Juncker fustige les «populistes stupides»

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à la session d'ouverture de la Semaine européenne des régions et des villes, le 8 septembre dernier. [European Commission]

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, espère une Europe solidaire et unie contre l’extrême droite.

La montée du nationalisme, du populisme et de l’extrême droite risque de façonner l’agenda politique de l’UE avant les élections européennes de mai 2019, et pourrait se répercuter sur les négociations du budget des sept années à venir.

En présence de centaines de représentants régionaux et locaux réunis à Bruxelles, Jean-Claude Juncker a insisté sur la nécessité de faire la distinction entre « les eurosceptiques qui questionnent et ont des opinions à formuler, et les populistes stupides ».

« En Europe, il y a un nombre croissant d’eurosceptiques qui promeuvent leurs idées. Nous devrions dialoguer avec eux », a suggéré le Luxembourgeois. « On ne construira pas l’Europe contre les nations et les régions. »

Les eurosceptiques s'installent au pouvoir en Italie

Le premier gouvernement d’alliance entre un jeune mouvement antisystème et un parti d’extrême droite doit prêter serment le 1er mai à Rome, sous la direction de Giuseppe Conte, novice en politique, qui a promis une politique anti-austérité et sécuritaire.

« L’Europe ne se limite pas à Bruxelles et Strasbourg ! » a-t-il martelé. « C’est aussi chaque ville, chaque région européenne. »

Jean-Claude Juncker a rappelé que nombre de problématiques européennes faisaient fi des frontières, comme le changement climatique. Problématiques que les États membres ne peuvent pas surmonter tout seuls. Et là, a souligné le chef de l’exécutif de l’UE, villes et régions ont un rôle clé à jouer.

« On n’arrivera à rien sans coopération et cohésion » a-t-il prévenu. Pour illustrer la nécessité d’une action supranationale européenne, il a notamment évoqué les satellites Galileo, les négociations avec l’Afrique pour réduire les flux migratoires ou encore le changement climatique.

« Les villes et régions sont nos alliées les plus précieuses » a confirmé Corina Crețu, commissaire chargée de la politique régionale. « La politique de cohésion n’est pas seulement un investissement, c’est une politique de solidarité. »

En coulisse, la bataille pour le climat fait rage

Les projets climatiques à long terme de l’Europe sont mis en danger par les désaccords entre Etats membres et la peur de mener seule la bataille contre le réchauffement climatique.

Subsidiarité

L’année dernière, la Commission a constitué un groupe de travail chargé de formuler des recommandations sur le principe de subsidiarité, d’identifier les domaines politiques dans lesquels l’UE pourrait rendre des compétences aux États membres, et de faire en sorte que les autorités régionales et locales soient moins exclues des processus de décision. D’ici le mois de novembre, la Commission devrait communiquer les résultats concrets de cette évaluation.

Certains États membres dont l’Autriche, actuellement à la présidence tournante de l’UE, font campagne pour une Europe plus décentralisée.

« Parfois, j’ai l’impression que certains interprètent ‘subsidiarité’, comme ‘manque de solidarité’. Mais la subsidiarité ne va pas sans solidarité ! » s’est exclamé Jean-Claude Juncker.

Par ailleurs, on ne peut nier que certains États membres n’ont pas les moyens de leurs ambitions et dépendent des financements européens, comme l’a rappelé le président de la Commission.

L’avenir de l’UE réside dans la cohésion

Dans les mois à venir, la Commission, le Parlement et le Conseil négocieront un nouveau budget à long terme pour l’UE. Et la politique de cohésion devrait trinquer, avec des réductions allant jusqu’à 10 %.

Jean-Claude Juncker s’est succinctement rallié aux représentants régionaux dans leur désapprobation de telles coupes budgétaires. Il a cependant fini par souligner qu’elles étaient nécessaires pour faire face aux nouvelles priorités de l’UE, comme la sécurité et l’immigration. Le Luxembourgeois souhaite conclure un accord sur le nouveau budget avant les élections européennes de mai 2019.

Néanmoins, il a insisté sur le fait que la cohésion restait elle aussi une priorité pour la Commission. Ce à quoi Karl-Heinz Lambertz, président du Comité européen des régions, s’est empressé d’ajouter : « la politique de cohésion n’est pas une politique du passé ! C’est une véritable politique de l’avenir. »

L’UE, a souligné Karl-Heinz Lambertz, « a encore un grand avenir devant elle ». « Nous ne devrions pas nous demander ce que l’Europe peut faire pour nous, mais ce que nous pouvons faire pour l’Europe », a affirmé le président du Comité des régions, paraphrasant au passage la célèbre citation de John F. Kennedy.

 

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