L’UE va surveiller de près les élections au Kenya

Les observateurs craignent des violences après les élections au Kenya. [EEAS]

L’UE envoie une de ses plus grandes missions au Kenya, afin de surveiller les élections. En 2007, le scrutin avait mené à la mort de 1 500 personnes et au déplacement de 600 000 autres.

Une centaines d’observateurs européens seront envoyé pour une mission de deux mois au Kenya, afin de surveiller le vote du 8 août. Il s’agit de tenter de garantir la stabilité dans ce pays,  partenaire important de l’UE.

Le Kenya, qui abrite les sièges de nombreuses ONG, reçoit environ 100 millions d’euros par an d’aide au développement européenne, et est considérée comme un allié clé dans une région déstabilisée par l’insécurité et la sécheresse.

Le pays accueille également environ 500 000 réfugiés, principalement originaires du Soudan du sud. Le nord de son territoire, proche de la Somalie, est également touché depuis peu par des attentats.

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Lors d’un événement au Parlement européen, Claudia Wiedey, responsable de l’unité pour la corne de l’Afrique et l’Afrique orientale au Service européen d’action extérieure (SEAE), a expliqué les enjeux de ces élections aux eurodéputés. « Le Kenya est un pays très important pour nous. Un pays stable, qui avance, qui a fait beaucoup de progrès, mais qui se situe dans une région très fragile. »

« Cette mission n’est pas seulement l’une des plus grandes que nous ayons jamais envoyée, mais elle sera aussi complétée par des missions de suivi, afin de soutenir le processus électoral et les organisations de la société civile », a-t-elle indiqué.

En 2007, les élections ont dégénéré et se sont transformées en massacre entre différentes ethnies et tribus. Les premiers résultats semblaient annoncer la victoire de Raila Odinga, mais c’est finalement Mwai Kibaki qui a été déclaré vainqueur. Le candidat déçu a appelé ses partisans à manifester contre le résultat. Quelques minutes plus tard, les violences ont commencé. Elles ne se sont terminées qu’après plusieurs mois, 1 500 morts et 600 000 déplacés.

En 2013, un nouveau vote s’est déroulé de manière relativement calme, mais les observateurs sont inquiets pour les élections à venir.

Riccardo Chelleri, de l’unité d’observation des élections et de la démocratie au SEAE, a expliqué que deux spécialistes de l’UE étaient déjà sur place depuis le mois d’avril, et qu’une centaine de personnes devraient les rejoindre en juin, en fonction de la situation sécuritaire.

« C’est la [mission d’observation électorale] la plus importante de l’année pour l’Union européenne, a-t-il renchéri.

Si cette équipe est plus modeste que celles que peut envoyer l’OSCE, elle n’en est pas moins l’une des plus grandes jamais mises en place par l’UE de manière unilatérale.

Le Kenya est « l’un des rares, sinon le seul pays servant de modèle dans la région, qui organise des élections démocratiques », a ajouté Claudia Wiedey, une pique discrète adressée au régime élu, mais autoritaire qui gouverne l’Éthiopie, autre bénéficiaire important de l’aide européenne.

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Le révérend canon Peter Karanja, du Conseil national des Églises du Kenya, avertit que « les blessures de 2008 ne se sont pas refermées ». « Certaines communautés se préparent aux violences, et cette fois-ci il sera plus difficile de les calmer », assure-t-il.

« Les élections ont de grandes chances de se dérouler dans le calme, mais ce sont la gestion de l’annonce des résultats et les deux, trois jours suivant les élections qui seront cruciaux », conclut-il. « C’est à ce moment-là que les choses peuvent mal tourner. La police entrera en action de manière sérieuse si des violences éclatent et il est quasiment certain que les droits de l’Homme seront bafoués pour protéger ceux qui sont au pouvoir. »

Des médias « libres »

Si le Kenya dispose d’une presse relativement libre, selon les normes africaines, la plupart des médias sont entre les mains de deux dynasties politiques rivales. Le reste des journaux sont « des entreprises, ils s’adaptent aux politiques du pouvoir. On ne peut pas dire que leur couverture médiatique soit juste pour tous les partis », explique le révérend.

Vote électronique

En privé, les fonctionnaires s’inquiètent également du fait que le pays se repose sur un vote électronique.

« La situation est complètement dingue, partout en Afrique », confie un responsable, sous couvert d’anonymat. « Nombre de ces pays ont été persuadés d’acheter des systèmes de vote électronique, mais si quoi que ce soit tourne mal, si le système est piraté, il n’y a aucun moyen de vérifier l’origine des voix. On nous a garanti que la technologie était fonctionnelle, mais nous ne sommes que peu convaincus. Il faut prier » pour que tout aille bien.

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