Environnement, immigration, unanimité : le débat des Européennes démarre

Avant le 1er débat télévisé des élections européennes, six candidats des principaux partis politiques français ont débattu chez Euractiv le 2 avril devant une assemblée de Français pour beaucoup spécialistes de l’UE.

« Le problème quand on parle devant une assemblée d’experts, c’est que les gens se rendent compte s’il l’on raconte n’importe quoi ». La première attaque, de Laurence Sailliet, candidate pour Les Républicains, était destinée au député européen Rassemblement national Nicolas Bay. Le débat, organisé par Euractiv et le site lesfrançais.press, a sans doute donné le ton d’une campagne qui promet d’être animée.

« La question n’est pas plus ou moins d’Europe »

La candidate LR a énuméré les « 3 priorités des Français », selon elle, dans son introduction : l’immigration, la sécurité et les questions économiques. A l’inverse, Cécilia Gondard, candidate pour le Parti Socialiste et Place Publique, a appelé plusieurs fois de ses vœux à une « Europe de la solidarité contre une Europe de l’austérité » qui passerait selon elle, par deux piliers : la lutte contre les inégalités et la lutte pour la préservation de la planète.

Elle rejoint en ce sens Mélanie Vogel d’EELV, pour qui la lutte contre toutes les inégalités est une priorité. «La question n’est pas plus ou moins d’Europe, mais quelle Europe nous voulons » a plaidé la candidate écologiste, qui a dénoncé « la société patriarcale et sexiste dans laquelle nous vivons ».

Nicolas Bay s’est montré choqué qu’elle ne parle pas de l’islamisme, qui est selon lui « la première cause du recul des droits des femmes dans le monde » enchainant juste après avec une diatribe acerbe contre   l’immigration.

« La question de l’immigration est extrêmement simple » répond pour sa part Dominique Riquet de LREM : « soit il s’agit du droit d’asile et tous les pays ont signé la convention de l’ONU ; soit il s’agit d’une immigration illégale et par définition, on n’en veut pas ; soit il s’agit d’une immigration économique et là, elle doit être choisie par les deux parties ». Enfin, Sophie Rauszer de la France Insoumise a rappelé qu’en Europe les citoyens venant de pays tiers représentent seulement 4% de la population.  « On est encore loin du grand remplacement  !» estime-t-elle.

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« Nous ne sommes pas les imbéciles du village mondial»

Chaque candidat a eu l’occasion de parler de sa vision de l’Europe. Nicolas Bay n’est pas pour une sortie de l’Union Européenne, même si cette dernière a « organisé une forme d’impuissance collective de nos actions ».

Non, lui répond Dominique Riquet, « nous ne sommes pas les imbéciles du village mondial, mais les champions du monde lorsque nous sommes unis ». Le Rassemblement National défend plutôt une « Europe des Nations », où chaque État souverain pourrait coopérer avec différents alliés européens selon les sujets ; une Europe plus resserrée et à la carte.

De l’autre côté de la table, l’écologiste Mélanie Vogel défend « une Europe des régions », une vision antagoniste où chaque échelon (local, national et européen) trouverait un équilibre pour être plus efficace ; une Europe de la subsidiarité et de la décentralisation.

C’est d’ailleurs pour une meilleure décentralisation que les candidats de La France Insoumise et de LREM s’opposent au rapatriement complet du Parlement Européen à Bruxelles. De son côté, EELV y voit un coût annuel de 114 millions d’euros pour le contribuable et 19 000 tonnes de CO2 pour la planète, qu’elle interroge.

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Les traités en question

Les candidats se enfin largement opposé sur la question des Traités Européens. Si beaucoup de choses peuvent être faites sans changer les Traités, comme par exemple, un budget de la zone euro le rappelle la candidate des Verts, beaucoup souhaitent les voir changés ou tout simplement supprimés. Pour Dominique Riquet, les Traités permettent de faire avancer l’Europe, mais « il faut supprimer l’unanimité délétère au Conseil ». Le problème est soulevé par un participant : l’abolition de la règle de l’unanimité doit être votée… à l’unanimité. Ce à quoi Dominique Riquet a rapidement répondu :

 

 

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