Alors que les souvenirs de la Révolution Orange s’estompent peu à peu, les Ukrainiens organisent des élections législatives ce 26 mars pour décider si le pays doit se tourner vers l’Europe ou la Russie.
Les candidats
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Le Parti des régions (PR)
Créé en 2001 et dirigé par l’ancien Premier ministre Viktor Ianoukovitch, la parti dispose d’une solide base d’électeurs potentiels dans l’Est et le Sud-Est du pays. A la suite des élections présidentielles de 2004, qui ont vu la défaite de Ianoukovitch, le parti a rassemblé la majeure partie des sympathisants du parti communiste dans l’Est de l’Ukraine. Le Parti des régions a fait campagne pour faire du russe une langue officielle de l’Etat et, plus généralement, cherche à tisser des liens plus étroits avec Moscou. Il s’oppose à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et ne soutient pas les réformes nécessaires pour que le pays fasse partie de l’OMC. S’il venait à être élu, M. Ianoukovitch promet une croissance du PIB à deux chiffres pour le pays et déclare promouvoir les entreprises et la création d’emplois. A son sommet, le parti rassemble aussi bien des hommes politiques en faveur d’un retour à un régime autoritaire et d’autres dirigeants ouverts à une intégration européenne et davantage favorables à une certaine stabilité et une prospérité economique. Actuellement, le Parti des régions est en tête des sondages d’opinion, espérant recueillir environ 30% des suffrages. Selon la presse locale, le candidat du parti pressenti au poste de Premier ministre est l’important homme d’affaires Rynat Akhmetov, homme le plus riche du pays. En Ukraine, les allégations au sujet de l’implication d’Akhmetov dans le crime organisé sont nombeuses, bien qu’il n’ait jamais été mis en examen ou inculpé pour ce motif. -
L’Union du peuple « Notre Ukraine » (NSNU)
Le NSNU, successeur de l’alliance électorale Bloc « Notre Ukraine », a été officiellement lancé en mars 2005. Le parti est dirigé par le président Viktor Iouchtchenko, et son candidat de tête de liste au poste de Premier ministre est l’ancien premier ministre Yuri Yekhanurov. Le NSNU défend une pateforme tournée vers l’Occident qui préconise la libre économie de marché et l’intégration européenne. La principale force électorale de base du parti se situe dans la partie occidentale de l’Ukraine. Le NSNU est confronté à un double défi : en plus du Parti des régions de l’ancien rival Ianoukovitch, « Notre Ukraine » derva également se mesurer à l’ancienne partenaire de révolution de Iouchtchenko, Yulia Tymoshenko. Un récent sondage révèle que le NSNU recueille 17,1% d’intentions de vote contre 16,9% pour le parti de Yulia Tymoshenko. Par conséquent, le NSNU pourrait se retrouver en troisième position en terme de représentation au Parlement.
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Bloc Yulia Tymoshenko(BYuT) Après le conflit l’opposant à son ancien partenaire de révolution Viktor Iouchtchenko, l’ancienne Premier ministre Yulia Tymoshenko est sortie de l’ombre de la Révolution orange et a fondé son propre parti. Globalement, la candidature de Tymoshenko nuit plus au NSNU qu’elle n’aide. Yulia Tymoshenko est une populiste charismatique qui a accusé à plusieurs reprises V. Iouchtchenko de coopérer avec les « oligarques » du pays et d’avoir une attitude permissive à l’égard de la corruption. Elle a également rejeté l’idée d’entrée dans une éventuelle grande coalition avec les deux autres principaux partis. A son tour, Yekhanurov du NSNU a accusé Y. Tymoshenko d’opportunisme et a déclaré: « je suis un économiste professionnel, et il ne m’est pas facile de travailler avec des personnes qui n’ont aucun principe ».
Economie
L’économie ukrainienne a du endurer un série de crises majeures ces dernières années. Après les troubles de la Révolution orange, la croissance économique est passé d’une croissance de 12,1% en 2004 à 2,6% en 2005. La chute de 30% des prix de l’acier et des métaux sur le marché mondial a joué un rôle majeur dans ce déclin car ces deux produits représentent les principales exportations de l’Ukraine. La « guerre du gaz » que Kiev et Moscou se sont livrées quant aux prix, et sa mulitplication par deux, et à l’approvisionnement, constitue une crise supplémentaire. A travers ces phénomènes et d’autres, Moscou a montré qu’elle irait loin pour garder l’Ukraine dans son giron. Par ailleurs, le volume des investissements étrangers est en augmentation (6,6 milliards d’euros en 2005) grâce principalement à un accord important de privatisation entre Mittal Steel et une énorme usine d’acier locale.
Corruption
L’un des principaux arguments contre la Révolution orange est qu’elle a contribué à l’essor, plutôt qu’à l’élimination, de la corruption active des hommes d’affaires avec les personnes au pouvoir.
