La Belgique veut surmonter ses crises avant son « moment » européen [FR]

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Tirant certainement les leçons de l’expérience de la République tchèque, le premier ministre belge Herman Van Rompuy a déclaré qu’il allait s’efforcer de résoudre les tensions internes du pays avant mi-2010. Il s’agit pour lui d’éviter de potentiels problèmes lors de la présidence de son pays à la tête de l’UE pendant la seconde moitié de l’année 2010.

S’exprimant sur la radio nationale samedi (25 juillet), M. Van Rompuy a déclaré qu’il était optimiste à propos de la réforme constitutionnelle en cours en Belgique.

La réforme sera terminée d’ici mars ou juin 2010 au plus tard, a-t-il expliqué, juste avant que la Belgique ne prenne la tête de la présidence tournante de l’UE pour six mois.

Pendant la présidence de l’UE, nous ne pouvons pas prendre le risque d’une crise politique, a souligné M. Van Rompuy.

Le Flamand chrétien démocrate, qui a succédé à Yves Leterme en tant que premier ministre en décembre de l’année dernière, a affirmé qu’il s’attendait à ce que son mandat se termine en 2011, ajoutant qu’il espérait pouvoir travailler main dans la main avec M. Leterme, qui a récemment été nommé ministre des Affaires étrangères.

Mon devoir, ma mission, telle que je l’envisage, se termine en 2011, a déclaré M. Van Rompuy.

M. Leterme s’est emparé du poste lorsque Karel de Gucht a quitté le ministère des Affaires étrangères pour prendre la place de Louis Michel en tant que commissaire européen au Développement, après que ce dernier ait été élu au Parlement européen (EURACTIV 08/07/09).

Relance des négociations sur la réforme de l’Etat

Depuis qu’il occupe le poste de premier ministre, de faibles progrès ont été enregistrés sur le front des difficiles négociations entre la Flandre et la Wallonie, les deux principales entités régionales du pays, qui se sont opposées sur les questions linguistiques.

En Flandre, la partie néerlandophone du pays – dont la classe politique pousse pour plus d’autonomie – le ton est plus modéré qu’en 2007, selon M. Van Rompuy.

Le premier ministre faisait référence aux élections fédérales de 2007, qui a vu les chrétiens démocrates flamands (CD&V) et le parti nationaliste N-VA (Nouvelle alliance flamande) devenir les partis les plus représentés du pays. Ces deux partis ont fait campagne pour une réforme en profondeur de l’Etat belge, mais cela a conduit à de l’instabilité, qui a durée jusqu’à ce que M. Van Rompuy prenne les commandes en décembre 2008.

Du côté wallon, M. Van Rompuy a déclaré qu’il voyait une volonté politique plus positive pour réformer l’Etat de manière étendue, ce que la plupart des observateurs politiques considèrent comme quelque chose de finalement nécessaire à réaliser.

Je pense que nous pouvons progresser, et progresser de manière importante, dans la réforme de l’Etat sous cette législature. Cela arrivera de toute façon en procédant par étape, a affirmé le premier ministre.

La Turquie clôt une dispute diplomatique

D’autre part, une querelle diplomatique entre la Belgique et la Turquie semble s’être éteinte après qu’Ankara ait rappelé son ambassadeur.

Fual Tanlay, ambassadeur turc en Belgique, a récemment déclaré que les Belges devrait expérimenter une attaque terroriste afin de mieux comprendre la menace terroriste.

Par la volonté de Dieu, cela leur arrivera un jour. Alors, ils comprendront ce que le terrorisme signifie, a déclaré M. Tanlay au quotidien turc Hürriyet. L’ambassadeur réagissait à une décision de la cour d’appel belge concernant le groupe d’extrême gauche DHKP-C, qu’il estimait insatisfaisante.

Selon des informations de presse citées par EURACTIV.Turquie, le ministre des Affaires étrangères du pays, Ahmet Davutoglu a d’ores et déjà rappelé M. Tanlay, qui a perdu son rang d’ambassadeur et qui servira désormais en tant que conseiller au ministère des Affaires étrangères. Murat Ersavci, jusqu’ici l’envoyé turc en Australie, devrait le remplacer, selon des rapports de presse. 

Les institutions politiques belges sont complexes, et la plupart d’entre elles s’organisent autour du besoin de représenter les principales communautés culturelles. A la suite des révisions consécutives de la Constitution (en 1970, 1980, 1988 et 1993), un Etat fédéral unique a été créé avec un pouvoir séparé en trois niveaux : le gouvernement fédéral, les trois communautés linguistiques (néerlandophone, francophone et germanophone) et les trois régions (flamande, wallonne et Bruxelles Capitale). 

En 2007-2008, des tensions entre les communautés ont débouché sur une crise politique d’une telle ampleur que beaucoup d’observateurs ont spéculé sur la possible partition de la Belgique. Pour désamorcer la crise, un nouvel effort pour réformer la constitution et rééquilibrer le pouvoir est en cours. En 2008, une autre crise liée à la banque Fortis a accéléré la chute du gouvernement d’Yves Leterme.

Le Conseil de l’Europe surveille actuellement la situation à la suite de l’impossibilité pour le ministre de l’Intérieur flamand de nommer trois maires dans des municipalités se trouvant en région flamande. Jusqu’à maintenant, le Conseil de l’Europe a adopté la position suivante : la controverse est une affaire politique qui s’inscrit dans le contexte de la querelle linguistique actuelle en Belgique.

Les autorités flamandes, pour leur part, ont toujours insisté pour dire que la controverse était de nature juridique. Les derniers développements de l’affaire ont vu le Conseil encourager les maires à porter leur affaire en justice (EURACTIV 10/04/09

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