La fille de Berlusconi pourrait prendre la tête du parti de son père

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La Cour de cassation italienne a interdit Silvio Berlusconi de se présenter aux élections pendant six ans. La course au poste de chef de son parti est donc ouverte, même s’il est fort probable que sa fille le remplace.

Selon des observateurs italiens, Marina Berlusconi remplacera son père à la tête du parti du Peuple de la liberté (PDL) et reprendra le nom original, Forza Italia. Le PDL est affilié au Parti populaire européen de centre droit au Parlement européen.

Si les spéculations se confirment, la comparaison avec un autre duo politique sera inévitable : la famille Le Pen en France. Marine Le Pen a succédé à son père Jean-Marie à la tête du Front National (FN), un parti d'extrême droite, en 2011.

Selon le magazine Forbes, Marina Berlusconi était la 33e femme la plus puissante du monde en 2007. Elle joue un rôle important dans l'entreprise familiale. En 1996, elle a rejoint Fininvest, la société de participation de la famille Berlusconi et en est devenue la présidente en 2005.

Ainée de cinq enfants, Marina fêtera ses 47 ans le 10 août. Depuis 2003, elle est présidente de la maison éditoriale Mondadori. Et jusqu'en 2012, elle était directrice de la banque d'investissement Mediobanca.

Elle est appréciée des femmes du parti, comme Laura Ravetto, qui a déclaré : « Marina est l'héritière de Silvio Berlusconi. »

Successeur le plus probable jusqu'il y a peu, Angelino Alfano soutient également la fille du magnat des médias. Il a déclaré lors du programme télévisé « Porta a Porta » : « Berlusconi est un nom, une marque, une garantie. »

L'ensemble du parti n'est toutefois pas favorable à ce passage de flambeau. Renato Brunetta, chef de file du PDL à la Chambre, a confié au quotidien Il Corriere della Sera : « Je n'aime pas les dynasties, qu’elles soient monarchiques ou républicaines ».

Lobbying pour garder Silvio Berlusconi

M. Brunetta et d'autres députés du PDL ne veulent pas que Silvio Berlusconi cède son poste de président du parti. Ils incitent le président italien, Giorgio Napolitano, à gracier le milliardaire.

Marina Berlusconi semble de leur côté. Elle aurait déclaré que le leadership politique ne peut pas être transmis par succession ou être issu d'une dynastie, selon le Financial Times du 5 août. « Un abîme sépare le suivi de l'évolution politique et l'engagement direct. Un pas que je n'ai jamais pensé franchir. »

D’après le magazine Foreign Policy, Marina Berlusconi pourrait être la concurrente directe de Matteo Renzi, le plus jeune candidat progressiste du Parti démocrate (PD), lors des prochaines élections. Le PD est le principal rival du PDL. La fille de Berlusconi pourrait compter sur le soutien de puissants intérêts économiques et des partisans de longue date de son père.

Sans un membre de la famille Berlusconi à la tête du parti, les chances du PDL sont incertaines, a expliqué au Financial Times Giovanni Orsina, historien et professeur à l'université Luiss Guido Carli à Rome.

Silvio Berlusconi (76 ans) a réagi avec colère le 2 août, lorsque la Cour de cassation a rejeté son appel dans une affaire de fraude fiscale. « Personne ne peut comprendre la violence qui est dirigée contre moi », a-t-il déclaré dans un message vidéo diffusé par la télévision après l'annonce du jugement de la cour. « Il s'agit d'une véritable campagne d'agression sans équivalent ».

Silvio Berlusconi a réussi à passer du monde des affaires à la scène politique. Quelques mois avant les élections de 1994, il fonde le parti Forza Italia et remporte le scrutin. Son gouvernement tombe toutefois rapidement lorsqu'un allié retire son soutien.

Lors des élections suivantes, il perd face à Romano Prodi, candidat de centre gauche. Mais ce n'en est pas fini pour lui. Il revient au pouvoir en 2001 et en 2008, après avoir perdu une nouvelle fois contre M. Prodi en 2006.

Ses mandats politiques ont toujours été teintés de problèmes fiscaux et juridiques. En 2011, le Cavaliere est impliqué dans un scandale de prostitution de mineure, le « Rubygate ». Une économie chancelante et les craintes d'une crise de la zone euro le poussent à démissionner en novembre 2011. Un gouvernement de technocrates emmené par Mario Monti prend la relève.

Silvio Berlusconi ne s'est pas présenté lors des élections de 2013, mais a résolu une impasse dans la formation d'un gouvernement en soutenant la coalition de son rival politique Enrico Letta.

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