En cas de victoire de Barack Obama aux élections présidentielles américaines du 4 novembre, ses discours protectionnistes ne devraient sans doute pas se traduire dans des politiques concrètes. C’est ce qu’a indiqué John Glenn du German Marshall Fund dans un entretien à EURACTIV.
« Il serait erroné de considérer [Obama] comme un démocrate conventionnel uniquement guidé par les syndicats », a affirmé M. Glenn, rejetant les commentaires de M. Obama sur une renégociation de l’ALENA, l’accord de libre échange nord-américain avec le Canada et le Mexique. Il considère en effet cette position comme un simple discours électoraliste destiné à réchauffer l’âme démocrate.
Selon M. Glenn, les candidats démocrates à la présidence des Etats-Unis se prononcent traditionnellement en faveur d’un accroissement du protectionnisme. Il a toutefois signalé que c’est le démocrate Bill Clinton qui a signé l’ALENA en 1993 lors de sa première année à la tête du pays.
Remettre les relations transatlantiques sur la bonne voie
Si les Européens ont tendances à privilégier M. Obama, M. Glenn a mis en avant le danger que pourraient représenter « des attentes artificiellement élevées », ajoutant que M. McCain pourrait être plus apte à remettre les relations transatlantiques sur la bonne voie.
« John McCain a davantage d’expérience et d’antécédents en matière de coopération avec l’Europe. Il connaît mieux les dirigeants européens qu’Obama », a-t-il affirmé.
Vers un choc transatlantique par rapport à la régulation financière ?
A propos des approches de MM. Obama et McCain face à la crise financière actuelle, M. Glenn a estimé qu’il sera « plus facile pour le président Obama d’évoquer les régulations et l’avenir des marchés financiers » étant donnée l’aversion traditionnelle des républicains envers toute forme de régulation.
Toutefois, M. Glenn a exclu la possibilité qu’un des candidats mentionne la fin de l’ancien ordre capitaliste à la manière des allusions du président français Nicolas Sarkozy dans un récent discours devant le Parlement européen (EURACTIV 22/10/08).
« Aucun des candidats ne considère la situation actuelle comme la fin du capitalisme ou la nationalisation des banques. Il s’agit pour eux d’une intervention significative du gouvernement dans le cadre d’une crise économique. Aux Etats-Unis, je n’arrive pas à imaginer qu’un candidat évoque la fin du capitalisme », a indiqué M. Glenn.
Pas de ligne dure à l’égard de la Russie
M. Glenn ne s’attend pas à ce que la politique américaine à l’égard de la Russie soit très différente à l’avenir. Il a écarté la possibilité selon laquelle les discours durs de M. McCain au sujet de l’ancien bloc soviétique puissent « s’inscrire dans le cadre de la campagne électorale ». A la suite de la guerre en Géorgie, M. McCain avait appelé à exclure la Russie du groupe des huit, qui réunit les économies mondiales de premier plan.
« Le style de McCain sera très certainement différent de celui d’Obama, mais je ne suis pas sûr qu’il y aura des différences dans la pratique », a souligné M. Glenn, en ajoutant que « pour le meilleur et pour le pire, l’Amérique compte sur la Russie pour les négociations sur des questions fondamentales » comme la prolifération nucléaire.
« Notre relation avec la Russie est trop complexe pour être considérée dans une perspective unidimensionnelle. Je pense que les deux candidats sont de cet avis ».
L’Europe veut Obama
A propos des attentes européennes par rapport au nouveau président américain, M. Glenn a indiqué que M. Obama devrait recevoir un accueil plus chaleureux que son rival républicain M. McCain, auquel, «injustement ou non », les Européens associent de près la politique conduite par l’administration actuelle de M. Bush, en particulier en Irak.
« L’Europe a soif de changement », a declaré M. Glenn. Toutefois il a ajouté que « quel que soit le nouveau locataire de la Maison blanche, il aura l’occasion de restaurer la crédibilité des Etats-Unis à l’étranger. »
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