Emmanuel Macron, un huitième président atypique pour la Vième république

Emmanuel Macron a été élu avec une forte majorité face à Marine Le Pen [Guillaume Destombes/Shutterstock]

Emmanuel Macron a remporté l’élection présidentielle avec 65 % des voix dimanche 7 mai.

Un an après un pari jugé totalement fou par 99 % de la classe politique, Emmanuel Macron, 39 ans, a remporté dimanche 7 mai l’élection présidentielle française, avec 66,1 % des voix contre 33,9 % pour Marine Le Pen selon les résultats définitifs.

L’abstention s’est avérée plus importante que lors des dernières élections, à presque 25 %, tandis que les blancs et nuls devraient atteindre 4 millions de votants.

« C’est un résultat magnifique », a réagi le centriste François Bayrou, qui s’est rallié au candidat d’En Marche. « La France envoie au monde un message d’espoir » a-t-il assuré.

11 millions de voix pour Marine Le Pen

L’élection révèle toutefois un pays profondément divisé, entre d’une part le soutien massif au candidat centriste, soit environ 20 millions d’électeurs, et 11 millions de votants qui ont manifesté leur souhait de changement en choisissant l’eurodéputée Marine Le Pen.

Emmanuel Macron a été élu avec un report quasiment total, selon les experts, des électeurs traditionnels du Parti socialistes, des Verts et de la droite modérée tendance juppéiste.

Front républicain fissuré

En revanche, à l’extrême-gauche et au sein de la droite dure, certains ont fait le choix du Front national, contrairement à ce qui s’était passé en 2002, lorsque Jacques Chirac affrontait le père de Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen, au second tour d’une élection traumatique pour la gauche et le pays. Il avait alors emporté 82 % des suffrages dans le cadre d’un massif mouvement de Front républicain, qui n’a pas fonctionné cette fois-ci.

Ouvertement pro-européen, et le seul candidat à l’être sans ambages, Macron a profité du besoin de renouveau de la politique française exprimé par les Français, mais aussi des déboires de ses concurrents : le Fillongate, la faiblesse du soutien du Parti socialiste à son candidat Benoit Hamon ou encore les poursuites judiciaires dont Marine Le Pen fait l’objet ont fait tour à tour crédibilisé sa candidature.

Une présidentielle française sous haute pression internationale

Menaces terroristes de l’EI, propagation de fakes news via les Etats-Unis, investissements massifs de la Russie sur des médias francophones d’extrême-droite : la présidentielle française s’est déroulée sous haute tension extérieure.

Parmi les premières réactions, Marine Le Pen, a salué « l’élimination des partis anciens, et la réorganisation de la politique française autour des patriotes et des mondialistes », se disant « inquiète pour ce futur quinquennat ».

« Je proposerai d’engager une transformation profonde de ce mouvement, et j’appelle tous les patriotes à nous rejoindre » a-t-elle indiqué.

Droite, gauche, centre sur les starting-blocks

« Les partis de gouvernement devront tirer les conséquences d’avoir été défaits au premier tour », a de son côté assumé François Baroin chez Les Républicains.

L’ancien premier ministre de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, a de son côté souligné les fractures territoriales qui divisent le pays, et demandé « un travail de réconciliation » au futur président.

Le président de la République, François Hollande, a applaudi à l’élection de son ancien conseiller, et l’a vivement félicité.

La passation de pouvoir entre le Président socialiste et son ancien ministre de l’Economie se déroulera le 14 mai à L’Elysée.

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