Le tandem Ska Keller-Bas Eickhout s’apprête à représenter les Verts européens

Les Verts au European Green Lab à Madrid. [European Greens / Flickr]

Les Verts européens réunis à Berlin se sont choisis deux têtes de listes pour mener la campagne des élections européennes. Ils proposent plus de justice sociale et une transition équilibrée vers une économie zéro émission.

Ska Keller et Bas Eickhout ont été élus Spitzenkandidaten lors du congrès des Verts à Berlin le weekend du 23 novembre, où près de 100 délégués verts de tout le continent se sont réunis pour voter et définir les 12 priorités de leur manifeste pour les européennes de mai 2019.

« Ska et moi, nous appartenons à une nouvelle génération de politiques européens », a déclaré Bas Eickhout. « Nous ne remettons pas en question l’utilité de l’Union européenne, mais nous voulons aller de l’avant. La politique économique et sociale de l’UE doit changer radicalement, et c’est ce que nous défendons. »

L’eurodéputé néerlandais a pris pour exemple le tout nouveau manifeste des Verts, qui mise beaucoup sur l’économie : « Quand on regarde les douze points du manifeste, on perçoit un projet industriel. Il y a vingt ans, une telle chose n’aurait pas paru logique aux yeux des Verts, mais maintenant c’est différent. »

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Projet social

Pour Ska Keller, c’est le social qui prime dans ce manifeste. Il contient en effet « des mesures très spécifiques pour atteindre les objectifs sociaux » des Verts, comme le verdissement des infrastructures de développement, et la promotion des technologies numériques et propres.

Ils exigent également l’instauration d’un « revenu minimum décent » et d’une législation européenne sur les minima sociaux.

L’eurodéputée allemande, qui a déjà tenté sa chance à la présidence de la Commission en 2014, a également exprimé sa stupeur quant au fait d’être la seule femme Spitzenkandidat pour les européennes 2019.

« En 2014, j’étais déjà la seule femme, et je pensais sincèrement que les autres partis en prendraient de la graine », s’est-elle souvenue. « Il se trouve que non. Il est temps de voir plus de femmes à ces postes. »

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Pas assez de points communs avec Macron

Une alliance avec En Marche, le parti d’Emmanuel Macron qui veut entrer au Parlement en mai, a été envisagée. Toutefois, les objectifs sociaux, environnementaux et économiques des Verts rendent invraisemblable toute coopération. Les deux Spitzenkandidaten sont pour le moins sceptiques.

« Nous nous battons pour un système d’imposition plus juste, ce qu’on ne voit pas du tout dans la politique libérale d’Emmanuel Macron », estime Bas Eickhout, tout en admettant que les deux partis pouvaient s’entendre sur de nombreux points, et que les Verts seraient prêts à coopérer. « Il y a néanmoins des disparités sur le plan de la politique sociale. Macron entretient le statu quo, ce qui contribue à creuser encore les inégalités dans notre société. »

Ska Keller est elle aussi opposée à une alliance avec La République En Marche. « Sur le plan économique, nous avons une politique très différente de celle des libéraux de l’ALDE », explique-t-elle. « Et quand on regarde ce que fait Emmanuel Macron en France, côté écologie, c’est le vide, et côté social, c’est l’opposé de ce que nous demandons. »

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Franziska Brantner, porte-parole des Verts pour les affaires européennes au Bundestag allemand, a bon espoir que même sans adhérer à un mouvement progressiste formel, les Verts contribueront à l’avancée du projet progressiste à Bruxelles.

« Nous devons montrer que les partis progressistes ne sont pas tous les mêmes, et qu’il n’y a pas besoin de se tourner vers les partis populistes pour aller vers le changement », souligne-t-elle. « Je pense que la fin de la grande coalition entre le PPE [Parti populaire européen] et le S&D [parti social-démocrate européen] pourrait revitaliser le Parlement. »

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