Les rangs des libéraux grossissent à l’approche des européennes

Hans Van Baelen craint que la question roumaine fasse de l’ombre à la présentation de l’« équipe Europe », en mars. [European Parliament]

Le parti libéral européen vient d’accueillir de nouveaux membres, mais pas LREM. Le débat sur la possible expulsion d’un parti roumain fait toujours rage.

Le Parti de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE) s’est réuni à Berlin ce week-end pour préparer les élections européennes de mai. Il a accueilli de nouveaux membres d’Italie, d’Islande et d’Arménie. Les partis européens vont au-delà des groupes politiques qu’ils représentent au Parlement européen, et peuvent donc intégrer des membres qui ne font pas nécessairement partie de l’UE.

La rencontre du 9 février était au départ organisée pour dévoiler son  « équipe Europe », les têtes de liste du parti pour les européennes, mais les personnalités concernées ont demandé plus de temps : l’annonce a donc été remise au mois de mars.

L’ALDE ne fait pas de secret de son intention de recruter le parti d’Emmanuel Macron, LREM. Celui-ci est cependant opposé au système des Spitzenkandidaten, de plus en plus controversé, qui met en avant les candidats aux plus hauts postes institutionnels après les élections. L’alliance a donc opté pour cette « équipe Europe », une solution hybride, qui permet de contrer le système soutenu par le PPE, tout en gardant un pied dans la course.

La décision de ne pas nommer un candidat unique pour concurrencer Manfred Weber (PPE) ou Frans Timmermans (S&D) a été prise en novembre, même si de nombreux membres du groupe  étaient encore en faveur d’un Spitzenkandidat.

« Les Spitzenkandidaten sont le meilleure manière de faire campagne en Europe », assure un membre de l’ALDE. Mais « comment allons-nous faire pour faire participer dix candidats ou plus à un débat télévisé ? Tirer au sort ? »

Timmermans se verrait bien à la tête de l’UE

Le numéro deux de l’exécutif européen, Frans Timmermans, a confirmé son désir de briguer la présidence, narguant au passage tous ses adversaires politiques.

Nouveaux membres

À Berlin, les délégués ne se sont pas exprimés sur cette question, mais sur l’adhésion des partis Più Europa italien, Viðreisn islandais et Bright Armenia. Più Europa, qui récolte actuellement un peu plus de 4 % des intentions de vote, selon son secrétaire général, Benedetto Della Vedova, et Viðreisn, qui soutient l’adhésion de l’Islande à l’UE, ont été acceptés comme membres à part entière de l’ALDE.

Bright Armenia est pour sa part devenu un membre affilié. L’ALDE compte déjà un membre arménien, le Congrès national arménien, qui a critiqué le nouveau venu pour n’avoir pas soutenu la « révolution de velours » dans l’ancien pays soviétique. Le chamboulement politique du pays a néanmoins profité à Bright Armenia, qui a récolté plus de 6 % des voix lors des élections de décembre, convoquées par le nouveau Premier ministre, Nikol Pashinyan.

Blues à Bucarest

Le rassemblement de Berlin a aussi été marqué par le débat sur le parti roumain ALDE, accusé d’avoir laissé faire les violations à l’état de droit dans le pays. Renate Weber, eurodéputée de l‘ALDE Roumanie, a rejeté les allégations selon lesquelles son parti se serait opposé à une motion prévoyant l’adoption de toutes les recommandations de la commission de Venise, un organe de conseil sur le droit constitutionnel indépendant et affilié au Conseil de l’Europe.

Après un échange houleux sur la question de l’action de l’ALDE Roumanie sur les changements récemment imposés à la justice roumaine, la direction du parti a décidé de remettre la discussion à la prochaine réunion.

Justice et corruption : la Roumanie en marche arrière

La Commission européenne reproche à la Roumanie de faire marche arrière sur des valeurs comme la liberté de presse. Bucarest menace à demi-mot de saisir la Cour de justice.

Le président du parti, Hans Van Baelen, a souligné que la possibilité d’exclure un membre ne serait évoquée qu’après une enquête complète. Il ne souhaite cependant pas que la question fasse de l’ombre à la présentation de l’« équipe Europe », en mars.

La plupart des délégués présents ont toutefois tenu à ce que la question soit réglée avant les élections de mai. « Si vous ne nous donnez pas le temps de prouver que nous respectons les critères de la commission de Venise, vous pourriez aussi bien nous exclure aujourd’hui », a réagi l’ALDE Roumanie.

Les membres du parti craignent qu’un parallèle soit fait entre l’ALDE Roumanie et l’affiliation controversée du Fidesz, le parti de Viktor Orbán, au PPE, ou celle du Parti socialiste au pouvoir en Roumanie au S&D.

Débat houleux à Strasbourg sur l'état de droit en Roumanie

L’agitation s’est emparée de la chambre européenne à propos de la réforme du système judiciaire roumain, qui vise à alléger les poursuites pour corruption.

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.