152 jours sans gouvernement : la crise politique et constitutionnelle en Belgique prend des proportions jamais atteintes, alors que la question de la scission de l’arrondissement électoral Bruxelles-Hal-Vilvorde divise les deux communautés linguistiques du pays.
Sans gouvernement depuis les élections du 10 juin, la Belgique plonge plus profondément dans la crise politique. Le 7 novembre, les membres flamands du Parlement ont voté un projet de loi, qui, d’après les critiques, isolera quelque 120 000 francophones en les empêchant de voter pour des partis francophones en périphérie flamande de Bruxelles.
En signe de protestation, les délégués francophones ont quitté les négociations de coalition, menées par Yves Leterme, chrétien démocrate flamand qui a remporté les élections en juin. D’après Didier Reynders, président du parti libéral francophone Mouvement Réformateur (MR), le pacte belge – appelant au respect des différentes communautés et minorités dans cet Etat fédéral composé de trois régions – est rompu.
Le 8 novembre, indifférent à ce qui ressemble à une seconde défaite pour le Premier ministre désigné Yves Leterme, (EURACTIV 24/08/2007), le roi des Belges Albert II a demandé au leader du parti Chrétien-démocrate flamand de poursuivre son mandat et de s’efforcer de former un gouvernement de coalition, sur la base de la coalition orange-bleue (parti chrétien-démocrate et parti libéral).
Le roi Albert II, symbole de l’unité entre les deux communautés, envisage également la possibilité de constituer un « comité des sages » pour rétablir le dialogue entre les deux communautés linguistiques.
La demande du parti d’Yves Leterme pour plus d’autonomie constitue la principale pierre d’achoppement dans les négociations impliquant les chrétiens-démocrates et les libéraux de Flandre et de Wallonie. Il souhaite en effet accorder davantage de pouvoirs aux régions dans certains domaines comme la justice, le transport, l’emploi et la sécurité sociale, une réforme qui, selon les partis francophones, viderait en grande partie l’Etat fédéral de sa substance.

