Européennes 2024 : Marine Le Pen et Giorgia Meloni en tête des sondages, l’Alliance Sahra Wagenknecht gagne du terrain

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EP-163742A_Election [Parlement européen]

Alors que le nouveau parti de gauche dirigé par Sahra Wagenknecht gagne du terrain en Allemagne au détriment de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) d’extrême droite, en Italie et en France, les partis Frères d’Italie et le Rassemblement National (RN) ont le vent en poupe, selon les dernières projections d’Europe Elects pour Euractiv.

Après avoir quitté le parti de gauche traditionnel allemand Die Linke en octobre, l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW – Pour la raison et la justice) est entré dans les projections pour la première fois à la fin du mois de janvier avec trois sièges et est aujourd’hui susceptible d’en obtenir sept.

La BSW devrait rejoindre le groupe de La Gauche (GUE/NGL) au Parlement européen, dans lequel se trouve également Die Linke, qui, selon les projections actuelles, n’obtiendrait que trois sièges, et le Parti de protection des animaux, qui devrait disposer d’un siège.

Si la BSW rejoint effectivement le groupe, Mme Wagenknecht portera la représentation allemande au sein du groupe de La Gauche à 11 sièges, soit cinq de plus qu’en 2019 — le chiffre le plus élevé de l’histoire du Parlement européen.

Le groupe de La Gauche devrait disposer de 44 sièges au sein de l’hémicycle après les élections de juin, soit seulement quatre de moins du groupe des Verts/ALE, la sixième force du Parlement.

Les sept sièges du parti de Mme Wagenknecht en feraient également le premier parti de La Gauche, devant le Sinn Féin irlandais et La France Insoumise (LFI), qui devraient obtenir six sièges chacun. Cela permettrait au nouveau parti de gauche allemand de prétendre à la direction du groupe — tout en laissant Die Linke dans une position délicate puisque son dirigeant, Martin Schirdewan, pourrait perdre la présidence du groupe.

De l’autre côté du spectre politique, l’AfD (Identité et Démocratie, ID), parti d’extrême droite allemand, perdrait quatre sièges par rapport aux projections de fin janvier, tombant ainsi à 18.

L’AfD serait le 2e parti du pays. En tête des sondages, on retrouve toujours l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU) et son pendant bavarois, la CSU, membres du Parti populaire européen (PPE).

Cette chute de l’AfD dans les sondages fait suite à des semaines de manifestations contre le parti d’extrême droite après que l’organisation d’une réunion secrète à laquelle ont participé de hauts responsables politiques de l’AfD, des néonazis et des hommes d’affaires influents pour préparer la « remigration » ait été révélée au grand public à la mi-janvier, ce qui pourrait avoir incité les électeurs à se tourner vers Mme Wagenknecht.

La BSW adopte un ton plus conservateur et eurosceptique que Die Linke — un discours qui l’a rendue particulièrement populaire auprès de l’AfD d’extrême droite et des électeurs conservateurs, selon les politologues.

Au centre, le Parti libéral-démocrate (FDP, Renew Europe) a perdu deux sièges depuis les dernières projections, passant à quatre, ce qui représente une baisse d’un siège par rapport aux résultats de 2019.

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En France et en Italie, l’extrême droite progresse

Le Rassemblement National (ID), parti d’extrême droite de Marine Le Pen, obtient trois sièges supplémentaires par rapport aux projections de fin janvier, confirmant ainsi sa progression constante depuis 2019, passant de 22 à 29 sièges. Ces 29 sièges incluent deux sièges de L’Avenir français (LAF), un parti d’extrême droite affilié au RN.

De tels résultats renforceraient l’emprise de Mme Le Pen sur le groupe ID, la direction de celui-ci étant actuellement entre les mains de la Lega italienne, parti de Matteo Salvini devrait remporter huit sièges au terme des prochaines élections, contre 28 en 2019.

Profitant de la baisse de popularité de la Lega, les Frères d’Italie (Conservateurs et Réformistes européens, CRE) de la Première ministre Giorgia Meloni devrait obtenir 25 sièges, soit deux de plus que dans les projections de fin janvier.

Cela permettrait à Mme Meloni, qui pourrait se présenter en tant que candidate tête de liste du parti aux élections, selon le quotidien italien Corriere della Sera, de certifier la domination de son parti sur les autres forces de droite italiennes tout en consolidant son influence au sein du groupe CRE.

Autres développements importants au cours des deux dernières semaines

  • Le groupe d’extrême droite ID gagne un siège, passant à 92.
  • Le groupe CRE gagne trois nouveaux sièges, passant à 83, grâce à l’intégration du parti français Reconquête !.
  • Le groupe libéral Renew Europe gagne deux sièges et passe donc à 84.
  • Le groupe des Verts/ALE perd trois sièges, le ramenant à 48.
  • Le parti roumain d’extrême droite S.O.S, qui cherche à rejoindre le groupe ID, perd ses deux sièges prévus, passant à zéro.

* Infographies et données fournies par Jakub Rogowiecki et Mathew Nicolson, Europe Elects.

** Europe Elects est le fournisseur de sondages d’Euractiv, vous pouvez en apprendre davantage sur leur méthodologie en cliquant ici.

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[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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