En visite en Pologne, Salvini veut faire croître son groupe parlementaire eurosceptique

Matteo Salvini

Le Polonais Jaroslaw Kaczynski reçoit le 9 janvier à Varsovie le vice-Premier ministre italien, le nationaliste Matteo Salvini, dans le but de créer un nouveau groupe de partis euro-critiques au Parlement européen. Un article d’Euroefe.

Les gouvernements nationalistes polonais et italien veulent renforcer leurs relations en Europe et ce serait un succès si la réunion du 9 janvier débouchait sur un accord pour créer un nouveau groupe au Parlement européen, a expliqué la veille Andrzej Zybertowicz, conseiller du président polonais.

L’option intéresse le parti au pouvoir en Pologne, Droit et Justice (PiS), une force nationaliste-conservatrice qui est actuellement affiliée au groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE), troisième groupe le plus important au Parlement européen.

Le gouvernement polonais main dans la main avec des groupuscules d’extrême droite

Le 11 novembre, 200 000 personnes ont participé à une marche en mémoire de l’indépendance de la Pologne. Organisée par le gouvernement, la marche a attiré de notoires groupuscules d’extrême droite.

Le CRE est mené par les conservateurs britanniques et compte donc ses jours avant l’entrée en vigueur du Brexit le 29 mars, ce qui laissera PiS sans groupe.

L’autre option est que le parti entre dans le Parti populaire européen (PPE) de centre droit et premier groupe du Parlement. Le parti nationaliste hongrois de Viktor Orban y est déjà affilié, le Premier ministre ayant déjà tenté par le passé de faire rentrer Droit et Justice dans les rangs.

Le principal parti d’opposition en Pologne, la force de centre-droit Plateforme civique, fait cependant aussi partie du PPE, ce qui rend très difficile l’inclusion de la formation de Jaroslaw Kaczynski dans ce groupe politique du Parlement européen.

Le nouveau groupe mené par Matteo Salvini serait donc une alternative attractive pour Droit et Justice, puisqu’il pourrait y trouver le soutien nécessaire face aux sanctions européennes contres les réformes controversées impulsées par Varsovie.

L’UE ouvre un nouveau front contre les réformes de la justice polonaise

La Commission européenne a saisi pour la deuxième fois la justice de l’UE contre l’une des réformes judiciaires en série du gouvernement polonais.

Pour Plateforme civique, la réunion du 9 janvier entre Jaroslaw Kaczynski et Matteo Salvini montre bien que « le gouvernement polonais n’est plus seulement eurosceptique mais commence aussi à s’orienter vers un courant plus anti-européen aux côtés de forces dont l’objectif est de démanteler l’Union européenne ».

Ces forces qui veulent démanteler l’UE sont le néerlandais Parti pour la liberté, aux Pays-Bas, et le Rassemblement national, de Marine Le Pen, qui ont déjà conclu un accord avec la Ligue du Nord de Matteo Salvini pour former un « front de la liberté » au Parlement européen.

Si le PiS polonais et le Parti pour la liberté autrichien s’y intègrent, ce groupe deviendrait le troisième plus grand du Parlement européen.

Salvini se rêve en ambassadeur des Italiens à Bruxelles

Le ministre italien de l’Intérieur, de la Ligue, s’est exprimé face à des milliers de ses électeurs pour fêter ses six mois au pouvoir. Il leur a demandé le mandat de négocier lui-même la réforme de l’UE.

Subscribe to our newsletters

Subscribe