L’ancienne commissaire européenne finlandaise Jutta Urpilainen, qui a récemment quitté son poste pour se présenter comme candidate à l’élection présidentielle de son pays fin janvier, recule dans les sondages, selon une projection d’EuropeElects commandée par Euractiv.
Le 28 janvier, les Finlandais se rendront aux urnes pour élire leur futur président parmi les neuf candidats actuellement en lice.
Après avoir quitté son poste en décembre, Mme Urpilainen a lancé sa campagne pour la présidence finlandaise sous la bannière du Parti social-démocrate finlandais (S&D).
Outre sa grande expérience au sein du gouvernement en tant que ministre des Finances et vice-première ministre, de nombreux membres de son parti ont loué la vaste expérience de Mme Urpilainen dans les affaires internationales et son engagement en faveur de la justice sociale, dont elle a fait un thème central sous le slogan « Ne laisser personne de côté ».
Cependant, selon un sondage EuropeElects commandé par Euractiv, l’ancienne commissaire est loin d’être convaincante aux yeux de ses compatriotes. Seulement 7 % des électeurs la soutiennent, loin derrière l’ancien ministre des Affaires étrangères des écologistes Pekka Haavisto (25 %) et le favori, l’ancien Premier ministre Alexander Stubb de la Coalition nationale, le parti au pouvoir (27 %).
En comparaison, Mme Urpilainen obtiendrait deux fois moins de soutien que Jussi Halla-aho, le candidat du Parti des Finlandais (qui siège au sein du groupe d’extrême droite Identité et Démocratie au Parlement européen).
En quittant son poste de commissaire pour se présenter aux présidentielles, Mme Urpilainen a rejoint la liste des commissaires européens qui ont quitté le navire de l’UE pour la sécurité apparente de la politique nationale, le mandat de la présidente de la Commission, Mme von der Leyen, devant s’achever avec les prochaines élections de juin 2024.
Mme Urpilainen se retrouve dans la même situation que l’une des figures de proue de la Commission, la Danoise Margrethe Vestager, qui s’est retirée de son portefeuille de la concurrence en septembre pour faire campagne pour la présidence de la Banque européenne d’investissement (BEI). Elle a désormais repris ses fonctions après avoir perdu face à la ministre espagnole de l’Économie, Nadia Calviño.
D’autres anciens commissaires ont récemment quitté leur poste au sein de l’UE pour se concentrer sur la politique nationale. L’ancienne commissaire à la Culture Mariya Gabriel, aujourd’hui ministre bulgare des Affaires étrangères, et l’ancien commissaire chargé du Green Deal, Frans Timmermans, aujourd’hui chef de l’opposition néerlandaise, ont respectivement démissionné en mai et en août de l’année dernière.
Alors que la Bulgare Iliana Ivanova a depuis pris la relève de Mme Gabriel à la Commission européenne, l’ancien ministre néerlandais des Affaires étrangères Wopke Hoekstra est à la tête de l’action climatique depuis que M. Timmermans a annoncé sa candidature aux élections générales néerlandaises le 22 novembre.


