Facebook veut plus de transparence en matière de publicité politique

Facebook prévoit de nouvelles mesures pour encadrer la publicité politique [Shutterstock.com]

Facebook vient de prendre une série de mesures destinées à empêcher l’intervention de campagnes étrangères dans les élections nationales. Au grand dam de certains groupes politiques européens.

En prévision des européennes du mois de mai, les groupes politiques européens préparent leurs campagnes dans les États membres. Selon Richard Allan, l’un des responsables du réseau social américain, « les campagnes des partis seront uniquement autorisées dans les pays où ceux-ci ont des représentants ».

Une mesure déjà critiquée par les groupes politiques européens et notamment par le président de l’ALDE, Guy Verhofstadt, qui a déclaré au Financial Times que le projet allait « tuer le principe de la démocratie européenne ».

Facebook encadre la publicité politique en Europe

À l’approche des élections européennes, Facebook annonce que les publicités politiques payantes devront à l’avenir répondre à une série de nouvelles règles.

Facebook prévoit aussi que toute personne à l’origine d’une campagne renseigne son identité et son lieu de résidence en soumettant des documents et en passant par des vérifications en ligne. Selon Rob Leathern, directeur de la gestion de produits chez Facebook, la soumission de « documents d’identité » sera également nécessaire.  De plus, les annonces politiques sur les réseaux sociaux Facebook et Instagram dans l’UE devront comporter la mention « publicité payée par ».

Facebook veut « renforcer la transparence », et selon Richard Allan, ces dispositions contraindront désormais les annonceurs politiques « à rendre des comptes ».

Le contre-exemple de Britain’s Future

Ce qui n’a pourtant pas été le point fort du réseau social jusqu’à présent. Un obscur groupe pro-Brexit qui prônait un hard Brexit a récemment fait la Une des journaux pour avoir dépensé plus de 340 000 livres sterlings en publicité sur FB…

Bruxelles appelle les plateformes à agir face aux faux comptes

Pour respecter pleinement le code de conduite de la Commission, les plateformes vont devoir endiguer la propagation des faux comptes tout en donnant plus d’accès aux vérificateurs de faits.

Les chiffres de l’activité de « Britain’s Future » sur FB sont accessibles sur la plateforme de transparence politique, la Ad library. En revanche, aucune information précise sur l’organisation, notamment concernant sa composition, ses représentants ou fondateurs, n’est disponible.

Une situation qui serait désormais impossible selon Richard Allan. Le groupe Britain’s future ne sera toutefois pas soumis à ces nouvelles obligations à moins qu’une plainte ne soit déposée contre le groupe, auquel cas Facebook contraindrait l’utilisateur à donner plus de détails.

Ces nouvelles contraintes obligeront tous les annonceurs de publicité politique sur Facebook dans l’UE à partir de la mi-avril mais ne seront toutefois pas rétroactive.

L’une des mesures phares de l’UE a été la publication d’un Code de bonne conduite contre la désinformation ; un système volontaire d’autorégulation visant à endiguer la propagation d’infox sur la toile. Les signataires au code incluent notamment Facebook, Google et Twitter. Les mesures de la Commission pour empêcher les infox englobent différents aspects, et visent notamment à lutter contre les faux comptes et les robots, à améliorer la transparence de la publicité politique ou à permettre aux utilisateurs de signaler des infox.

Bruxelles tâcle les plateformes en ligne sur la désinformation

À l’approche des élections européennes, l’agence européenne de cybersécurité appelle à des lois nationales contre les fake news, alors que la lutte des plateformes contre la désinformation demeure lacunaire.

 

L’UE s’est dite peu satisfaite des efforts effectués par les plateformes pour respecter le Code de bonne conduite. Dans un premier rapport, le commissaire à la sécurité, Julian King, avait qualifié les rapports des plateformes de « incomplets et opaques ». Depuis lors, les plateformes ont pris plus de mesures, mais la Commission en demande plus, et particulièrement pour la lutte contre les robots et les faux comptes.

« Une plus grande quantité d’informations systématiques est nécessaire pour que la Commission puisse évaluer l’action des plateformes dans la gestion des publicités en ligne et comprendre l’efficacité des mesures visant à contrer les robots et les faux comptes », selon une déclaration de la Commission ayant suivi la publication du dernier rapport de conformité.

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