Les conservateurs allemands se préparent à une forte participation de l’extrême droite aux élections régionales

Le dernier sondage réalisé pour le radiodiffuseur ZDF prévoit que l’AfD obtiendra 23 % des voix en Saxe-Anhalt lors du scrutin de dimanche, qui a lieu un peu plus de trois mois avant les élections nationales de septembre. [EPA-EFE/FRIEDEMANN VOGEL]

Les conservateurs allemands se préparent à ce qui risque d’être un résultat brutal lors des élections régionales de dimanche dans l’État oriental de Saxe-Anhalt, les sondages indiquant que l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite, devrait obtenir plus d’un cinquième des voix.

Le dernier sondage réalisé pour le radiodiffuseur ZDF prévoit que l’AfD obtiendra 23 % des voix en Saxe-Anhalt lors du scrutin de dimanche, qui a lieu un peu plus de trois mois avant les élections nationales de septembre.

Le soutien aux démocrates-chrétiens (CDU) de la chancelière allemande Angela Merkel s’est renforcé ces derniers jours, plaçant les conservateurs à 30 %, contre 25 % à la fin du mois de mai.

S’il semble que la CDU sera à nouveau le plus grand parti, un tel résultat risque de donner des maux de tête au chef du parti, Armin Laschet, qui est le candidat du parti pour remplacer Mme Merkel au poste de chancelier après les élections, lorsqu’elle quittera ses fonctions après 16 ans à la tête du pays.

La formation d’un gouvernement de coalition sans le parti d’extrême droite, dont la collaboration reste strictement taboue pour tous les partis, ne sera pas facile.

Une situation similaire a secoué la CDU dans l’État oriental de Thuringe en 2020, suscitant l’indignation et entraînant finalement la démission du successeur préféré de Mme Merkel, l’ancienne chef du parti CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer.

Sa chute est intervenue après qu’elle a été accusée de ne pas avoir empêché la CDU de Thuringe de voter avec l’AfD pour élire Thomas Kemmerich, du parti libéral Freie Demokraten (FDP), au poste de gouverneur de l’État, brisant ainsi le tabou de la coopération avec l’extrême droite.

M. Laschet, qui s’est assuré le rôle de candidat au poste de chancelier à l’issue d’une lutte acharnée avec le premier ministre bavarois Markus Söder, chef de la CSU, le parti frère de la CDU dans le sud de l’Allemagne, semble lui aussi sur la sellette.

Le gouverneur sortant de la CDU en Saxe-Anhalt, Reiner Haseloff, a d’ailleurs soutenu M. Söder, et non M. Laschet, pour le poste de leader, le leader bavarois ayant signalé en privé qu’il n’avait pas totalement abandonné ses chances de briguer le poste suprême après le départ de Mme Merkel.

Le parti régional de M. Haseloff, la CDU, est talonné depuis 2016 par l’AfD, parti d’extrême droite qui a fait son entrée au Parlement pour la première fois avec 24 % des voix.

L’enjeu est de taille pour les partis de Saxe-Anhalt, l’objectif étant de maintenir l’AfD hors du gouvernement. Les sondages récents montrent que l’AfD est susceptible de revenir en deuxième position, avec une petite chance d’obtenir la plus grande part des votes – un résultat qui serait un bouleversement explosif pour M. Laschet.

La CDU espère pouvoir poursuivre sa coalition régionale actuelle avec les sociaux-démocrates (SPD) et les Verts, bien qu’elle ait été turbulente par moments.

Cependant, selon le résultat, il pourrait y avoir une dynamique qui rendrait une coalition avec l’AfD tentante pour la CDU, a déclaré Martin Machowecz, chef du bureau du Zeit à Leipzig et rédacteur en chef du magazine Zeit im Osten.

Ce sondage régional intervient un peu plus de trois mois avant les élections nationales prévues pour le 26 septembre.

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