Yves Leterme, Premier ministre belge désigné, autorisé à former le nouveau gouvernement après les élections du 10 juin, a présenté sa démission soulevant ainsi des doutes sur le futur du petit pays, foyer des institutions européennes.
Le 23 août, Yves Leterme, leader du parti Chrétien-démocrate flamand (CD&V) a mis fin à son mandat pour former un gouvernement de coalition après six semaines de négociation qui n’ont abouti à aucun un accord concret entre les principaux vainqueurs des élections du 10 juin (EURACTIV 11/06/07).
Le principal point d’accrochage lors des négociations regroupant les quatre partis et impliquant les Chrétiens-démocrates et les libéraux de Flandres et de Wallonie, fut l’appel de Leterme à accroître les pouvoirs des régions dans des domaines comme l’emploi, la sécurité sociale, la justice et les transports; un changement qui, pour les partis francophones, viderait considérablement l’état fédéral de sa substance.
La Belgique est un état fédéral est divisé en trois régions, avec au nord la Flandres très forte économiquement et au sud, la Wallonie francophone, entraînée dans de profondes restructurations industrielles. Au milieu, Bruxelles, capitale des trois régions et officiellement bilingue mais de fait, principalement francophone même si elle est sitiuée en Flandres.
Depuis des années, la riche Flandres convoite de plus en plus l’autonomie mais la Wallonie y est rigoureusement opposée. De fortes divisions apparaissent néanmoins régulièrement, à mesure que la population francophone commence à ressentir une certaine rancoeur envers l’attitude de Leterme, souvent perçu comme méprisant.
On s’attend maintenant à ce que le Roi Albert II désigne un médiateur, cette fois très probablement un francophone, pour interroger les leaders politiques sur le gouvernement qui devrait être formé au regard des résultats des élections du 10 juin.

