Les négociations de coalition avancent à pas de fourmis en Allemagne

Les négociations débutent doucement en Allemagne. [EPA-EFE/OMER MESSINGER]

Le premier cycle des négociations de coalition, sur la politique sociale, ont permis aux partis de tâter le terrain. Les sujets de consensus sont rares. Un article d’Euractiv Allemagne.

Le mécontentement sur le fonctionnement de la retraite, de la santé ou des affaires sociales a joué un rôle clé dans les élections allemandes. Mais sur le terrain, les partis peinent à trouver un consensus sur ces sujets, dont dépend la future coalition « Jamaïque » (entre les Verts, le CDU et le centre du FDP).

L’un des participants à ces discussions a indiqué qu’il y a eu une « très, très petite clarification préliminaire » : les partis se limiteraient à parler des questions les plus urgentes. Pourtant, même ces ambitions a minima ont donné lieu à des discussions tendues, pour déterminer une interprétation claire de chaque point.

« Érosion » du salaire minimum

Cela a notamment été le cas de l’engagement pourtant modeste sur le salaire minimum, souscrit à l’avance par les quatre partis. Dès le lendemain de l’élection, Simone Peter, qui dirige le parti écologiste, a été forcée de préciser de son parti ne pourrait accepter une « érosion » du salaire minimum, que ce soit par la restriction de la comptabilité des heures travaillées, ou par un affaiblissement de la loi sur le temps de travail.

Une intervention qui n’a pas été vue d’un très bon œil par le parti libéral, le FDP. Johannes Vogel, spécialiste du marché du travail, a répliqué en assurant que Simone Peter n’était pas présente lors des discussions sur le travail et les affaires sociales. Il faut « adapter les règles à l’ère numérique, alors qu’elles ne couvrent plus les besoins de millions d’employés en termes d’auto-entreprenariat et d’organisation flexible des heures de travail », insiste-t-il.

Les participants aux négociations ont également abordé « à raison, la manière dont la méfiance de la bureaucratie à l’encontre des artisans et PME peut être réduites ».

Contribution à la sécurité sociale

L’objectif de stabilisation de la contribution à la sécurité sociale a été salué par le FDP et les spécialistes économiques du CDU/CSU.

Une déclaration à laquelle le parti écologiste a immédiatement réagi, assurant que « cela fonctionnerait uniquement si l’assiette de cotisation est également étendue ». Selon ses membres, cela passerait par des contributions additionnelles, issus d’autres sources, comme les taxes sur les loyers ou les investissements en capitaux, par exemple.

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Objectifs communs : amélioration des conditions de travail dans la santé

Il existe cependant des objectifs moins controversés, comme la volonté de réduire les contributions minimales des indépendants dans les assurances santé.

« Nous sommes unis dans la volonté d’améliorer considérablement les conditions de travail des soins infirmiers pour les personnes âgés et les malades », écrivent-ils dans leur document de trois pages qui résume l’issue du premier cycle des négociations. Ils soutiennent par ailleurs que « quelqu’un qui a travaillé plus longtemps et a fait preuve de prévoyance devrait recevoir plus qu’une sécurité de base en vieillissant. »

Reste à savoir comment cela peut être mis en place. Deux modèles sont proposés : plus d’allocations de base ou une retraite garantie, ou encore une combinaison des deux.

Abolition de la retraite à 63 ans pas abordée

Cet aspect devait être abordé au sein d’une commission retraite, comme l’indique le document, mais l’idée a tout de suite été abandonnée. Selon l’un des négociateurs, des progrès peuvent être réalisés dans trois domaines : la retraite, la lutte contre le chômage de long terme et l’élimination des besoins liés à la santé.

Alliance entre le CSU et les Verts ?

Cem Özdemir, chef de file des Verts considère qu’une alliance avec le CSU est possible sur les enjeux sociaux. Des résultats concrets pourraient être atteints dans le domaine de la santé. Il y a une volonté de « s’attaquer à des enjeux ensemble », indique le document.

Les demandes concernent particulièrement les soins d’urgence et l’amélioration de la situation obstétrique. Le problème réside surtout dans le fardeau financier que représente l’assurance responsabilité des sages-femmes.

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