Européennes 2024 : Nicolas Schmit tête de liste du Parti socialiste européen ?

« Le commissaire au travail en Europe, Nicolas Schmit, originaire du Luxembourg, se présente actuellement comme la tête de liste des sociaux-démocrates européens pour les prochaines élections européennes », a déclaré le secrétaire général du SPD, Kevin Kühnert, aux journalistes, confirmant la candidature de M. Schmit. [EPA/Ronald Wittek]

Les partis socialistes allemand et espagnol ont annoncé lundi (15 janvier) en soirée qu’ils soutenaient l’actuel commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux Nicolas Schmit comme tête de liste du Parti socialiste européen (PSE) pour les élections européennes de juin 2024, ce qui signifie qu’il pourrait affronter Ursula von der Leyen si elle devait briguer un second mandat à la tête de la Commission européenne.

Les « spitzenkandidaten » (candidats de tête de liste) désignés par les partis européens pour les élections européennes de juin sont en lice pour le poste de président de la Commission. Par convention, ce poste revient à la tête de liste du parti ayant obtenu le plus grand nombre de sièges à l’issue des élections.

Lundi, le Parti social-démocrate allemand (SPD) a officiellement confirmé la nomination de M. Schmit comme tête de liste du PSE et a déclaré son soutien au Luxembourgeois.

Un porte-parole du Parti socialiste espagnol (PSOE) a également confirmé à Euractiv que le parti soutiendrait aussi M. Schmit.

« Nicolas Schmit, originaire du Luxembourg, se présente actuellement comme la tête de liste des sociaux-démocrates européens pour les prochaines élections européennes », a indiqué le secrétaire général du SPD, Kevin Kühnert, aux journalistes, confirmant la candidature du commissaire.

Jusqu’à présent, ni le PSE ni le M. Schmit n’ont officiellement confirmé la candidature.

Toutefois, interrogé par Euractiv, il a confirmé que le Parti ouvrier socialiste luxembourgeois (LSAP) l’avait désigné comme tête de liste du PSE, et qu’il avait accepté.

Avec le soutien de l’Allemagne et de l’Espagne, la nomination est pratiquement confirmée pour M. Schmit, aucun autre candidat ne s’étant encore manifesté, d’après les informations d’Euractiv.

Les socialistes espagnols et allemands sont les partis nationaux les plus influents au sein du PSE, car ils dirigent tous deux le gouvernement de leur pays et sont représentés au Conseil européen avec le Premier ministre Pedro Sánchez et le chancelier Olaf Scholz. Ils détiennent également les plus grandes délégations au sein du groupe parlementaire des Socialistes & Démocrates européens, avec respectivement 21 et 16 eurodéputés.

La date limite de dépôt des candidatures est fixée à ce mercredi (17 janvier), date à partir de laquelle le PSE devra vérifier que toutes les candidatures remplissent les conditions, à savoir que les candidats soient désignés par un parti membre effectif du PSE et soutenus par huit autres.

L’eurodéputée Katarina Barley exclue

Le seul autre nom précédemment évoqué pour devenir tête de liste des socialistes européens était celui de l’eurodéputée allemande Katarina Barley. Cependant, comme son propre parti soutient M. Schmit, elle est de fait hors course puisque chaque parti ne peut nommer ou soutenir qu’un seul candidat.

Dans des commentaires adressés à Euractiv, Mme Barley a fait l’éloge de M. Schmit, le qualifiant de « quelqu’un qui s’est battu très résolument pour la démocratie au sein de la Commission » et dont« le cœur démocratique est au bon endroit ».

Ancien diplomate aguerri, M. Schmit dispose d’une grande expérience en matière d’affaires internationales et constitue donc un choix idéal pour la présidence de l’exécutif de l’UE, dont l’importance géopolitique ne cesse de croître, a-t-elle affirmé.

Si M. Schmit se présente également comme eurodéputé, sa candidature pourrait entraver le parcours de Marc Angel, eurodéputé issu Parti socialiste luxembourgeois et vice-président du Parlement, étant donné que le parti n’a obtenu qu’un seul siège en 2019. Selon les dernières projections, deux sièges devraient revenir au LSAP à l’issue des élections de juin.

Le spitzenkandidat sera officiellement élu lors du congrès du PSE à Rome le 2 mars, parallèlement à l’adoption du manifeste électoral.

Le système de « spitzenkandidat » ne garantit toutefois pas que le candidat tête de liste du parti ayant obtenu le plus de voix arrivera à la tête de la Commission. Après les élections de 2019, les chefs d’État et de gouvernement avaient décidé de choisir Ursula von der Leyen, candidate surprise proposée par le Parti populaire européen (PPE) en dernière minute, et certains considèrent désormais le système comme un symbole de la démocratie européenne plutôt que comme un processus de nomination fonctionnel.

Le commissaire Nicolas Schmit brigue le poste de président du parti socialiste européen

Le commissaire luxembourgeois à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, a exprimé son intérêt pour devenir le candidat du Parti socialiste européen (PSE) pour les élections européennes de juin, reconnaissant que son nom « circule » dans les couloirs du parti.

Autres têtes de liste

Le PPE n’a pas encore décidé s’il présentera l’actuelle présidente de la Commission, Ursula von der Leyer, comme tête de liste pour l’UE.

Les Verts choisiront leur spitzenkandidat lors d’un congrès qui aura lieu à Lyon du 2 au 4 février. Quatre candidats sont actuellement en lice, la favorite étant l’Allemand Terry Reintke, coprésidente du groupe des Verts/ALE au Parlement européen.

La tête de liste du Parti de la gauche européenne (PGE) sera présentée lors de l’assemblée générale électorale du parti les 24 et 25 février à Ljubljana, en Slovénie, à la suite d’un processus de nomination interne où les partis nationaux peuvent présenter des candidats.

Le président du PGE, Walter Baier, avait confié à Euractiv en novembre que la possibilité de voir l’eurodéputée Manon Aubry, co-présidente du groupe de La Gauche (GUE/NGL) au Parlement européen, devenir tête de liste avait été bloquée afin d’éviter les luttes intestines entre le Parti communiste français (PCF) et La France Insoumise (LFI).

L’autre coprésident du groupe, Martin Schirdewean (Die Linke), « est certainement une option », avait-il alors déclaré.

Le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE) et le parti d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) avaient pour leur part annoncé en juin dernier qu’ils ne présenteraient pas de spitzenkandidat pour les prochaines élections européennes.

Les eurodéputés veulent clarifier le rôle du Parlement dans l’élection du président de la Commission européenne

Les eurodéputés ont demandé mardi (12 décembre) à ce qu’un lien plus clair soit établi entre les résultats des élections européennes — et donc le choix des citoyens — et la direction de l’exécutif de l’UE en renforçant le le système des candidats têtes de liste.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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