Italie: Le retour de Berlusconi au pouvoir [FR]

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Silvio Berlusconi a largement remporté les élections législatives en Italie et accède ainsi au pouvoir pour la troisième fois en presque 15 ans de vie politique. Au sein de la coalition de droite (PDL – Le Peuple de la liberté), le parti xénophobe, la Ligue du nord, a réalisé un très bon score.

Un des résultats les plus flagrants de ces élections est la défaite totale de la coalition de gauche qui comprend les communistes et les Verts. Ils n’ont pas été capables dépasser les seuils fixés pour siéger au Sénat et à la Chambre des députés et, par conséquent, vont disparaître du Parlement pour la première fois depuis la chute du fascisme.

La deuxième plus grande force politique du pays, la coalition de centre-gauche dirigée par Walter Veltroni, est devancée de loin par M. Berlusconi dans les deux chambres du Parlement. Cependant, l’ancien maire de la ville de Rome a largement été reconnu comme l’élément déclencheur qui a permis de triompher de la fragmentation excessive du système politique italien.

En fusionnant son parti les Démocrates de gauche avec d’autres forces politiques de centre-gauche, il a créé le Parti démocrate et a provoqué une vague d’autres fusions politiques avant les élections. Par conséquent, au sein du nouveau Parlement, le nombre de partis a considérablement baissé, rapprochant l’Italie des normes européennes.

La nette victoire de M. Berlusconi lui permet d’assurer une majorité confortable dans les deux chambres du Parlement italien, y compris le sénat dont l’équilibre extrême des forces s’est avéré un obstacle trop grand pour l’ancien gouvernement dirigé par Romano Prodi. Le parti la Ligue du nord de Umberto Bossi a fortement contribué au succès de la coalition de droite dont l’assise électorale a considérablement augmenté.

M. Berlusconi a bien fait comprendre que le nombre de ministres passera de 26 à 12. Le vice-président de la Commission européenne en charge des Affaires intérieures et de la Justice, Franco Frattini, devrait retrouver le portefeuille des affaires étrangères qu’il avait géré pendant l’ancien mandat de M. Berlusconi entre 2002 et 2004. 
M. Berlusconi a déclaré hier soir que le nouveau gouvernement devra en priorité s’atteler au dossier de la crise des ordures dans la région de la Campanie et de la privatisation de la compagnie aérienne Alitalia en faillite.

Le ministre en charge de l’Economie, Giulio Tremonti qui a été reconduit, s’est à plusieurs reprises montré en faveur de l’introduction de nouvelle barrières commerciales afin de protéger les industries et les travailleurs européens. Cette position pourrait rapidement l’amener à s’opposer à la Commission européenne qui a des idées plus libérales.

Après les élections, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a appelé M. Berlusconi et M. Prodi. Il a félicité le nouveau Premier ministre et a déclaré qu’il était certain qu’il pourrait compter sur l’Italie pour entamer les réformes nécessaires pour faire face aux défis de la mondialisation, comme l’a affirmé son porte-parole.

En ce qui concerne le remplacement de Franco Frattini, le porte-parole de M. Barroso a déclaré qu’aucune date limite n’avait été fixée dans le traité, ce qui signifie qu’il doit donc être organisé aussi rapidement que possible. 

Joseph Daul, président du groupe du parti populaire au Parlement européen (PPE-DE), a exprimé sa profonde satisfaction suite aux résultats des élections législatives en Italie. Il a déclaré qu’il saluait chaleureusement Silvio Berlusconi concernant la victoire très nette du PDL et du MPA. En exprimant un très large vote de confiance au PDL, les Italiens ont choisi le changement, a-t-il déclaré.

Cependant, Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti des socialistes européens (PSE), a déclaré que le retour de M. Berlusconi au pouvoir n’offre de l’espoir ni pour l’Italie, ni pour l’Europe. D’après lui, la référence de M. Berlusconi à un dialogue avec l’opposition au sujet des réformes est un signe légèrement encourageant, a-t-il déclaré en ajoutant qu’un gouvernement dépendant de la Ligue du nord, le parti extrémiste, est une perspective alarmante et n’apportera rien de bon à la réputation de l’Italie au niveau international.

Graham Watson, président des libéraux démocrates au Parlement européen (ALDE) espère que M. Berlusconi fera bon usage de sa troisième opportunité après ses deux premiers échecs en tant que Premier ministre italien.

Brian Crowley, co-président du groupe UEN (Union pour l’Europe des Nations) au Parlement européen, a souhaité féliciter ses collègues italiens de la Alleanza Nazionale et de la Lega Nord pour leur « splendide » victoire en Italie. Il a affirmé que le groupe était certain que la grande majorité obtenue par le centre droit grâce aux votes des Italiens marque le début d’une nouvelle saison politique qui apportera la stabilité et le développement en Italie.

Suite à la chute prématurée de la coalition centre-gauche dirigée par Romano Prodi (EURACTIV 25/01/08), les Italiens ont été appelés à élire un nouveau gouvernement le 13 et 14 avril derniers.

La victoire de Silvio Berlusconi marque son quatrième mandat en tant que Premier ministre italien. Il a remporté les élections une première fois en 1994 mais son gouvernement a tenu moins de deux ans en raison de nouvelles poursuites juridiques à son encontre qui ont provoqué la défection de ses alliés principaux.

Il a largement remporté les élections à nouveau en 2001. Il a commencé son troisième mandat en 2005 lorsque les mauvais résultats de sa coalition aux élections locales l’ont forcé à remanier son gouvernement et à créer un nouvel exécutif.

Romano Prodi s’est avéré être le seul homme politique italien capable de le battre. En effet, à chaque affrontement électoral entre M. Berlusconi et l’ancien président la Commission européenne, c’est ce dernier qui l’a emporté (en 1996 et 2006). Cependant, des guerres intestines ont à chaque fois fait tomber son gouvernement.

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