En Marche lance l’offensive anti-PPE et socialistes à Bruxelles

LREM et le CRE espère faire sauter la mainmise PPE/S&D au Parlement européen. [Shutterstock]

L’eurodéputé centriste Guy Verhofstadt a participé au lancement de la Grande Marche pour l’Europe, à Bruxelles. Objectif : écouter les citoyens, mais surtout dégommer les partis traditionnels.

« Écouter, sans juger, afin de construire un diagnostic complet et d’établir des propositions en vue des élections européennes » : c’est le credo d’Arthur Corbin, référent LREM à Bruxelles, qui participait ce week-end au lancement de la Grande marche sur l’Europe, aux côtés de Guy Verhosftadt.

La Grande Marche pour l’Europe sera officiellement inaugurée par Emmanuel Macron le 17 avril, à Strasbourg, au moment du lancement des consultations citoyennes. Un moyen de remobiliser les « marcheurs » après les présidentielles, alors que certains soutiens déchantent, dénonçant un parti autoritaire qui cherche à verrouiller le débat. « On risque de se faire engueuler sur d’autres sujets, mais au moins on ira voir les gens », assure un militant.

À Bruxelles, le coup d’envoi avait été prévu pour le 24 mars, et retardé suite aux attentats de Carcassonne et Trèbes. Il a finalement eu lieu le 7 avril, en présence du député des Français du Bénélux, Pieyre-Alexandre Anglade, et de Guy Verhosftadt, eurodéputé belge et chef de file du groupe libéral (ALDE).

Si ce dernier rappelle que certains membres de son groupe politique appartiennent à En marche, il refuse catégoriquement de commenter un possible rapprochement entre l’ALDE et LREM. « C’est la mauvaise question. C’est une question typique de la vieille politique », assure-t-il.

« Aujourd’hui, il faut une refondation européenne », poursuit l’ancien Premier ministre belge, « un grand mouvement qui pourra constituer une solution aux vieilles formations démocrates-chrétiennes et socialistes qui dominent la politique européenne depuis des décennies. »

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Macron, moteur européen

« Moi je ne suis pas un ‘marcheur’, je suis plutôt un fanatique du vélo, mais je pense qu’il n’y a pas de contradiction entre marcher et pédaler. En rassemblant ceux qui marchent et ceux qui pédalent, on pourrait créer un mouvement important, auquel il faudra trouver un moteur, mais on en a un : Emmanuel Macron, qui est certainement un moteur au niveau européen », affirme Guy Verhofstadt, qui souhaite baser la refondation européenne sur le discours de la Sorbonne.

Un message renforcé par Pieyre-Alexandre Anglade, qui veut mener la Grande Marche en Européen convaincu, mais pas béat, parce qu’en Europe, beaucoup de choses ne fonctionnent pas. « Même si en apparence le projet européen a l’air d’aller mieux, nous devons redoubler d’efforts afin de porter un projet ambitieux de refondation pour 2019. C’est d’autant plus important que les nationalistes, les populistes, Guy Verhofstadt dirait même parfois les fondamentalistes, de tout poil existent et sont encore bien présents dans beaucoup d’États membres. »

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« Quand ils critiquent l’Europe, les eurosceptiques n’ont pas tort, même si le problème est qu’ils ne proposent aucune solution. Dans l’UE, tout ne fonctionne pas, la refondation est nécessaire, et le PPE et le S&D n’ont pas été capables de lancer cette refondation, parce qu’ils se concentrent sur leur pouvoir au niveau national », dénonce Guy Verhofstadt.

Pour lui, la réponse est simple : en finir avec la règle de l’unanimité, qui empêche l’Union de fonctionner en grippant le système, en ralentissant les réactions européennes à tous les problèmes, de la crise grecque à la crise migratoire.

Liste nationale et Parlement européen

« Avec En marche nous avons fait le choix de remettre l’Europe au cœur du débat politique national, parce que depuis de nombreuses années, le débat européen a été abandonné par celles et ceux qui auraient dû nourrir une ambition pour ce projet, mais l’ont laissé aux forces eurosceptiques », souligne le député français.

Cela passe par un changement du mode de scrutin pour les élections européennes, pour revenir à une liste nationale. Pour lui, les circonscriptions établies en 2003 étaient une « fausse bonne idée » qui a servi aux partis français, notamment LR et le PS de diluer le débat qui les divisait fortement en interne. « Cette décision forcera les partis qui n’ont pas toujours une ligne claire sur l’Europe à clarifier leur projet », assure-t-il.

Il soutient également un renforcement du Parlement européen. « Le mandat national des membres du Conseil ne fait pas un mandat européen », souligne-t-il. « L’élections qui arrive, qui est parfois traité trop légèrement en France, doit donc être abordée avec plus d’ambition. »

La refondation doit enfin permettre de changer le Parlement, « parce que les deux groupes politiques qui ont été longtemps dominant, le PPE et le S&D, sont traversés de courants contraires qui font coexister des délégations nationales qui ne partagent plus grand-chose depuis très longtemps et qui amène à une forme de blocage ou de repli du Parlement. »

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