L’arrivée d’un nouveau parti bouscule la campagne européenne en Grèce

Stavros Theodorakis

Stavros Theodorakis [EURACTIV Greece]

Un nouveau parti pro-européen voit le jour en Grèce. Le parti Potami compte bien renverser le jeu politique grec avant les élections européennes. Un article d’EURACTIV Grèce.

Le journaliste-vedette grec Stavros Theodorakis a lancé un nouveau parti : Potami (« la rivière »). Ses membres n’ont jamais fait partie de groupes politiques grecs auparavant.

Selon les derniers sondages en Grèce, le parti de gauche Syriza remporterait la bataille électorale européenne. Le parti de centre-droit, la Nouvelle démocratie, arriverait en deuxième position, suivi de Potami, qui semble étonnamment être assuré de la troisième place.

Des représentants de Potami ont été chaleureusement accueillis la semaine dernière par le président du Parlement européen, Martin Schulz, et par les dirigeants socialistes, libéraux et écologistes.

Une orientation politique floue

Les autres partis politiques grecs critiquent le Potami, car ce dernier n’a pas encore déclaré à quelle famille politique européenne il comptait s’affilier.

Lors d’un entretien avec EURACTIV Grèce, Kostas Argyros, candidat au Parlement européen de Potami, a indiqué que son parti ne se cachait pas de son affiliation politique. Selon lui, Potami est le premier parti grec à déclarer son positionnement vis-à-vis de l’UE « alors que d’autres partis s’occupent de leur liste ».

La coalition gouvernementale en Grèce a décidé de changer les règles des prochaines élections européennes. Elle souhaite remplacer le système de vote par liste de parti par l’élection directe de candidats.

>> Lire : L’élection directe des eurodéputés fait débat en Grèce

« Aucun parti politique grec n’a exprimé d’avis sur l’Europe », a déclaré Kostas Argyros. Si Potami est considéré comme apolitique, il faudrait alors revoir la définition de point de vue politique, a-t-il souligné, espiègle.

Selon lui, la population ne prête plus attention aux « étiquettes politiques », étant donné qu’elle a dépassé le cadre traditionnel de la partition politique.

Pour une Europe fédérale

Selon Kostas Argyros, les membres du Potami sont d’ardents défenseurs d’une Europe fédérale. « Nous sommes conscients qu'[une Europe fédérale] ne sera pas mise sur pied aisément, surtout si la population ne comprend pas ce que cela implique », a-t-il déclaré en ajoutant que la population devrait cesser l’europhobie.

« Nous ne pouvons pas affirmer que l’Europe est l’une des régions les plus développées au monde et constater à la fois que de plus en plus de jeunes cherchent un emploi sur d’autres continents », a-t-il assuré. Selon lui, le Parlement européen a besoin d’être renforcé concrètement.

« Nous espérons un résultat qui remette en cause le système politique établi et ainsi montrer à nos partenaires européens que quelque chose est en train de naître à l’intérieur même de la Grèce en crise ».

Jo Leinen salue les nouvelles forces « progressistes »

Le partenaire traditionnel du groupe socialiste européen (S&D) est le Pasok. Il est actuellement dans la coalition gouvernementale avec le parti de centre-droit, Nouvelle démocratie. Mais, peu après le début de la crise, le parti socialiste grec a vu ses scores électoraux chuter de manière dramatique, certains estiment même qu’il ne pourrait pas obtenir de siège au prochain Parlement européen.

L’eurodéputé socialiste allemand Jo Leinen a expliqué à EURACTIV Grèce lors d’un déplacement à Athènes que le S&D ne peut pas se retrouver dépourvu de représentants d’un pays de l’importance de la Grèce.

Il a déclaré que les « forces progressistes » sont les bienvenues, en référence à la rencontre de Potami et Martin Schulz.

« J’accueille favorablement les relations et la coopération avec de nouvelles forces qui seront représentées dans le prochain Parlement européen et dans notre famille politique en vue de construire une Europe plus démocratique et sociale », a-t-il conclu.  

Alexis Tsipas, le chef du principal parti d'opposition, Syriza, et candidat à la présidence de la Commission européenne pour le Parti de la gauche européenne, a indiqué :

« Nous ne sommes pas les enfants de la démocratie télévisée et n'avons pas non plus reçu les faveurs des magnats de la confusion […]. Nous ne sommes pas des hybrides de ce système pourri. »

« Bonne chance à toute émission de télévision qui souhaite se transformer en parti politique », a déclaré avec ironie le vice-président du gouvernement et le dirigeant du Pasok, Evangelos Venizelos.

Les élections européennes seront organisées dans tous les États membres en mai 2014. Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, prévoit que le Parlement européen élira le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil qui tiendra compte des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du TUE). Cette disposition s'appliquera pour la première fois dans le cadre des élections de 2014.

Le Parlement européen et de nombreux spécialistes ont incité les partis à désigner leur tête de liste pour les campagnes électorales. Les élections européennes seront de facto une course à la présidence de la Commission. Les campagnes pourraient être plus politisées et le taux de participation des électeurs pourrait grimper.

D'autres responsables politiques estiment toutefois que désigner son propre candidat ne serait pas la solution idéale. Les attentes accrues pourraient facilement engendrer de la déception. M. Van Rompuy a d'ailleurs appelé à plusieurs reprises à la prudence : le Conseil européen pourrait choisir un autre candidat que la tête de liste du parti vainqueur.

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