Les leaders de l’opposition biélorusse ont enjoint l’UE de ne pas reconnaître les résultats des élections parlementaires de six jours qui se sont clôturées dimanche 28 septembre. Le président Alexandre Loukachenko, considéré comme le dernier dictateur d’Europe, a en effet réclamé l’ensemble des 110 sièges du Parlement.
En s’efforçant de faire savoir que la Biélorussie est en train de changer, M. Loukachenko a permis à quelque 70 candidats de l’opposition sur un total de 263 à participer aux élections. Dans un discours provocateur avant le vote, il a déclaré qu’il ne contestait pas une représentation de l’opposition au Parlement, mais qu’il était contre une opposition financée entièrement par l’Occident.
Et si les médias occidentaux ont signalé que les affiches de l’opposition étaient apposées sur les murs de la capitale Minsk, les analystes ont toutefois averti qu’il ne fallait pas en tirer de conclusions optimistes prématurées.
Dans ce pays qui borde la Russie à l’est, l’Ukraine au nord et trois Etats membres de l’UE à l’Ouest (la Lettonie, la Lituanie et la Pologne), les élections ont été suivies de près par plus d’un millier d’observateurs internationaux pour tenter de parvenir à une éventuelle ouverture du pays au monde.
L’UE et les Etats-Unis avaient indiqué qu’ils étaient près à lever les sanctions et à améliorer les relations avec Minsk après la récente décision des autorités de libérer l’ancien candidat présidentiel de l’opposition Alexandre Kozulin.
En votant, M. Kozulin, qui avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement pour avoir contester la réélection de Loukachenko en 2006, a déclaré qu’il prenait part au vote pour montrer à la communauté internationale que les élections sont frauduleuses. Il a ajouté qu’il détenait de nombreuses preuves pour étayer ses affirmations.
Vintsuk Vyachorka, vice-président du Front populaire biélorusse, a estimé qu’étant donnée l’absence de représentants des forces de l’opposition dans les commissions électorales, il ne fallait pas s’attendre à un décompte des votes régulier. D’autres chefs de l’opposition ont signalé que le vote anticipé, qui a débuté mardi, donnait aux autorités l’occasion de tricher.
L’ONG française Reporters sans frontières a déploré le fait que les voix critiques à l’encontre de M. Loukachenko n’ont pu accéder aux médias durant la campagne.

