Glucksmann préfère Magnette à Timmermans

Raphael Glucksmann EPA-EFE/CAROLINE BLUMBERG

La liste issue de l’union de Place publique et du Parti socialiste veut se démarquer des sociaux-démocrates en insistant sur l’écologie.

Ses chances d’être élues sont modestes : la liste Place Publique PS, a aujourd’hui 4 chances sur 10 de ne pas avoir d’élu au Parlement européen, faute de passer la barre des 5 % de bulletins de vote.

Pourtant, Raphaël Glucksmann, à la tête de la liste d’union, ne se laisse pas décourager par les sondages. « Je ne crois pas une seconde à l’hypothèse qu’on ait pas d’élus » a-t-il affirmé lundi 6 mai lors d’une rencontre avec l’association Europresse lors de laquelle le candidat a déroulé un programme misant sur la rencontre entre le social et l’écologie.

Un projet qui met la barre à gauche

Un projet qui met la barre nettement à gauche par rapport au groupe actuel des sociaux-démocrates, dans lequel l’essayiste ne se reconnait pas forcément.

« Nous avons besoin d’un candidat qui représente à la fois la gauche et les Verts, comme le Belge Paul Magnette » avance-t-il, en prenant ses distances avec le candidat officiel du Parti socialiste européen à la présidence de la Commission, le très libéral Frans Timmermans. Le mécanisme des Spitzenkandidaten a décidément du plomb dans l’aile. A droite, Manfred Weber est contesté. Timmermans l’est aussi aussi chez les socialistes et les centristes n’ont pas présenté de candidats unique, préférant miser sur une « team europe ». Si les autres partis jouent le jeu, ils ont peu de chance de convaincre une majorité.

Pour la liste d’union Place publique/PS, la gauche libérale a échoué, et sévèrement, pour n’avoir pas pris  en compte les enjeux sociaux. Les socialistes français ne souhaitent pas de coalition avec la droite comme ce fut le cas lors de la première partie du dernier mandat. « La social-démocratie a vu la mort en face, il faut le reconnaître. Et on a bien trop de problèmes de fond pour envisager un accord avec l’extrême-gauche » assure le candidat.

Autrefois marié avec Eka Zgouladze, qui fut vice-ministre de l’intérieur de Géorgie puis d’Ukraine entre 2014 et 2016, le candidat a à cœur de défendre l’Europe, y compris sous ses aspects peu populaires.

« On veut un impôt européen, et plus de fonctionnaires européens. C’est kamikaze électoralement, mais c’est notre idée de l’Europe : nous sommes viscéralement pro-européens » assure celui qui dit avoir vu des citoyens ukrainiens s’accrocher au drapeau européen malgré des tirs de snipers dans les rues de Kiev.

L’Europe au coeur

Si le drapeau européen est un symbole pour lequel on peut mourir, Raphaël Glücksmann vise, lui, «le cœur du réacteur : le Parlement européen ». Parce que l’Europe est, selon lui, le seul échelon qui permette de préserver le futur

Il souhaite y travailler sur la question de l’éducation, qu’il juge comme François-Xavier Bellamy cruciale au sein du projet européen, ou encore l’agriculture, le social et l’écologie.

Il défend d’ailleurs le bilan du groupe S&D sortant, dont les votes sur les questions de l’écologie, de la pêche et du climat se sont peu à peu infléchis vers plus d’écologie sur la seconde partie de la mandature.

Parmi les 119 idées de son programme de campagne, le candidat insiste sur une banque européenne du climat qui puisse répondre à l’urgence climatique, notamment en finançant la rénovation thermique des logements, à hauteur de 400 milliards d’euros par an.

Sur les enjeux sociaux, le PS et Place publique veulent un fond qui permettent les reconversions plus facilement sur le modèle de ce qui se passe en Allemagne, où les travailleurs sont envoyés en formation plutôt que licenciés, et soutiennent aussi l’idée qu’un salaire minimum soit imposé dans tous les pays européens, ce qui est loin d’être le cas.

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