La droite française dispersée face à l’état de droit en Hongrie

Nadine Morano est une des trois eurodéputés PPE français a avoir voté contre l'activation de l'article 7.

La délégation française du PPE au Parlement européen a voté pour, contre et s’est abstenue face à la résolution demandant l’activation de l’article 7 contre la Hongrie.

« Ce n’est pas facile de compter, personne ne vote comme le reste de son groupe » s’est lamenté le président du Parlement européen, Antonio Tajani, lors de la session de vote concernant le rapport d’initiative de Sargentini sur la Hongrie le 12 septembre.

Si les différents amendements du rapport ont fortement divisé, la proposition principale, qui consistait à proposer l’activation de l’article 7 pour suspendre le droit de vote de la Hongrie a remporté une forte majorité, soit 448 voix pour, et 197 voix contre.

La proposition a toutefois écartelé la délégation PPE française.
La consigne de vote de la délégation, qui était de voter contre l’activation de l’article 7, a été très peu suivie. Sur les 20 élus que compte la délégation, seulement trois d’entre eux ont suivi la consigne et voté contre l’activation de l’article 7 : Frank Proust, le chef de la délégation, ainsi que les eurodéputées Nadine Morano et Angélique Delahaye. Une position peu partagée chez les eurodéputés français : seule l’extrême-droite a massivement voté contre l’activation de l’article 7, les autres formations politiques votant pour.

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Le débat incendiaire qui s’est déroulé autour de la Hongrie illustre les divisions profondes du Parti populaire européen, dont est membre le Fidesz, le parti de Viktor Orbán.

Six eurodéputés PPE se sont par ailleurs abstenus, un choix qui n’a pas pesé dans la balance puisque la résolution pouvait passer avec les deux tiers des suffrages exprimés de l’hémicycle. Il s’agit de Michèle Alliot-Marie, Arnaud Danjean, Rachida Dati, Geoffroy Didier, Brice Hortefeux, Philippe Juvin.

Le choix iconoclaste de la droite française serait motivé par le souci de ne pas affaiblir le PPE à l’approche des élections européennes, ce qui aurait pour effet mathématique de favoriser les chances des centristes rassemblés autour d’Emmanuel Macron. En effet,une des conséquences du vote pourrait être l’exclusion du parti Fidesz du PPE. La délégation française avait défendu la carte de la négociation lors de la réunion de groupe du PPE, aux côtés de la droite italienne qui soutenait clairement Viktor Orban.

En revanche 9 eurodéputés PPE ont voté pour le déclenchement de l’article 7 : Alain Cadec, Michel Dantin, Françoise Grossetête, Marc Joulaud, Alain Lamassoure, Élisabeth Morin-Chartier, Jérôme Lavrilleux, Tokia Saïfi et Anne Sander ont voté pour le déclenchement de l’article 7. Deux membres de la délégation n’ont pas voté : Renaud Muselier et Maurice Ponga.

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