L’Écosse devra choisir entre la livre britannique et l’UE

Edinburgh

Vue d'Édimbourg [Shutterstock]

Si l’Écosse devenait indépendante, elle ne pourrait pas garder la livre britannique comme monnaie, selon Westminster. Le référendum sur le maintien ou non de l’Écosse au sein du Royaume-Uni aura lieu dans moins de trois semaines.

Le référendum sur l’indépendance de l’Écosse avance à grands pas et fait trembler les murs de Westminster. Danny Alexander, un des secrétaires d’États aux finances du Royaume-Uni, et Écossais lui-même, compte tenir un discours le 9 septembre prochain pour appeler ses compatriotes à rejeter le projet d’indépendance. Selon certaines sources, il remettrait sérieusement en cause le plan des nationalistes écossais qui souhaitent garder la livre britannique comme monnaie nationale.

« L’Écosse, dans le cas où elle aurait gagné son indépendance, aura un choix simple à faire : soit elle continue à utiliser la livre, à l’image du Panama qui utilise le dollar, soit elle rejoint l’UE. Elle ne peut pas avoir les deux » selon Danny Alexander, qui est par ailleurs membre des Démocrates libéraux actuellement dans la coalition gouvernementale.

« Ceci montre cependant et encore une fois que les nationalistes n’arrivent pas à avoir une stratégie monétaire crédible et met en exergue le danger qu’une telle situation représente pour le peuple écossais », compte-t-il déclarer à la Royal Institute of International Affairs à Londres selon le document publié par son bureau à quelques jours du discours.

Les Écossais voteront le 18 septembre pour déterminer s’ils mettront un terme à plus de trois cents ans d’union avec l’Angleterre. La question de la monnaie utilisée au sein de l’éventuel nouvel État dominera certainement les débats à venir.

Le oui a le vent en poupe

Pendant des mois, les sondages montraient que les nationalistes écossais allaient au-devant d’une sévère défaite lors du référendum à venir. Or un dernier sondage réalisé par YouGov mardi 2 septembre montre que le vote contre l’indépendance perd du terrain : il n’y a plus que six points d’écart entre les proindépendantistes et ceux qui sont contre, alors que cet écart était encore de 22 points il y a un mois.

Les proindépendantistes se disent convaincus qu’en cas de victoire du oui au référendum, l’Angleterre n’aura pas d’autres solutions que de donner son accord à une union monétaire, puis d’autoriser le nouvel état à utiliser la livre britannique. Une éventualité qui a été pourtant rejetée par les trois principaux partis britanniques.

Le « camp du oui » envisage également la possibilité que l’Écosse utilise de façon informelle la livre si l’union monétaire était rejetée, une stratégie connue aussi sous le nom de « sterlingisation ».

L’autre option serait simplement de créer une monnaie écossaise.

Alex Salmond, à la tête du Parti national écossais, a déclaré qu’il souhaitait voir son pays intégrer l’UE.

Toutefois, Danny Aleksander a indiqué pour sa part qu’il avait reçu une lettre d’Olli Rehn, l’actuelle commissaire aux affaires économiques et monétaires, douchant les espoirs du premier ministre écossais.

« À la question de savoir si la  » sterlingisation  » était envisageable dans la perspective d’une adhésion à l’UE, la réponse est que ce serait simplement impossible, puisque cela signifierait que le pays candidat n’aurait pas sa propre autorité monétaire et donc pas les instruments nécessaires pour intégrer l’Union économique et monétaire » a-t-elle expliqué dans une lettre.

>> Lire : Barroso met en doute le futur européen de l’Ecosse

L'Écosse et le Royaume-Uni ont signé un accord le 15 octobre 2012 pour tenir un référendum sur l'indépendance écossaise en automne 2014.

L'Écosse est une nation au sein du Royaume-Uni depuis l'Acte d'Union de 1707. Le Parlement écossais actuel a été fondé en 1999 dans le cadre du processus de déconcentration du Royaume-Uni. Des assemblées régionales ont alors été créées en Écosse, au pays de Galles et en Irlande du Nord en vue d’accorder aux régions une plus grande autonomie.

Le Parlement est compétent et peut légiférer dans certains domaines politiques, tels que l'éducation et la santé.

Le Parti national écossais (SNP), à la tête du gouvernement décentralisé, fait campagne pour l'indépendance. Le SNP veut faire en sorte que l'Écosse se fasse entendre en Europe et ailleurs. Objectif : représenter convenablement ses intérêts sociaux, politiques et économiques.

Les ministres écossais regrettent qu’ils soient souvent mis à l’écart par Londres sur les questions qui les touchent directement.

  • 18 septembre 2014 : référendum sur l'indépendance de l'Écosse

Subscribe to our newsletters

Subscribe