Jean-Claude Juncker dresse son bilan et concède deux erreurs

Jean-Claude Juncker [Parlement européen]

À trois semaines du scrutin européen, le président de la Commission estime que l’Europe va mieux qu’à son arrivée en 2014, mais il regrette d’avoir fait profil bas lors du référendum du Brexit. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

En pleine crise de la zone euro, et à la veille d’une crise migratoire, l’arrivée de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, avait eu lieu dans un climat de gravité, en 2014. Lui-même n’avait-il pas déclaré que, pour sauver l’Europe, c’était la Commission «de la dernière chance »? En détaillant son bilan, hier à Bruxelles, la question était dans tous les esprits. L’Europe est-elle sauvée?

« Le chômage a baissé […], la croissance et l’investissement sont revenus. Nous allons mieux qu’en 2014 », s’est félicité Jean-Claude Juncker. En se reconnaissant un succès: « Avoir gardé la Grèce au sein de l’UE.»

Et deux erreurs. La première? « Avoir tardé à répondre au scandale Luxleaks», qui a révélé le dumping fiscal du Luxembourg en faveur de multinationales et au détriment de ses partenaires européens. Lui qui fut pendant vingt ans un Premier ministre luxembourgeois très zélé à attirer la finance européenne…

Deuxième erreur : son silence durant la campagne référendaire du Brexit, en 2016. « J’ai écouté M. Cameron [alors Premier ministre conservateur britannique], il m’avait dit de ne pas intervenir dans la campagne, a dit Juncker. Nous aurions été les seuls à contredire les mensonges proférés. » Dans le même esprit, il a mis en garde, hier, les Européens sur le

risque d’un paysage continental bouleversé, « si chacun vote extrémiste dans son coin ».

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Bataille pour la succession

Au bilan de la gestion Juncker, il faut ajouter le fameux plan Juncker d’investissement, qui a drainé 392 milliards d’euros et contribué à réduire le chômage; la réduction de moitié des normes produites au niveau législatif; la protection des données personnelles sur le numérique…

« Mais les espoirs qu’on avait avec un Européen aussi convaincu ont été bridés par la contagion du nationalisme, regrette l’éditorialiste italienne Adriana Cerretelli. On reprochait à Barroso d’être un laquais, Juncker aura été dépendant de l’Allemagne comme en témoigne l’affaire Selmayr. » Martin Selmayr, ancien bras droit de Jean-Claude Juncker, qui s’est fait nommer en force secrétaire général de la Commission, en dépit des règles habituelles.

Au final, le Luxembourgeois ne s’est pas opposé suffisamment aux égoïsmes nationaux. Sur les deux grandes crises (zone euro et migrations), les États ont réduit la marge de manœuvre de la Commission, donc la part de solidarité. La bataille pour la succession commence dès demain au sommet européen de Sibiu, en Roumanie. Entre États.

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