En France, la déroute des partis traditionnels se confirme

Tenant de la droite Trocadero, François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains, a raté son pari. EPA-EFE/STEPHANE DE SAKUTIN /

Si elle ont résisté au niveau européen, les forces politiques traditionnelles à droite comme à gauche se sont effondrées en France lors des élections européennes.

Les deux principaux partis du Parlement européen se déplument, mais demeurent les deux mastodontes de ce mandat. Le PPE aura 179  élus, et les sociaux-démocrates 150, restant ainsi loin devant la troisième force politique, les libéraux de l’ALDE qui totalisent 107 sièges.

Mais en France, le bilan des deux principales familles politiques est beaucoup plus maigre. En effet, la droite n’aura que 7 eurodéputés et les socialistes 5, puis 6 après le Brexit.

Le délitement de la gauche était entamé de longue date. L’éclatement du parti lors de l’élection présidentielle de 2017 avait ouvert entériné une vraie crise. Et en l’absence de candidats ou de programme qui puisse réunir, le PS a tenté de sauver les meubles en s’alliant avec le mouvement Place publique, issu de la société civile.

La droite « Trocadéro » en plein échec

La droite des Républicains n’a pas connu un tel éclatement entre plusieurs divisions, mais une partie de son électorat traditionnel  s’est rallié à Macron ou à Marine Le Pen, laissant un petit noyau très conservateur de 8 % des électeurs.  Ce qui s’appelle en Français la droite « Trocadéro » : celle qui était allée soutenir François Fillon envers et contre tout,  malgré plusieurs affaires de corruption, malgré le ralliement des réseaux Sens commun et la Manif pour tous, malgré une pluie diluvienne, le 5 mars 2017 place du Trocadéro.

Le Premier ministre Édouard Philippe, issu de la droite juppéiste, a dénoncé durant la campagne cette droite radicale et intolérante, dont semble de fait se réclamer la tête de liste François-Xavier Bellamy et surtout le président des Républicains, Laurent Wauquiez, qui n’hésitent pas à tenir des positions radicales contre les migrants ou sur les mœurs, Bellamy se disant « personnellement » opposé à l’avortement.

Le soutien de François Fillon, sur Facebook, à François-Xavier Bellamy, réitéré samedi 25 mai en pleine trêve électorale, a sans doute été contre-productif pour l’électorat lassé des turpitudes de ses propres membres.

Dispartition des communistes, épanouissement des Verts

À gauche, le parti communiste est officiellement rayé de la carte : il n’aura aucun élu au Parlement européen pour la première fois depuis que la chambre européenne existe.

L’électorat vert a de son côté opéré une vraie percée, représentant 5 millions de votants au total si l’on ajouter les votes du Parti animaliste (2 %), du parti Urgence Écologie (1,8 %) et du parti EEL (13,4 %). Autrefois contenu à quelques radicaux, le choix de l’écologie s’est confirmé surtout auprès des jeunes et des cadres, mais a aussi percé au sein d’un électorat plus âgé.

LREM veut mettre la barre à droite pour les européennes

La ministre des Affaires européennes croise déjà le fer régulièrement contre le Rassemblement national . Un entraînement qui pourrait s’avérer utile dans la bataille électorale.

Résilience des macronistes

Enfin les déçus du macronisme, dont les commentateurs ont beaucoup parlé durant la campagne, sont restés discrets : le parti du jeune président montre au contraire sa résilience avec près de 23 % des suffrages pour le 3e scrutin auquel il se présente. Il confirme un socle très proche de celui du Rassemblement national, dont l’électorat s’est sans doute plus mobilisé.

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