L’Europe salue l’élection d’Obama au poste de président des Etats-Unis [FR]

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Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et d’autres dirigeants de l’UE ont félicité le sénateur Obama pour son élection, exprimant leur espoir d’un « engagement renouvelé » de l’Europe et des Etats-Unis en vue de répondre à la crise financière actuelle et aux défis de la politique étrangère.

Dans une déclaration faite aujourd’hui, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a félicité  Barack Obama pour son élection à la Maison Blanche.

Selon les estimations, le sénateur de l’Illinois a gagné la course à la présidence avec plus de 52 % des voix, alors que le Parti démocrate a obtenu de très bons scores au Sénat et à la Chambre des représentants. Le nouveau président disposera donc d’une majorité confortable pour faire passer des réformes. 

M. Barack Obama est le premier Afro-américain élu à la Maison Blanche. Il prêtera serment le 20 janvier 2009. 

« Il a fallu longtemps. Mais ce soir, grâce à ce que nous avons accompli aujourd’hui et pendant cette élection, en ce moment historique, le changement est arrivé en Amérique », a déclaré le nouveau président devant une foule de partisans rassemblée à Chicago. 

« La route qui nous attend est longue. Le chemin sera escarpé. Nous ne toucherons peut-être pas à notre but en un an, ou même en un mandat. Mais, Amérique, je n’ai jamais eu autant d’espoir que nous y arriverons », a ajouté M. Obama. 

Des enquêtes ont montré que le niveau de popularité de M. Obama est bien au-dessus de celui de son rival républicain John McCain. Pour des observateurs de haut niveau, le résultat était couru d’avance. 

En Europe, la cote de M. Obama a atteint des sommets extraordinaires car pour beaucoup, il représente un changement par rapport à la politique impopulaire conduite par le président Bush. Des enquêtes récentes ont montré que 69 % des Européens ont une opinion favorable à l’égard de M. Obama. Les meilleurs résultats ont été recensés en France (85 %), aux Pays-Bas (85 %) et en Allemagne (83 %), où plus de 200 000 personnes s’étaient réunies en juillet devant la porte de Brandebourg, lieu historique de Berlin, pour assister à un discours public de M. Obama (EURACTIV 25/07/08)  

Certains responsables politiques mécontents avait alors condamné la politique de l’administration Bush, en insistant sur la guerre en Irak et sur la guerre contre le terrorisme.

Le président Bush a gâché le potentiel des Etats-Unis en matière de contribution au progrès mondial en appliquant à des sujets tels que la sécurité une approche unilatérale créant des divergences, a indiqué Martin Schulz, dirigeant du groupe socialiste au Parlement européen. 

« J’espère qu’après les huit dernières années, il y aura un renouveau dans les relations transatlantiques », a déclaré Elmar Brok, eurodéputé allemand de centre droit, dans un entretien récent à EURACTIV. 

M. Brok a indiqué qu’il espérait que l’Europe et le nouveau président américain « fourniraient ensemble davantage de crédibilité à l’Occident », une crédibilité qui a été « partiellement détruite au cours des dernières années », sous l’administration Bush. 

Dans une déclaration, la présidence française de l’UE a affirmé que « plus que jamais, les Européens ont suivi avec passion la campagne électorale aux Etats-Unis […], surtout parce que l’Europe a besoin d’une Amérique pleinement engagée dans le dialogue et dans la coopération ». « L’Union européenne voit dans cette élection la promesse d’un partenariat transatlantique renforcé », a-t-elle ajouté. 

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a promis à M. Obama un « soutien personnel » en vue d’établir un « engagement renouvelé » face aux défis communs de l’Europe et des Etats-Unis. Il a notamment mentionné la récession engendrée par la crise financière, qui avait démarré avec la faillite du marché immobilier américain.

« Nous devons transformer la crise actuelle en opportunité. Nous avons besoin d'un new deal pour un nouveau monde. J'espère sincèrement que sous la direction du président Obama, les Etats-Unis joindront leurs forces à l'Europe pour mener à ce new deal », a-t-il affirmé.

Dans une lettre au nouveau président, dévoilée au public par l’Elysée, le président français Nicolas Sarkozy a loué la campagne « exceptionnelle » de M. Obama et la « vitalité de la démocratie américaine ». « En vous choisissant, c'est le choix du changement, de l'ouverture et de l'optimisme qu'a fait le peuple américain », a-t-il écrit.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a lui aussi salué la « campagne inspirée » de M. Obama ainsi que les « valeurs progressistes » qui ont stimulé la politique américaine. « Je connais Barack Obama et nous partageons de nombreuses valeurs », a-t-il déclaré, ajoutant que « nous sommes tous les deux déterminés à montrer que le gouvernement peut agir pour aider équitablement les gens à traverser ces temps difficiles pour l'économie mondiale ». 

La chancelière allemande Angela Merkel a indiqué qu’elle espérait une coopération renforcée entre les Etats-Unis et l’Europe sous M. Obama, ajoutant que son gouvernement est « conscient de l'importance et de la valeur » du partenariat transatlantique pour l’avenir des deux parties.

Fait révélateur, David Cameron, le leader de l’opposition conservatrice britannique, a qualifié M. Obama de premier dirigeant de la nouvelle génération, ajoutant qu’en ces temps difficiles, les citoyens du monde entier réclament un changement. 

Le groupe du PPE-DE (centre droit) au Parlement européen, le plus grand groupe politique à l’Assemblée, a déclaré qu’il espérait un « renouveau du partenariat euro-américain » quand M. Obama accédera à la présidence en janvier prochain. Le président du groupe, l’eurodéputé Joseph Daul, a salué une campagne marquée « par la dignité » et par « le respect de l'autre » tout en appelant l’Europe à ne « jamais oublier sa dette » envers les Etats-Unis. « Si nous vivons en peuples libres, si nous avons pu assurer la paix pendant 60 ans sur notre continent, c'est grâce au sacrifice de nombre d'Américains », a-t-il déclaré.

Le président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering a affirmé que l’élection américaine « prouve une nouvelle fois l'extraordinaire capacité de renouveau qui a été si souvent évidente lors de moments difficiles dans l'histoire américaine ». Il a dit attendre avec impatience un nouveau départ des relations transatlantiques sur des bases plus solides tout en espérant que les partenaires des deux côtés de l’Atlantique travaillent ensemble sur des questions internationales comme le changement climatique.

Martin Schulz, leader du groupe socialiste au Parlement européen, a appelé le nouveau président américain à mettre en place un programme de réforme qui renouvellerait les relations américaines avec l’UE. « Les tensions et les divergences, engendrées par la politique du régime Bush sur des questions mondiales aussi importantes que la stabilité internationale et la lutte contre les changements climatiques doivent être vouées à l’oubli ». Appelant le nouveau président à faire en sorte que l’Europe soit au sommet de son agenda, il a indiqué qu’il fallait travailler ensemble dès le départ afin de parvenir aux solutions dont le monde a besoin de toute urgence. 

Graham Watson, leader du groupe libéral au Parlement (ADLE) a applaudi « des deux mains la victoire bien méritée de Barack Obama ». Il a toutefois affiché une certaine circonspection à l’égard des attentes potentiellement exagérées placées sur M. Obama. « Candidat, Barack Obama s'est engagé à mettre un terme aux divisions entre Américains et entre l'Amérique et la communauté internationale : devenu Président, il lui reste à concrétiser cet engagement ».

Les Verts ont salué l’élection de M. Obama, qui marque à leur avis le début d’une nouvelle époque pour l’Amérique et pour le monde après l’ère des « cow-boys » américains représentés par l’administration Bush. Monica Frassoni, co-présidente du groupe, a indiqué que : « Le monde fait actuellement face à un avenir économique et environnemental incertain, défi impossible à relever pour un seul homme. Mais nous espérons que l'âge de la crainte et de l'alarmisme est désormais dernière nous et attendons avec grand intérêt une nouvelle vision en matière de sécurité, de défense, de changements climatiques et de plus grande égalité ».

Henry Louis Gates Jr., professeur d’histoire afro-américaine à Harvard, a estimé que cette élection égalait le jour de 1862 où le président Abraham Lincoln avait publié la proclamation d’émancipation et le jour où, 101 ans plus tard, le révérend Martin Luther King Jr. avait prononcé son discours « I have a dream ». Selon M. Gates, c’est la première fois qu’un tel événement intervient de notre vivant. 

Les élections américaines ont été suivies de près en Europe car les Etats-Unis, partenaires commerciaux principaux de l’UE, représentent en outre un allié naturel depuis longtemps. 

Mais la relation est devenue de plus en plus tendue sous l’administration Bush. En effet, durant huit années, des questions telles que la guerre en Irak ou la guerre contre le terrorisme ont divisés les Européens et les Américains. 

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