La France insoumise (LFI) s’est présentée samedi (16 mars), lors de son premier meeting politique pour les élections européennes, comme le seul parti de la « paix » face aux « va-t’en-guerre » de l’UE. Son leader historique, Jean-Luc Mélenchon, réaffirme « qu’il n’y a pas d’issue militaire à la guerre en Ukraine ».
« Guerre et paix » : comme naguère le titre du célèbre roman de Léon Tolstoï, c’est ainsi que l’on peut résumer les prises de parole tout au long de la convention de LFI, premier congrès du parti pour les élections européennes de juin 2024, tant les sujets de la guerre en Ukraine et du conflit israélo-palestinien étaient au centre des débats.
Fort de 3,000 participants, selon les organisateurs, les discours et tables-rondes se sont succédés pour affirmer que face aux désordres du monde, seule LFI était légitime pour appeler à la paix.
« Si vous ne voulez pas de la guerre, votez Insoumis ! », a lancé Jean-Luc Mélenchon, leader historique du mouvement, qui n’a cessé d’alerter contre « l’Europe incapable », responsable, selon lui, d’« amplifier » la crise climatique, de faillir à ses responsabilités géopolitiques, ou encore d’orchestrer une « crise économique permanente ».
Très clair sur son ambition de faire de ce scrutin – à l’instar, d’ailleurs, du Rassemblement national (RN) – un vote de mi-mandat avant 2027, l’ancien député s’est donné un objectif clair : « Il faut être la France au service exclusif de la paix si on veut être utile à la paix universelle ».
L’homme, qui est candidat symbolique aux élections de juin en occupant la 79ème et avant-dernière place – donc inéligible – de la liste, a fustigé la volonté européenne de renforcer ses capacités de production d’armes et de munitions alors que la guerre est, depuis 2022, revenue sur le continent, n’hésitant pas à mettre l’Ukraine et la Russie au même niveau.
« Il ne peut y avoir d’autre issues que celle où il n’y a ni vainqueur ni vaincu », a-t-il martelé, appelant à une paix « qui donne à chacune des deux parties des garanties mutuelles ». Et de présenter le triptyque nécessaire pour assurer la fin du conflit : un cessez-le-feu immédiat et permanent, un référendum des populations concernées, et des zones démilitarisées autour des centrales nucléaires.
Défenseur de la cause palestinienne
Un message largement repris par la tête de liste aux élections européennes, Manon Aubry : « Contre les tyrans, contre les bellicistes, nous resterons le camp de la paix et du droit international ».
Un tel discours de la paix, couplé d’un refus total d’envoyer des troupes au sol, alors que le président affirmait fin février ne pas exclure une telle option, vise à relancer la dynamique, alors que LFI stagne à 7 % des intentions de vote, selon un baromêtre de l’institut Ipsos publié la semaine dernière.
C’est aussi pour cela, alors que les questions géopolitiques s’imposent comme sujet incontournable de la campagne, que LFI souhaite se positionner comme seul vrai défenseur de la cause palestinienne.
« Cessez le massacre, cessez le feu ! », a lancé Mme Aubry au sujet de la Palestine, appelant à un embargo sur l’envoi d’armes occidentales au gouvernement de Benyamin Netanyahou.
L’annonce par le parti au début du mois d’accueillir en position éligible la juriste et militante franco-palestinienne Rima Hassan atteste de la volonté de faire de cette question un enjeu clef.
Prenant la parole lors d’une table ronde, après une minute de silence pour les morts en Palestine, Mme Hassan a exhorté l’Europe à « urgemment mettre fin à l’accord UE-Israël », en vigueur depuis 2000, et à sanctionner la « politique coloniale israélienne », « seul obstacle à la création de l’Etat palestinien ».
Contre la « mise en concurrence de tout »
Enfin, Manon Aubry a longtemps disserté sur la question économique et sociale, pour qui l’action au Parlement européen doit passer par « [le blocage] des marges des entreprises agroalimentaires qui se sont gavées, [et] en finir avec la vie chère ».
Faisant écho aux manifestations d’agriculteurs qui ont vu le jour dans une large majorité des pays européens au début de l’année, elle s’est redite opposée à tout concurrence déloyale : « Donnez-nous la force d’en finir avec la mise en concurrence de tout », alors que les eurodéputés – sans les votes insoumis – ont adopté en février un nouvel accord de libre-échange avec le Chili.
Ainsi Manon Aubry a-t-elle répétée le refus total de LFI a intégrer l’Ukraine dans l’UE « sans harmonisation fiscale, sociale et environnementale ». L’Ukraine est officiellement candidate à l’intégration depuis juin 2022.
Enfin, elle a érigée l’adoption aux forceps la semaine dernière d’une directive pour les travailleurs des plateformes, notamment portée par l’eurodéputée LFI Leïla Chaibi, de « victoire : c’est à ça que servent les eurodéputés Insoumis ! »
Et de garder une dernière pique pour le RN, qui caracole en tête des sondages : faisant état du peu d’activité parlementaire de Jordan Bardella, député européen qui n’a déposé que 21 amendements en cinq ans, elle s’est exclamée : « ce n’est pas le parti à la flamme nationale, mais le parti à la flemme nationale ! »




