Les Verts posent leurs conditions à la nomination de Von der Leyen

Ska Keller, co-présidente des Verts/ALE au Parlement européen. [EPA-EFE/PATRICK SEEGER]

Les Verts ont défini leurs conditions pour approuver la nomination d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne. La candidate a débuté sa campagne auprès des groupes politiques, avant le vote clé du Parlement la semaine prochaine.

Ska Keller et Philippe Lamberts, co-présidents du groupe Verts/ALE au Parlement européen, ont rencontré Ursula von der Leyen le 8 juillet et ont posé leurs conditions à son élection : un engagement véritable envers la protection du climat, des sauvetages en mer Méditerranée, et la refonte du processus de Spitzenkandidat.

La ministre allemande est « une femme politique très compétente mais de mon point de vue, ce n’est pas suffisant pour être présidente de la Commission », a déclaré Ska Keller a l’issue de sa rencontre avec Ursula von der Leyen.

Face aux journalistes, elle a qualifié leur rencontre d’«échange très sympathique », mais a assuré qu’il était trop tôt pour décider si son parti allait se rallier derrière Ursula von der Leyen. « Mais une réunion sympathique ne veut pas dire que vous allez voter pour cette personne, n’est-ce pas ? Pour nous, tout dépend du programme, du contenu », a-t-elle ajouté.

Les Verts détiennent 74 des 751 sièges du Parlement européen, ce qui fait d’eux la quatrième force politique du nouveau Parlement européen. Au sein même de ce groupe, ce sont les verts allemands qui sont les plus nombreux avec 21 eurodéputés.

Le Parlement européen est censé approuver la nomination d’Ursula von der Leyen le 16 juillet prochain, mais rien n’est moins sûr. L’Allemande est donc à la recherche de soutien cette semaine à Bruxelles.

La semaine dernière, les groupes politiques au Parlement ont reproché aux dirigeants européens d’avoir choisi la liste de noms pour les postes clés de l’UE dans le plus grand secret, laissant ainsi planer la possibilité d’un conflit entre les deux institutions.

Pour être élue, Ursula von der Leyen doit obtenir la majorité absolue, c’est-à-dire les voix d’au moins 376 eurodéputés. Les socialistes, notamment les membres du SPD allemand, se montrent toutefois fortement réticents à l’idée de l’élire, transformant ainsi les Verts en de potentiels faiseurs de rois.

Les Verts, grands laissés pour compte du mercato européen à cause de l’absence de gouvernement vert au Conseil européen, veulent mettre l’écologie au cœur du prochain mandat législatif.

Mais pour ce faire, « des Verts doivent être à des postes d’exécution », soutient Ska Keller.

Postes clés de l’UE : les gagnants et les perdants

La répartition des différents postes à responsabilité au sein des institutions européennes doit prendre en compte un délicat équilibre entre l’origine géographique et politique. Un exercice dans lequel certains s’en sont mieux sortis que d’autres.

La semaine dernière, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a déclaré aux eurodéputés à Strasbourg qu’il soutenait une candidature verte à un poste de la Commission européenne. « Je  suis convaincu qu’une coopération avec les Verts et leur présence dans le processus décisionnel de l’UE seront bénéfiques non seulement pour la coalition au pouvoir mais pour l’Europe dans son ensemble. »

Il a ensuite promis « d’encourager tous mes partenaires à impliquer les Verts dans les nominations » et a dit espérer que « Ursula von der Leyen entende aussi mon appel ».

Les discussions entre cette dernière, Ska Keller et Philippe Lamberts n’ont pas tourné autour d’une « proposition de programme spécifique », « cela viendra plus tard », estime Ska Keller, avant d’ajouter que la question du sauvetage en mer était essentielle pour son groupe. « Il est pour nous inacceptable que nous laissions des gens se noyer dans la Méditerranée sans rien faire. »

Processus de Spitzenkandidaten

Ska Keller a aussi vivement condamné le fait que le processus de Spitzenkandidaten ait été contourné pour nommer Ursula von der Leyen. « Maintenant on se retrouve dans une situation où le Conseil européen propose un nom que personne n’avait même envisagé […] pour nous c’est un gros problème car c’est un pas en arrière pour la démocratie. »

L’essor discret d’Ursula von der Leyen

La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, fait figure de compromis pour la présidence de la Commission européenne. Si elle rassemble sur la scène politique européenne, elle est peu connue en dehors d’Allemagne où sa carrière a souvent été jalonnée de scandales.

Avant la réunion du groupe des Verts avec la candidate, l’eurodéputé vert allemand Sven Giegold, a posé d’autres conditions : avant l’élection, les droits du Parlement européen devront être renforcés, a-t-il réclamé.

Dimanche 7 juillet, le coprésident du Parti Vert Européen, Reinhard Bütikofer, a proposé de reporter le vote sur la nomination d’Ursula von der Leyen au mois de septembre. Pour lui, le temps ne presse pas.

« Nous ne voyons pas pourquoi nous devrions voter pour elle, nous voulons voir des propositions très concrètes […] nous ne les avons pas vues aujourd’hui, nous sommes prêts à attendre et voir », a expliqué Ska Keller aux journalistes.

Ursula Von der Leyen doit rencontrer l’ensemble du groupe des Verts pour une audience dans le courant de la semaine afin d’obtenir l’approbation finale avant la prochaine session parlementaire.

Mardi 9 juillet, elle doit s’entretenir avec le groupe CRE et mercredi avec les socialistes et le groupe libéral Renew Europe. Elle rencontrera également le président nouvellement élu du Parlement, David Sassoli.

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