Martin Schulz candidat à la chancellerie face à Merkel

Martin Schulz était proche de Jean-Claude Juncker. [European Parliament]

L’ancien président du Parlement européen a remporté l’investiture des sociaux-démocrates en Allemagne pour affronter Angela Merkel lors des élections fédérales de septembre prochain.

Lors d’une réunion interne le 24 janvier, le Parti social-démocrate (SPD) allemand a décidé que Martin Schulz, qui vient de quitter son poste de président du Parlement européen, serait le candidat à la chancellerie, et se retrouverait ainsi face à la chancelière actuelle, Angela Merkel. Le SPD fait partie du gouvernement de coalition mené par l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel.

Une décision qui étonne aussi bien à Berlin qu’à Bruxelles, où Sigmar Gabriel, actuel leader du parti et vice-chancelier, était pressenti pour affronter Angela Merkel lors du scrutin du 24 septembre. Cependant, la popularité en berne du vice-chancelier a eu raison de sa candidature.

Malgré une certaine hostilité au sein de son propre parti de centre droit, Angela Merkel jouit au contraire d’une popularité croissante et a annoncé en novembre qu’elle briguerait un quatrième mandat.

Un sondage réalisé en décembre par la chaîne publique ARD a ainsi révélé que 57% des Allemands sondés voteraient pour la chancelière en septembre. Martin Schulz et Sigmar Gabriel récoltaient quant à eux 37 et 16% des intentions de vote.

>> Lire : Le SPD doit choisir son candidat face à Merkel

Le vice-chancelier a reconnu sa baisse dans les sondages lors d’un entretien avec le magazine Stern et publié le 24 janvier. « Le parti doit croire en son candidat et le soutenir, et le candidat doit vouloir cette élection de toutes les fibres de son être. Ces deux critères ne s’appliquent pas assez à moi », a-t-il confié. « Si j’étais candidat, je perdrais, et le SPD perdrait. »

Les deux ans et demi de Martin Schulz à la présidence du Parlement européen se sont terminés la semaine dernière avec l’élection de son successeur, Antonio Tajani, du Parti populaire européen (PPE). Durant ce mandat, l’Allemand a fait de son mieux pour augmenter les pouvoirs du Parlement, notamment dans les négociations du Brexit. Il était proche du président de la Commission, Jean-Claude Juncker (PPE), avec qui il concluait des accords secrets, au détriment de son parti, selon ses détracteurs.

>> Lire : Schulz réclame plus de prérogatives pour le Parlement européen

Martin Schulz est eurodéputé depuis 1994. Avant cela, il possédait une librairie à Würselen, une ville proche d’Aix. Il n’avait jamais dévoilé d’ambitions politiques au niveau national jusqu’à sa démission du Parlement européen. « Dans ma vie politique, j’ai accompli plus que ce dont je n’ai jamais rêvé », avait-il déclaré lors d’une interview au printemps 2016, alors qu’on lui demandait s’il voulait remplacer Angela Merkel.

En novembre, il a annoncé vouloir démissionner de son poste au Parlement européen pour devenir député au Bundestag. Il avait alors été désigné comme candidat possible à la chancellerie ou aux Affaires étrangères. L’actuel ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier (SPD) devrait en effet devenir le prochain président de la République allemande, un rôle de représentation.

Lors du Forum de Davos la semaine dernière, Martin Schulz et Mark Rutte, Premier ministre néerlandais, ont eu un échange houleux sur l’avenir de l’UE. L’ancien président du Parlement a notamment averti le Néerlandais qu’il serait mal avisé de tenter d’imposer des politiques économiques aux autres États membres.

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