d’Afghanistan a relancé le débat en soulignant les carences militaires du vieux continent.

Au-delà de ces enjeux, l’invitation de Mme Merkel à Paris met une dernière fois en lumière la relation personnelle et de travail entre Emmanuel Macron et Angela Merkel, qui a considérablement évolué depuis 2017.

Au départ, difficile de trouver beaucoup de points communs entre une chancelière de 67 ans, élevée à l’école de la prudence, et un jeune président de 43 ans qui a érigé l’audace et le mouvement en marqueurs politiques. Mais au fil du temps, les deux dirigeants ont réussi, selon de nombreux témoins, à bâtir une solide relation de confiance.

Le président français s’est longtemps heurté aux réticences allemandes envers la hausse des dépenses de l’UE.

Face à la Covid, les deux dirigeants ont su resserrer leurs liens pour conclure une alliance aboutissant en mai 2020 à la proposition d’un plan de relance européen de 750 milliards d’euros, largement financé par des emprunts européens mutualisés. Ils ont ensuite œuvré ensemble pour arracher un accord historique sur ce plan.

Emmanuel Macron a reçu ces derniers jours à l’Élysée les deux favoris pour succéder à Angela Merkel à Berlin, le social-démocrate (SPD, centre-gauche) Olaf Scholz et le démocrate-chrétien (CDU, centre-droit) Armin Laschet.

Du côté d’Olaf Scholz, co-artisan du programme de mutualisation de dettes et de relance européenne post-Covid, Paris peut espérer une moindre orthodoxie budgétaire, surtout si le social-démocrate gouverne avec une majorité bien ancrée à gauche.

Si Armin Laschet l’emporte, Berlin pourrait garder le pied sur le frein des dépenses et de la dette.

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