La droite modérée se rallie à Macron pour les élections européennes

L'ancien Premier ministre a assuré soutenir le projet présidentiel pour un renouveau européen. EPA/DAMIR SAGOLJ / POOL

Après l’annonce du ralliement du parti Agir à LREM pour les élections, c’est au tour de Jean-Pierre Raffarin, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, d’annoncer publiquement son soutien au mouvement d’Emmanuel Macron.

La droite modérée serait-elle en train de devenir macroniste ? Dans la foulée de la publication de la tribune du président de la République, la majorité a vu les ralliements se multiplier à sa droite.

Premier à avoir franchi le pas, le ministre de la Culture, Franck Riester, a annoncé  que son mouvement Agir rejoindrait la liste de La République en marche (LREM) aux élections européennes.

« Nous avons pris la décision (…) de nous rassembler nous les pro-européens pour avoir le maximum de députés au Parlement européen pour accompagner ce mouvement de refondation que souhaite le président de la République », a-t-il déclaré sur France Culture le 5 mars.

La droite pro-européenne fait officiellement sécession avec Agir

Face à la dérive populiste et identitaire de la droite française, une poignée d’élus de droite lance le mouvement Agir. La participation du nouveau parti aux élections européennes  face à En Marche reste un point d’interrogation.

 

 

« Nous sommes le parti de la droite pro-européenne » alors que « les Républicains sont sur une dérive plus eurosceptique, plus identitaire », a précisé le président d’Agir. L’annonce de Franck Riester n’est qu’une demi-surprise, puisque le mouvement regroupe déjà les élus LR ayant choisi de rallier la majorité parlementaire, ainsi que certains eurodéputés du centre-droit en désaccord avec la ligne politique de Laurent Wauquiez.

Lors du lancement officiel du mouvement politique en septembre, Franck Riester avait d’ailleurs d’emblée évoqué la possibilité de faire liste commune avec LREM. L’annonce officielle du ralliement d’Agir a été faite le jour même de la publication de la tribune d’Emmanuel Macron, mais aussi alors que la droite européenne fait face à des divisions profondes sur l’appartenance du parti de Viktor Orban à la famille du PPE (Parti populaire européen).

Le sort du dirigeant hongrois et de son parti, le Fidesz, devrait être tranché le 20 mars prochain, et risque de faire éclater l’unité de la plus grande famille politique européenne, où les dissensions entre pro-européens et les eurosceptiques se font de plus en plus fortes. Si les agissements d‘Orban contre les libertés publiques et les migrants en Hongrie ont jusqu’ici rencontré une tolérance de la part de l’ensemble du clan PPE, ses attaques frontales contre le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ne passent plus. Et plusieurs partis nationaux ont réclamé son expulsion.

C’est d’ailleurs l’absence de prise de position contre le chef d’État hongrois de la part des Républicains qui a été mise en avant par Franck Riester lors de son annonce, estimant qu’il était «  hallucinant » que les Républicains ne fassent pas partie « de ces partis qui ont demandé une clarification du PPE concernant M. Orban. […].C’est triste et révélateur de l’évolution des Républicains en France vers une droite extrême », a-t-il poursuivi.

Françoix-Xavier Bellamy, une tête de liste décalée pour LR

Le professeur de philosophie versaillais ne croit pas à la démocratie européenne mais veut faire avancer l’idée européenne en travaillant sur la culture et l’éducation. Il estime que les racines de l’Europe sont chrétiennes, mais pas seulement.

Sous la houlette de Laurent Wauquiez, Les Républicains ont choisi une tête-de-liste au profil conservateur, François-Xavier Bellamy, qui s’est déclaré en faveur du maintien d’Orban au sein de la famille politique du PPE, même si la cohabitation est extrêmement difficile.

Dans le sillage d’Agir, l’ancien premier ministre de Jacques Chirac, le très pro-européen Jean-Pierre Raffarin, a lui aussi annoncé soutenir le projet européen d’Emmanuel Macron.

Poussé à la clarification par le président de LR Laurent Wauquiez,  Jean-Pierre Raffarin est sorti du bois le 5 mars dans la foulée de la publication de la tribune d’Emmanuel Macron.  « Je ne dispose que du texte écrit par le président. Mais il s’agit du projet européen le plus abouti. J’adhère au constat, à la vision et au projet. C’est donc le projet du président que je soutiendrai sans aucune hésitation », a-t-il fait savoir dans une interview au Figaro.

Dans les derniers sondages, la liste des Républicains est créditée de  12 % et 14 % de voix, soit environ 15 sièges dans l’hémicycle européen. Emmenée par le trio François-Xavier Bellamy, Agnès Evren et l’eurodéputé sortant Arnaud Danjean, la liste LR doit être complété le 6 mars par 27 nouveau noms. La liste finale devra compter 79 candidats.

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