Européennes 2024 : qui sont les trois Spitzenkandidaten des libéraux ?

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Malgré sa faible notoriété en dehors de l’Allemagne, Marie-Agnes Strack-Zimmermann représente l’une des figures les plus influentes des partis libéraux allemands.

À l’occasion du lancement de leur campagne électorale commune ce mercredi (20 mars), les libéraux européens vont présenter leurs trois principaux candidats franco-allemands, mais quelles sont les intentions du parti pour l’avenir de l’Europe ?

Alors que pour les élections européennes de 2019 les libéraux avaient présenté sept candidats de sept pays différents, cette année, ils se limitent à trois représentants, chacun incarnant l’une des trois factions au sein de leur groupe parlementaire commun, Renew Europe.

Aujourd’hui, les libéraux donneront le coup d’envoi de leur campagne électorale en adoptant officiellement leur manifeste partagé et en introduisant formellement leurs trois Spitzenkandidaten, ou candidats en tête de liste.

La tendance franco-allemande est évidente parmi les premiers choix des candidats libéraux. Parmi eux, Valérie Hayer et Sandro Gozi, appartenant au camp du président français, Emmanuel Macron, tandis que Marie-Agnes Strack-Zimmermann du Parti libéral-démocrate allemand (FDP) représente le plus grand des trois partis du groupe, l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE).

Le groupe Renew Europe a été fondé seulement en 2019, après l’alliance entre les nouveaux venus du parti d’Emmanuel Macron et l’ALDE, parti européen déjà bien établi qui détient aujourd’hui près de deux tiers des sièges du groupe libéral.

Malgré la notoriété de Valérie Hayer et Sandro Gozi au sein du Parlement européen depuis 2019, la candidate de l’ALDE, relativement méconnue à Bruxelles, jouit d’un soutien solide en Allemagne, son pays d’origine.

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« La Jeanne d’Arc de la politique »

La nomination de Marie-Agnes Strack-Zimmermann en tête de liste de l’ALDE aux élections européennes a été une surprise. Son nom n’a été révélé qu’après le renoncement de la Première ministre estonienne Kaja Kallas et de l’ancien Premier ministre luxembourgeois, actuellement ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel.

Bien qu’elle soit peu connu en dehors de l’Allemagne, Marie-Agnes Strack-Zimmermann représente l’une des figures les plus influentes des partis libéraux de son pays.

D’après les récents sondages, elle occupe la cinquième place des personnalités politiques les plus appréciées en Allemagne et se classe deuxième au sein de la coalition gouvernementale, juste derrière le ministre de la Défense, Boris Pistorius.

Même si la candidate n’a jamais été ministre, elle s’est néanmoins fait connaître en tant que présidente de la commission de la Défense au Bundestag, où elle n’a pas hésité à critiquer le chancelier Olaf Scholz pour sa réticence à soutenir à l’Ukraine.

Le mois dernier, elle s’est écartée de la ligne de sa coalition en votant avec l’opposition en faveur de l’envoi de missiles Taurus en l’Ukraine, afin d’intensifier la pression sur le chancelier.

Bien qu’elle fasse partie de la coalition au pouvoir au Bundestag, elle est devenue l’une des détractrices les plus virulentes du chancelier, ce qui lui a même valu le surnom de « la Jeanne d’Arc de la politique » dans le quotidien allemand Tagesspiegel.

Depuis, la femme politique libérale de 66 ans présente son âge comme un atout, bâtissant sa campagne autour de slogans tels que « Grand-mère Courage » et « l’homme d’État parmi les femmes » pour l’actuelle campagne électorale en Allemagne.

Mme Strack-Zimmermann aspire désormais au même succès à Bruxelles, adoptant une posture de combat sous le slogan « streitbar in Europa », ce qui peut être traduit par pugnace ou combative en Europe.

Toutefois, le FDP ne compte actuellement que 5 % des intentions de vote, soit moins de la moitié de ses résultats obtenus lors des élections au Bundestag en 2021.

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Les macronistes

Les deux autres prétendants sont membres de la coalition au pouvoir en France, dirigée par Emmanuel Macron.

Le premier, Sandro Gozi, est le secrétaire général du Parti démocrate européen (PDE), qui est la plus petite faction du groupe Renew Europe, avec seulement 10 eurodéputés, dont six français.

Ancien député et sous-secrétaire d’État aux Affaires européennes sous le gouvernement italien de l’ex-Premier ministre Matteo Renzi, il a été élu au Parlement européen en 2019 dans une liste commune libérale française regroupant Renaissance et le Mouvement Démocrate, ce dernier étant le pilier du PDE.

Le PDE se positionne comme l’une des factions les plus pro-européennes, cherchant à centraliser davantage de domaines politiques, ainsi qu’à transformer la Commission en un véritable gouvernement européen, avec l’ambition de permettre « l’élection d’un véritable président de l’Union européenne », comme stipulé dans leur manifeste.

L’autre candidate, Valérie Hayer était précédemment la co-présidente de la délégation française de Renaissance, qu’elle représentera désormais aux élections européennes.

Il y a quelques mois seulement, Valérie Hayer était encore méconnue en dehors de la bulle européenne. Cependant, en très peu de temps, elle est parvenue à la tête de Renew en janvier, lors d’un vote pour succéder à Stéphane Séjourné, son ancien patron devenu ministre des Affaires étrangères, et a été désignée comme candidate en tête de liste du parti Renaissance en France.

La décision du président français n’était pas évidente, et l’attribution du rôle de tête de liste à Valérie Hayer s’est faite en dernière minute, après le renoncement de plusieurs figures politiques à ce poste.

Mme Hayer, issue d’une lignée d’agriculteurs et entretenant des liens profonds avec la communauté de l’ouest de la France, s’est imposée comme la candidate parfaite pour répondre à la crise agricole à laquelle le pays est actuellement confronté.

Contrairement à son homologue allemande, l’eurodéputée française de 37 ans n’est pas encore une figure prépondérante sur la scène politique, et devra donc renforcer sa présence avant les prochaines élections européennes.

Des mois intenses l’attendent, étant donné que Renaissance a perdu 5 % d’intentions de vote par rapport à son résultat de 2019, passant à 18,5 %, car les jeunes électeurs centristes et pro-UE penchent davantage pour le candidat social-démocrate Raphaël Gluckmann (S&D). De son côté, le Rassemblement National (RN) a vu ses intentions de vote s’envoler, franchissant le seuil symbolique des 30 % la semaine dernière pour atteindre 31 %.

En janvier, l’eurodéputée affirmait à Euractiv : « Je vois ces sondages », mais « je ne leur fais pas confiance […]. Je suis convaincue que nous aurons une majorité pro-européenne » d’ici juin 2024.


Max Griera a contribué à la rédaction de cet article.

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[Édité par Anna Martino]

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