En Hongrie, un ultime duel pour déterminer qui affrontera Viktor Orban

Parmi ses propositions, la candidate Klara Dobrev compte remettre à plat la Constitution, que le Premier ministre a réécrite ces dernières années afin de cimenter son pouvoir, accuse-t-elle. [Balazs Mohai/EPA]

Qui affrontera Viktor Orban en avril 2022 ? Dimanche (10 octobre), débute en Hongrie le second tour des primaires de l’opposition, unie pour tenter de défaire le dirigeant souverainiste aux prochaines législatives.

Le processus, inédit, a été émaillé de nombreux rebondissements, de la suspension initiale du vote en septembre pour cause de cyberattaque au retrait du maire de Budapest, longtemps présenté comme favori.

Après un premier tour qui a attiré plus de 600.000 électeurs, il ne reste plus que deux candidats en lice : une fervente europhile de centre-gauche, Klara Dobrev, et un économiste conservateur, Peter Marki-Zay.

Le nom du vainqueur sera connu le 17 octobre à l’issue d’une semaine de vote.

L’expérimentée eurodéputée 

Mme Dobrev, 49 ans, est issue du principal parti d’opposition, Coalition démocratique (DK). Elle est arrivée en tête du premier tour avec 35% des voix.

Cette sociale-démocrate rêve de devenir la première femme à diriger la Hongrie, pays d’Europe centrale de 9,8 millions d’habitants.

Ses partisans mettent en avant son expérience au Parlement européen, dont elle est l’une des vice-présidentes depuis 2019, ainsi qu’au sein du gouvernement hongrois dans les années 2000.

Née à Sofia d’un père bulgare, elle parle la langue de ce pays, le russe, l’anglais et l’allemand.

Avocate de profession, elle est farouchement pro-européenne et salue la liberté d’expression dont elle jouit à Bruxelles, tandis que les médias pro-gouvernementaux hongrois ne l’ont jamais invitée à débattre.

Son point faible, selon les sondages : elle est mariée à l’ex-Premier ministre Ferenc Gyurcsany, devenu une personnalité clivante en Hongrie après un scandale en 2006.

Cet économiste a reconnu avoir menti sur l’état réel de l’économie du pays, dans une conversation privée divulguée par la radio. Depuis, il est la cible régulière des attaques du camp Orban.

Parmi ses propositions, Klara Dobrev compte remettre à plat la Constitution, que le Premier ministre a réécrite ces dernières années afin de cimenter son pouvoir, accuse-t-elle.

Une idée « criminelle », selon le président du Parlement et proche de M. Orban, Laszlo Kover, qui met en garde contre un « coup d’Etat » constitutionnel.

L’outsider conservateur 

Face à elle, Peter Marki-Zay, un catholique pratiquant père de sept enfants, assure être le plus à même de pouvoir rallier les électeurs de gauche et les conservateurs las de Viktor Orban.

Agé de 49 ans, il a attiré l’attention en 2018 en s’imposant aux municipales dans sa ville natale de Hodmezovasarhely (sud-est), un bastion pendant des décennies du parti au pouvoir Fidesz.

Sa présence à ce stade des primaires est une surprise : sans appui financier ni soutien de l’appareil d’un parti, il a malgré tout réuni 20% des suffrages au premier tour.

Il a ensuite bénéficié du désistement du maire de Budapest, pourtant arrivé devant lui avec 27%. « Je crois qu’il est capable d’unir l’opposition », a déclaré Gergely Karacsony pour expliquer sa décision.

Une victoire de Peter Marki-Zay serait « un cauchemar pour Viktor Orban », confirme l’analyste Robert Laszlo.

« A la différence de Klara Dobrev, il ne peut pas être facilement moqué par le Premier ministre et le Fidesz comme une marionnette de Ferenc Gyurcsany », commente-t-il.

M. Marki-Zay, qui a vécu cinq ans aux Etats-Unis et au Canada, est un ancien électeur du Fidesz. Il raconte qu’il était « anéanti » par la défaite de Viktor Orban en 2002 après son premier mandat.

Mais il dit ne plus se reconnaître dans les politiques menées depuis 2010, qui valent au Premier ministre d’être accusé d’autoritarisme et de corruption.

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