Elmar Brok éjecté de la course aux élections européennes

Elmar Brok [EPA/OLIVIER HOSLET]

La CDU du Land allemand de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a retiré son soutien à un eurodéputé chevronné, Elmar Brok.  Après 39 ans passés au Parlement européen, l’élu n’est pas sur une liste. Un article d’Euractiv Allemagne.

Pour bon nombre d’Allemands, Elmar Brok, vétéran de la politique de 72 ans, est le visage le plus connu du Parlement européen. Ainsi, l’échec de l’eurodéputé le 7 janvier de réunir suffisamment de soutien auprès de la direction de la CDU dans son Land natal pour être candidat aux élections européennes est pour le moins surprenant.

Selon un journaliste du quotidien Die Welt, seuls 17 membres de la direction de la CDU dans cet État allemand ont voté pour qu’Elmar Brok brigue un nouveau mandat, et 20 membres ont voté contre.

Le résultat du vote du comité de la CDU dans la Rhénanie-du-Nord-Westphalie n’est toutefois pas définitif. Il s’agit seulement d’une suggestion pour l’assemblée représentative nationale le 26 janvier. Elmar Broke pourrait donc à nouveau se faire une place sur la liste. À ce jour, il n’a pas déclaré qu’il se présenterait. « Le vote est seulement une suggestion », a-t-il toutefois souligné.

À l’origine, Elmar Broke se situait en quatrième position dans la liste et recevait le soutien du ministre-président du Land, Armin Laschet. Toutefois, dans un souci de « changement générationnel », Elmar Broke a voulu se présenter en tant que sixième candidat sur la liste, ce qui lui garantissait de bonnes chances d’être choisi.

Pendant le vote, l’eurodéputé allemand n’a pas réussi à obtenir le soutien des huit présidents de districts et a perdu face à Stefan Berger. « Je regrette le fait que, en renonçant, il a déclenché une dynamique qui s’est finalement retournée contre lui », a déclaré Armin Laschet à propos du résultat du vote.

Elmar Brok accuse Macron de vouloir affaiblir le Parlement européen

Exclusif. Emmanuel Macron souhaite « affaiblir » le Parlement européen en s’opposant au système des « Spitzenkandidaten », a prévenu Elmar Brok, eurodéputé influent du Parti populaire européen dans une interview avec Euractiv.

Selon la chaine publique régionale WDR, le vice-président de la CDU en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Ralph Brinkhaus, s’est dit déçu du résultat. « Nous allons examiner de très près comment gérer cette question. »

En revanche, Ina Scharrenbach, présidente de la CDU de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a été moins surprise et a parlé d’une procédure normale pour dresser la liste des candidats.

Cela pourrait signifier qu’après 39 ans au Parlement, la carrière influente d’Elmar Brok dans la politique européenne touche à sa fin.

Elmar Brok représente les démocrates-chrétiens allemands au Parlement européen depuis 1980 et est donc le seul député européen présent depuis les premières élections européennes en 1979. Il est considéré comme appartenant à la vieille garde et entretient des relations étroites avec Angela Merkel et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.

En tant que président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, poste qu’il a occupé pendant 13 ans, de manière non continue, Elmar Brok a été activement impliqué dans la résolution de la situation en Ukraine.

Au cours de sa longue carrière, Elmar Brok a participé à la préparation des traités européens de Maastricht, d’Amsterdam, de Nice et de Lisbonne. Il est également coordinateur du Brexit pour son groupe parlementaire conservateur, le Parti populaire européen (PPE).

« L’idée selon laquelle l’UE ne peut plus avancer sans changement de traité est fausse »

Les changements de traités européens sont laborieux et s’accompagnent d’une grande incertitude. Le Parlement européen travaille sur un rapport d’initiative qui vise à évaluer quelles réformes seraient possibles sans modification du traité. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Le départ potentiel d’un collègue de longue date n’est certainement pas passé inaperçu à Bruxelles. Néanmoins, les réactions aux événements survenus en Allemagne ont été modérées.

Interrogés par Euractiv, les eurodéputés à Bruxelles n’ont pas voulu commenter les questions internes de la CDU. Cependant, les cercles parlementaires ont déclaré que son absence serait une perte tant pour Bruxelles que pour Berlin.

L’opposition à Berlin a été assez surprise. « Malgré toutes nos divergences, c’est une perte pour le Parlement européen », a déclaré Franziska Brantner, ancienne eurodéputée verte.

C’est pour elle « un mystère » que la CDU de Rhénanie-du-Nord-Westphalie ne veuille plus d’Elmar Brok, l’un des plus ardents défenseurs pro-européens, même s’il « contrariait parfois les gens ».

Reste à savoir, selon elle, si l’eurodéputé allemand a été rejeté pour des raisons d’âge. « Il faut qu’il y ait un mélange de jeunes et de vieux. Il n’a pas besoin d’être le Spitzenkandidat. »

« Ce serait une perte pour le Parlement européen », a quant à lui tweeté Sven Giegold, porte-parole de l’Alliance 90/Les Verts. « Elmar Brok est un riche bagage d’expérience en politique européenne pour la CDU. Malgré toutes nos divergences politiques, ce serait un affaiblissement regrettable des pro-européens. »

Le scrutin européen frappé d’une crise de jeunisme

Pour enrayer leur perte de crédibilité, les partis français envisagent des candidats de plus en plus jeunes pour les représenter. Une stratégie qui risque de peser sur l’influence française déjà affaiblie.

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe